Vitrine (Collection de majoliques)

Principalement réalisée en Toscane, dans les Marches italiennes et en Émilie-Romagne, la faïence italienne de la Renaissance est appelée majolique car sa production pourrait avoir été stimulée par l’importation de céramiques espagnoles venant de Valence en Espagne en transitant par l’île de Majorque. Ces céramiques espagnoles étaient caractérisées par leurs reflets métalliques, dus à une technique de lustre [1]Le lustre métallique est un type de glaçure à irisations obtenu en appliquant un émail contenant des particules métalliques sur un objet en céramique déjà vitrifié (parfois sur du verre). Les effets subtils de lustre sont créés par la lumière reflétée par les particules métalliques en suspension dans l’émail. d’origine proche-orientale, parvenue en Europe par le biais de l’Espagne mauresque à la fin du Moyen Âge. Les potiers italiens ont assimilé, dès le XIIe siècle, la technique d’une majolique archaïque, reconnaissable à ses décors gothiques ou orientaux.

Le premier centre de production italien, et le plus inventif, est situé à Faenza. [2]C’est l’importation en France des modèles de Faenza qui fera apparaître le terme « faïence ». Au début du XVIe siècle, les ateliers se multiplient. Les plus importants sont situés à Laterza, Ravenne, Sienne, Deruta, Caffagiolo, Casteldurante, Montelupo fiorentino, Urbino, Pesaro, Venise, et offrent une variété impressionnante de décors.

PREMIÈRE ÉTAGÈRE : albarelles. [3]Pot en majolique, souvent de forme cylindrique, l’albarelle est conçue à l’origine pour contenir épices et confitures, puis sert à conserver drogues solides, onguents et plantes médicinales séchées des apothicaires. L’albarelle est la forme la plus répandue des pots à pharmacie.

1. 
Manifattura senese (Manufacture siennoise), 1505-1515, Albarello biansato (Albarelle à deux anses). Majolique peinte à décor « porcelaine ». Inscriptions : « MALVE C(ON)FETTE ». Provenance : Museo civico.

2. 
Manifattura senese (Manufacture siennoise), 1505-1515, Albarello biansato (Albarelle à deux anses). Majolique peinte à décor « porcelaine ». Inscriptions : « SAVORITO ». Provenance : Museo civico

3. 
Manifattura di Montelupo, 1540-1570, Albarello (Albarelle). Majolique peinte d’un décor « palmette persane » évoluée. Provenance : Museo civico.

4. 
Manifattura di Montelupo, 1540-1570, Albarello (Albarelle). Majolique peinte d’un décor « palmette persane » évoluée. Provenance : Museo civico.

5. 
Manifattura di Montelupo, 1540-1570, Albarello (Albarelle). Majolique peinte d’un décor « palmette persane » évoluée. Provenance : Museo civico.

6. 
Manifattura di Montelupo, 1540-1570, Albarello (Albarelle). Majolique peinte d’un décor « palmette persane » évoluée. Provenance : Museo civico.

7. 
Manifattura senese (Manufacture siennoise), fin du XVIIe s., Albarello (Albarelle). Majolique peinte au décor de feuillage et figure allégorique, avec le sigle « s. D. » et un cartouche dans lequel est inscrit : « IN ME QUIES » sur fond bleu. Inscriptions : « TRO[CISCI] DI ASSENTIO ». Provenance : Museo civico.

8. 
Manifattura senese (Manufacture siennoise), fin du XVIIe – début du XVIIIe s., Albarello biansato (Albarelle à deux anses). Majolique peinte au décor de feuillage sur fond bleu. Inscriptions : « SENA ORIEN(TAL)E ». Provenance : Museo civico.

9. 
Manifattura senese (Manufacture siennoise), fin du XVIIe – début du XVIIIe s., Albarello biansato (Albarelle à deux anses). Majolique peinte au décor de feuillage sur fond bleu. Inscriptions : « BOLO ORIEN(TAL)E ». Provenance : Museo civico.

SECONDE ÉTAGÈRE : céramiques diverses.

10.
Manifattura di Montelupo (probablement de l’atelier des Brizzelli, 1650-70), Ampollone monoansato (Pot à pharmacie, ou chevrette, à une anse). Majolique peinte à décor « feuille bleue » au verseur, protomé [4]Protomé : représentation partielle, éventuellement en avant-corps, d’un animal réel ou fictif, ou d’un être humain. C’est, plus précisément le buste humain ou la partie antérieure d’un animal, employé comme motif décoratif peint, en relief ou en ronde-bosse. modelé à la fixation inférieure de la poignée avec la marque « s » encerclée. Provenance : Museo civico (possible provenance de la Spezieria di Santa Fina à San Gimignano)

11.
Manifattura di Montelupo, 1640-1660. Albarello (Albarelle). Majolique peinte avec décor « à la feuille invasive ». Provenance : Museo civico.

12.
Manifattura di Montelupo (probablement de l’atelier dès Brizzelli, 1650-70), Ampollone monoansato (Pot à pharmacie, ou chevrette, à anse). Majolique peinte avec décor « à la feuille polychrome », avec marque « s » encerclée à l’attache inférieure de l’anse. Provenance : Museo civico (possible provenance de la Spezieria di Santa Fina à San Gimignano).

13.
Manifattura siciliana del Seicento, Albarello (Albarelle). Majolique peinte avec décor de palmettes persanes stylisées. Provenance : Museo civico.

14.
Manifattura siciliana del Settecento. Lucerna (Lampe). Majolique peinte. Provenance : Museo civico.

15.
Manifattura siciliana del Settecento, Lucerna (Lampe). Majolique peinte.
Provenance : Museo civico.

16.
Manifattura di Faenza della fine del Cinquecento. Salière dans le genre des « bianchi » soutenue par quatre harpies. Majolique peinte d’armoiries non identifiées dans la coupelle. Provenance : Museo civico.

17.
Manifattura di Colle di Val d’Elsa (?), fin du XVIe – début du XVIIe s. Salière portée par un lion, un chien et une sfinge. Majolique peinte avec visage féminin dans la coupelle. Provenance : Museo civico.

18.
Manifattura di Ariano Irpino della metà del Settecento, Salière avec figure de femme. Majolique peinte. Provenance : Museo civico.

19.
Manifattura di Ariano Irpino della metà del Settecento, Salière avec figure de femme. Majolique peinte. Provenance : Museo civico.

20.
Manifattura di area senese della fine del Seicento, Oliera monoansata (Huilier à anse). Majolique peinte avec décoration sommaire en vert et brun. Provenance : Museo civico.

21.
Manifattura di area senese della fine del Seicento, Boccale (Bocal). Majolique peinte avec décoration sommaire en vert et brun. Provenance : Museo civico.

22.
Manifattura campana degli inizi dell’Ottocento, Flacon à corps écrasé, à pied haut et deux passants. Majolique peinte à décors phytomorphes stylisés. Provenance : Museo civico.

23.
Manifattura di area senese del 1739, Fiasco a corpo ovoidale e quattro passanti (Flacon à corps ovoïdale et quatre passants). Majolique peinte à décor limité en bleu, enseigne conventuelle augustinienne avec Pastoral, initiales : « S(ANTO) A(GOSTINO) » et date « 1739 » Provenance : Museo civico.

24.
Manifattura di area senese, fin du XVIIe – début du XVIIIe s. Calice (Calice). Majolique peinte avec décoration monochrome bleu entre deux lions rampants, insigne couronné conventuel probable (pélican s’ouvrant le poitrail). Provenance : Museo civico.

TROISIÈME ÉTAGÈRE : plats et assiettes.

25.
Manifattura di Montepulciano, prima metà del Settecento, Piatto buccellato. Majolique peinte avec oiseau sur fond végétal. Provenance : Museo civico.

26.
Manifattura di area senese
della prima metà del Seicento
, Crespina (Assiette), trigramme christologique et symboles de la Passion. Majolique peinte à l’imitation du lustre métallique. Provenance : Museo civico.

27.
Manifattura di area senese (Montepulciano ?)
prima metà del Seicento
,
Crespina (Assiette). Majolique peinte à décor phytomorphe central et contour avec des pétales en forme de ruban. Provenance : Museo civico.

28.
Manifattura di Deruta
della prima metà del Seicento
, Crespina (Assiette). Majolique peinte avec décor naturaliste (oiseaux et fleurs) imitant le lustre métallique. Provenance : Museo civico.

29.
Manifattura di area senese
della seconda metà del Seicento
, Targa murale con scudo araldico (Plaque murale avec blason héraldique) : chèvres d’or s’affrontant, arbre vert, mont de même. Majolique peinte. Provenance : Museo civico.

30.
Manifattura di Montepulciano
della metà del Seicento

Crespina (Assiette). Majolique peinte à décor tardif « a compendiaro » [5]Le style dit « a compendiaro » joue sur la matière de l’émail qui couvre l’objet. Il s’agit d’un décor sommaire qui sert à mettre en valeur l’émail blanc épais et couvrant sur lequel il est peint. La décoration se compose de petites figures simples, de putti, d’armoiries, de légères couronnes de feuilles et de fleurs, caractérisés par une facture rapide à … Poursuivre représentant un Putto dans un paysage, monochrome bleu. Provenance : Museo civico.

31.
Manifattura di Montepulciano
della prima metà del Seicento
, Crespina (Assiette). Majolique peinte en bleu avec trigramme christologique (« IHS« ),
enfermé dans le disque solaire de San Bernardino, et avec contour de fleurs inversé. Provenance : Museo civico.

32.
Manifattura di area senese (Montepulciano ?)
della prima metà del Seicento
,Crespina (Assiette). Majolique peinte en bleu, vert et jaune avec trigramme christologique (« IHS ») et contour phytomorphe stylisé. Provenance : Museo civico.

33.
Manifattura Conradi di Albisola, metà del Settecento, Piatto scodelliforme (Assiette en forme de bol). Majolique peinte au décor de chinoiseries, marque « locco » au retro. Provenance : Museo civico.

Notes

Notes
1 Le lustre métallique est un type de glaçure à irisations obtenu en appliquant un émail contenant des particules métalliques sur un objet en céramique déjà vitrifié (parfois sur du verre). Les effets subtils de lustre sont créés par la lumière reflétée par les particules métalliques en suspension dans l’émail.
2 C’est l’importation en France des modèles de Faenza qui fera apparaître le terme « faïence ».
3 Pot en majolique, souvent de forme cylindrique, l’albarelle est conçue à l’origine pour contenir épices et confitures, puis sert à conserver drogues solides, onguents et plantes médicinales séchées des apothicaires. L’albarelle est la forme la plus répandue des pots à pharmacie.
4 Protomé : représentation partielle, éventuellement en avant-corps, d’un animal réel ou fictif, ou d’un être humain. C’est, plus précisément le buste humain ou la partie antérieure d’un animal, employé comme motif décoratif peint, en relief ou en ronde-bosse.
5 Le style dit « a compendiaro » joue sur la matière de l’émail qui couvre l’objet. Il s’agit d’un décor sommaire qui sert à mettre en valeur l’émail blanc épais et couvrant sur lequel il est peint. La décoration se compose de petites figures simples, de putti, d’armoiries, de légères couronnes de feuilles et de fleurs, caractérisés par une facture rapide à peine ébauchée, concise ou succincte, rehaussée de quelque touche de bleu de jaune, de manganèse et de vert ; d’où l’adoption du terme « compendiario »  pour ce genre de peinture sur majolique (en italien « compendiare » signifie résumer).