Antonio Federighi, « Sette età dell’Uomo »

Antonio Federighi (Sienne, 1420 – 1483)

Sette età dell’Uomo (Les sept âges de l’homme), 1475-76. [1]Marqueterie entièrement reconstruite en 1871.

  • dans les six octogones (fig. 2-7), en commençant par celui situé en bas à gauche :
    • Petite enfance (Inscription : « INF/<ANTIA> ») [2]Infantia : petite enfance.
    • Enfance (Inscription : « PVE/RITIA> ») [3]Pueritia : enfance.
    • Adolescence (Inscription : « ADOLESCE/NTIA> ») [4]Adolescentia : adolescence.
    • Jeunesse (Inscription : « IVV/ENTVS> ») [5]Juventus : jeunesse.
    • Force de l’âge (Inscription : « VIRI/LITAS ») [6]Virilitas : âge mûr,
    • Vieillesse (Inscription : « SENEC/TVS ») [7]Senectus : vieillesse.
  • dans le carré sur la pointe, au centre :
    • Décrépitude (Inscription : « DE/CREPITAS » [8]Decrepitas : décrépitude. L’original de la figure de la Décrépitude est dissimulé sous une protection carrée de couleur grise, au centre de la Galerie des Statues.

Inscriptions :

  • (sur la droite) : « HOC … [OPUS ?] TEMPORE EQ. RUBINI OPERARII RESTITUTUM EST. AD MDCCCLXXI » [9]« Cette [œuvre] fut reconstruite à l’époque du chevalier Rubini, maître d’œuvre, l’an de grâce 1871. »

Marqueterie de marbres.

Provenance : Cathédrale de Santa Maria Assunta, Sienne.

Sienne, Cathédrale de Santa Maria Assunta. [10]Les originaux sont conservés Museo dell’Opera della Metropolitana, au sol de la Galerie des Statues.

La marqueterie des Sept âges de l’homme, telle qu’on peut la voir aujourd’hui, est le résultat d’une reconstruction exécutée par Leopoldo Maccari et Giuseppe Radicchi [11]Giuseppe Radicchi () : sculpteur. sur un dessin d’Alessandro Franchi d’après les originaux sculptés par Antonio Federighi en 1475-1476. Elle a été installée en 1871, sous le rectorat de Ferdinando Rubini, ainsi qu’en témoigne l’inscription lisible sur le côté droit : « HOC … [OPUS ?] TEMPORE EQ. RUBINI OPERARII RESTITUTUM EST. AD MDCCCLXXI » [12]Voir note 9.. Les figures du XIXe siècle sont recomposées dans le sens inverse de celles d’origine, après avoir pivoté l’ensemble de 180°. En effet, les originaux réalisées par Antonio Federighi étaient positionnés de manière à être vus par les fidèles qui parvenaient dans l’église en y entrant par la Porta del Perdono, alors située à l’emplacement de l’actuelle chapelle du Vœu, dans le transept droit de la Cathédrale. [13]M. Butzek (dir.), Il Duomo di Siena al tempo di Alessandro VII. Carteggio e disegni (1658-1667), Munich, Bruckmann, 1996, p. 36.

Face à l’entrée de la chapelle du Vœu, nous sommes invités à contempler une sorte de Memento Mori [14]Memento Mori : « Souviens-toi que tu vas mourir. » Il s’agit d’une formule héritée de l’Antiquité romaine : lors des triomphes, il était d’usage de rappeler aux généraux vainqueurs qu’ils étaient mortels. Dans le contexte de la religion catholique, la formule exprime la vanité de la vie terrestre et peut prendre des formes visuelles très variées. représenté sous la forme des Sept âges de l’Homme, en l’espèce : la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, la jeunesse, la force de l’âge et la vieillesse et, dans le carré central : la décrépitude. Chaque état est représenté par un personnage masculin en pied accompagné d’un motif floral. La figure de la Décrépitude fait exception à cette règle : armée de béquilles et privée de ce motif floral, elle s’achemine vers une tombe ouverte.

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Au-delà des figurations, traitées avec une élégance et un naturel extrêmes, les incrustations de marbre se distinguent également par la représentation des attributs liés, ici, aux différentes époques de la vie : il en va ainsi des fleurs non écloses de la Pueritia ou de celles, épanouies, de l’Adolescentia, du faucon aux ailes déployées qui caractérise la Juventus, ou encore du sépulcre d’ascendance classique, attribut de la Decrepitas. [15]Marilena Caciorgnia, « Lo ‘spazzo’ di fronte alla cappella del Voto. Il pavimento del Duomo di Siena da Antonio Federighi a Carlo Amidei e ad Alessandro Franchi: le Sette età dell’uomo, la Religione e le Virtù teologali », dans Bollettino Senese di Storia Patria, 121, 2014, pp. 131-145.

7. Giovanni Paciarelli, « Pavimento del Duomo di Siena », 1884. Détail faisant apparaître, sur la gauche, le motif du candélabre.

Lors des travaux de démontage puis de reconstruction de la marqueterie, les fragments originaux des frises et des bordures ont été déplacés à l’extérieur de la nef, dans la cour nord de la cathédrale qui sépare celle-ci de l’actuel Palazzo dell’Arcivesvo.

8. Antonio Federighi, « Decori » (encadrements ornementés). Extérieur, flanc gauche de la Cathédrale.
9. Antonio Federighi, « Decori » (encadrements ornementés). Extérieur, flanc gauche de la Cathédrale.

Notes

Notes
1 Marqueterie entièrement reconstruite en 1871.
2 Infantia : petite enfance.
3 Pueritia : enfance.
4 Adolescentia : adolescence.
5 Juventus : jeunesse.
6 Virilitas : âge mûr,
7 Senectus : vieillesse.
8 Decrepitas : décrépitude. L’original de la figure de la Décrépitude est dissimulé sous une protection carrée de couleur grise, au centre de la Galerie des Statues.
9 « Cette [œuvre] fut reconstruite à l’époque du chevalier Rubini, maître d’œuvre, l’an de grâce 1871. »
10 Les originaux sont conservés Museo dell’Opera della Metropolitana, au sol de la Galerie des Statues.
11 Giuseppe Radicchi () : sculpteur.
12 Voir note 9.
13 M. Butzek (dir.), Il Duomo di Siena al tempo di Alessandro VII. Carteggio e disegni (1658-1667), Munich, Bruckmann, 1996, p. 36.
14 Memento Mori : « Souviens-toi que tu vas mourir. » Il s’agit d’une formule héritée de l’Antiquité romaine : lors des triomphes, il était d’usage de rappeler aux généraux vainqueurs qu’ils étaient mortels. Dans le contexte de la religion catholique, la formule exprime la vanité de la vie terrestre et peut prendre des formes visuelles très variées.
15 Marilena Caciorgnia, « Lo ‘spazzo’ di fronte alla cappella del Voto. Il pavimento del Duomo di Siena da Antonio Federighi a Carlo Amidei e ad Alessandro Franchi: le Sette età dell’uomo, la Religione e le Virtù teologali », dans Bollettino Senese di Storia Patria, 121, 2014, pp. 131-145.
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