Gano di Fazio, « Monumento funebre di Tommaso Andrei »

Gano di Fazio (Sienne, actif entre 1290 et 1317/18)

Monumento funebre di Tommaso Andrei (Monument funèbre de Tommaso Andrei), v. 1303-1305.

Inscriptions :

  • (sur le rebord du sarcophage) : « :+: CELAVIT GANUS OPUS HOC INSIGNE SENENSIS : / LAUDIBVS IMMENSIS EST SUA DIGNA MANUS : » [1]Le siennois Gano a sculpté cette œuvre insigne : sa main est digne de grandes louanges.
  • (sur la pierre murée sous le tombeau) : « + PISTORII FLAMEN CLERI POPULI[QUE] SOLAMEN / GLORIA MAIORUM PATRIE DECUS AT QUE] SUORUM / CULMEN HONESTATIS THOMAS HEROS PIETATIS / FORMOSU[S] MITIS VIRTUTUM FLORIDA VITIS / FONS DECRETORUM FLOS CLERI GEMMA|QUE MORUM / HIC IACET ALME VELIS PATER HUNC TIBI IUNGERE CELIS / ANNIS EXEMPTIS TRINIS CUM MILLE TRECENTIS / A CHRISTO NATO REQUIEVIT FINE BEATO / + VENERABILIS PAT[ER] D[OMI/N[U+S THOMAS OLI[M] PISTORIEN[SIS] EP[ISCOPU]S HIC lACET / OB CUI[US] MEMORIA[M] D/OMI]N[U]S JACOB|US] ET SOÇUS D[OMI]NI ANDREE GERMANI IP[s]I|Us] FECERUNT FIERI HOC / MONUMENTU[M] QUI OBIIT DIE XXX IULII ANNI PREDICTI » [2]« Prêtre de Pistoia, réconfort du clergé et du peuple, gloire des ancêtres, honneur de la patrie et de son peuple, sommet de l’honnêteté, Thomas, héros de la piété, touché par la grâce, doux, vigne luxuriante de la vertu, source des décrets, fleur du clergé et joyau de la moralité, gît ici. Ô bon père, puisses-tu vouloir qu’il te rejoigne au ciel. Mille trois cent trois … Poursuivre
  • (sur le rouleau du gisant) : « « + IN ME COGNOSCE QUI TRANSIS QUAM BREVE POSSE / EST HOMINIS POTUI: DUM QUOD ES IPSE FUI / SED MODO NIL POSSUM : QUIA TA(N)TUM PULVIS ET OSSU(M) / SIC TU NIL POTERIS QUANDO SEPULTUS ERIS / ERGO PRO POSSE: BENE FAC CUM SIT TIBI POSSE » [3]« Toi qui passes, en moi tu sais combien est courte la puissance de l’homme ; tant que j’étais encore en vie, j’ai connu ce pouvoir mais maintenant je ne peux rien faire parce que je ne suis que poussière et ossements : ainsi tu ne pourras rien faire quand tu seras au sépulcre. Alors assume ton pouvoir : fais le bien tant que tu peuxTu che passi, in me conosci quanto breve … Poursuivre

Œuvre d’une beauté rare, le tombeau de Tommaso d’Andrea [4]Tommaso d’Andrea ou Andrei, évêque de Pistoia de 1284 à sa mort en , était originaire de Casole., sculpté par Gano di Fazio, est signé : « :+: CELAVIT GANUS OPUS HOC INSIGNE SENENSIS : / LAUDIBVS IMMENSIS EST SUA DIGNA MANUS : » [5]Avec cette signature, Gano revendique fièrement la paternité du monument funéraire.. Son exécution, qui se situe probablement entre 1303 et 1305, en tous cas durant la première décennie du Trecento, en fait un des plus anciens monuments funéraires toscans « suspendus » (pensile) et comprenant une effigie du défunt grandeur nature. L’œuvre étonne par son style empreint de douceur, de grâce et d’une certaine féminité, à l’opposé de la manière de Giovanni Pisano auprès de qui Gano s’est formé sur le chantier de la cathédrale de Sienne : on notera, en particulier, la « rondeur » des volumes indiqués seulement par de légères incisions, la sérénité des traits du défunt, le rythme presque dansant des trois anges et la légèreté du drap soulevé par trois anges à l’arrière du gisant. [6]On peut voir, au Musée Civique, Archéologique et de la Collégiale, une sculpture représentant la tête du même Tommaso Andrei, provenant de l’église de San Tommaso, à Querceto (près de Casole d’Elsa), également destinée à commémorer le prélat après sa mort. Cette sculpture, également attribué à Gano di Fazio, est rattachée elle-aussi à une commande de la famille de … Poursuivre

L’idée d’une tombe ornée d’un groupe de statues constituant une lamentation sur le lit funéraire renvoie, du moins en ce qui concerne l’Italie, aux prototypes arnolfiens [7]Cet italianisme, qui n’a pas d’équivalent en français, renvoie à la personnalité d’Arnolfo di Cambio. élaborés dans le dernier quart du XIIIe siècle. Les exemples les plus anciens qui subsistent, comme la sépulture de l’évêque arétin Ranieri degli Ubertini (Arezzo, San Domenico), d’environ 1300, est également supposé être une œuvre de Gano. La forme de la cage architecturale et, en partie, le choix des décorations, le relient également au monument à Grégoire X dans la cathédrale d’Arezzo, œuvre siennoise peut-être de la dernière décennie du XIIIe siècle, dont la tombe suspendue d’Andrei pourrait constituer une sorte de réduction, tant d’un point de vue hiérarchique que strictement dimensionnel, d’autant plus devant avoir lieu dans un édifice religieux de dimensions plus réduites.

Cette longue épigraphe certifie que l’évêque est mort en 1303 et atteste que les commanditaires du monument sont Iacopo e Sozzo Andrei, les deux frères du défunt.

Notes

Notes
1 Le siennois Gano a sculpté cette œuvre insigne : sa main est digne de grandes louanges.
2 « Prêtre de Pistoia, réconfort du clergé et du peuple, gloire des ancêtres, honneur de la patrie et de son peuple, sommet de l’honnêteté, Thomas, héros de la piété, touché par la grâce, doux, vigne luxuriante de la vertu, source des décrets, fleur du clergé et joyau de la moralité, gît ici. Ô bon père, puisses-tu vouloir qu’il te rejoigne au ciel. Mille trois cent trois ans après la naissance du Christ, il trouva le repos dans une mort paisible ; ici repose le vénérable père et seigneur Tommaso, autrefois évêque de Pistoia, décédé le 30 juillet de l’année mentionnée ci-dessus, pour la mémoire duquel ses frères Jacopo et Sozzo di Andrea ont construit ce monument. »
3 « Toi qui passes, en moi tu sais combien est courte la puissance de l’homme ; tant que j’étais encore en vie, j’ai connu ce pouvoir mais maintenant je ne peux rien faire parce que je ne suis que poussière et ossements : ainsi tu ne pourras rien faire quand tu seras au sépulcre. Alors assume ton pouvoir : fais le bien tant que tu peuxTu che passi, in me conosci quanto breve potere è dell’uomo ; finché anchio stesso fui in vita potei, ma ora non posso nulla perché sono soltanto polvere e ossa: così tu non potrai nulla quando sarai sepolto. Dunque per potere, agisci bene finché puoi. »
4 Tommaso d’Andrea ou Andrei, évêque de Pistoia de 1284 à sa mort en , était originaire de Casole.
5 Avec cette signature, Gano revendique fièrement la paternité du monument funéraire.
6 On peut voir, au Musée Civique, Archéologique et de la Collégiale, une sculpture représentant la tête du même Tommaso Andrei, provenant de l’église de San Tommaso, à Querceto (près de Casole d’Elsa), également destinée à commémorer le prélat après sa mort. Cette sculpture, également attribué à Gano di Fazio, est rattachée elle-aussi à une commande de la famille de l’évêque, comme en témoigne une épigraphe qui rappelle le lieu d’où provient le fragment.
7 Cet italianisme, qui n’a pas d’équivalent en français, renvoie à la personnalité d’Arnolfo di Cambio.
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