Stefano di Giovanni detto ‘Il Sassetta’, « San Martino e il povero »

Stefano di Giovanni detto ‘Il Sassetta’, (Cortone ou Sienne [?], v. 1400 – 1450)

San Martino e il povero (Saint Martin et le pauvre), 1433.

Élément de la Croix de San Martino. Tempéra et or sur panneau, 36 x 34,5 cm.

Provenance : Église de San Martino, Sienne.

Sienne, Palazzo Chigi Saracini, Collezione Chigi Saracini.

Le sauvetage des trois fragments du Crucifix peint en 1433 par Sassetta pour l’église de San Martino de Sienne est très probablement dû à Galgano Saracini. [1]Galgano Lucarini Saracini (Sienne, 1752 – 1824) : membre d’une famille de patriciens siennois et grand collectionneur, il est l’un des pionniers de la redécouverte de la culture artistique de Sienne. Dès 1806, il ouvre sa collection privée aux chercheurs et aux étudiants dans l’actuel Palazzo Chigi Saracini. Il s’agit bel et bien d’un sauvetage puisque, comme le rappelle Ettore Romagnoli, les moines du couvent de San Martino, dans le réfectoire duquel se trouvait alors la croix, avaient sciée cette dernière « […] pour en récupérer le bois afin d’en faire des portes ». [2]Giancarlo Gentilini e Carlo Sisi (dir.), La scultura. Bozzetti in terracotta, piccoli marmi e altre sculture dal XIV al XX secolo : collezione Chigi Saracini, Florence, SPES, 1989.

Pour certains critiques, l’œuvre est en relation stylistique avec Beato Angelico et même avec Paolo Uccello. [3]Giancarlo Gentilini e Carlo Sisi, Guida, Cinisello Balsamo (Milano), Silvana Editoriale, 2005. Mais c’est peut-être avec cette œuvre que le parcours de Sassetta approche d’aussi près la révolution apportée par Masaccio à Florence au cours de la décennie écoulée [4]Dans le parcours de Sassetta, ce San Martino marque « uno dei momenti di massimo accostamento alla rivoluzione pittorica di Masaccio » (l’un des moments d’approche maximale de la révolution picturale de Masaccio), écrit .. Comme cela a souvent été souligné, l’attitude du pauvre avec lequel Martin partage son manteau évoque fortement la figure célèbre de l’un des personnages attendant nu et frigorifié le baptême, dans une « gestuelle [qui] le fait paraître immédiatement proche de quiconque le regarde » [5](« […] con un gesto che lo fa sentire immediatamente vicino a chiunque lo guardi. » (Elisa Del Carlo, La cappella Brancacci nella chiesa di Santa Maria del Carmine, Florence, Edizioni Mandragora, 2012)., au second plan du Battesimo dei neofiti peint par Masaccio dans la chapelle Brancacci (Florence).

Notes

Notes
1 Galgano Lucarini Saracini (Sienne, 1752 – 1824) : membre d’une famille de patriciens siennois et grand collectionneur, il est l’un des pionniers de la redécouverte de la culture artistique de Sienne. Dès 1806, il ouvre sa collection privée aux chercheurs et aux étudiants dans l’actuel Palazzo Chigi Saracini.
2 Giancarlo Gentilini e Carlo Sisi (dir.), La scultura. Bozzetti in terracotta, piccoli marmi e altre sculture dal XIV al XX secolo : collezione Chigi Saracini, Florence, SPES, 1989.
3 Giancarlo Gentilini e Carlo Sisi, Guida, Cinisello Balsamo (Milano), Silvana Editoriale, 2005.
4 Dans le parcours de Sassetta, ce San Martino marque « uno dei momenti di massimo accostamento alla rivoluzione pittorica di Masaccio » (l’un des moments d’approche maximale de la révolution picturale de Masaccio), écrit .
5 (« […] con un gesto che lo fa sentire immediatamente vicino a chiunque lo guardi. » (Elisa Del Carlo, La cappella Brancacci nella chiesa di Santa Maria del Carmine, Florence, Edizioni Mandragora, 2012).