Guido Cavalcanti

Guido Cavalcanti (Florence, v. 1258 – 1300) : poète, fils de Cavalcante Cavalcanti et proche ami de Dante qui, dans un poème de la Vita Nova (entre 1293 et 1295), l’évoque comme « le premier de ses amis » : « A questo sonetto fue risposto da molti e di diverse sentenzie; tra li quali fue risponditore quelli cui io chiamo primo de li miei amici, e disse allora uno sonetto, lo quale comincia : Vedesti al mio parere onne valore. E questo fue quasi lo principio de l’amistà tra lui e me, quando elli seppe che io era quelli che li avea ciò mandato. Lo verace giudicio del detto sogno non fue veduto allora per alcuno, ma ora è manifestissimo a li più semplici. » [1]« Il vint plusieurs réponses à ce sonnet, et des opinions diverses furent exprimées. Parmi elles fut la réponse de celui que j’appelle le premier de mes amis. Il m’adressa un sonnet qui commence ainsi : « Il me semble que tu as vu la perfection… » Et de là date le commencement de notre amitié mutuelle, quand il sut que c’était moi qui lui avais fait cet … Poursuivre

L’œuvre de Guido Cavalcanti, comme celle de Dante, repose sur un symbolisme complexe et cohérent propre au Moyen Âge en occidental, dont ni lui ni Dante ne sont les « inventeurs » mais qu’ils tirent de l’enseignement qu’ils reçurent des Fidèles d’Amour [2]Les Fidèles d’Amour sont une confrérie initiatique littéraire mentionnée par Dante dans la Vita Nuova..

Notes

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1 « Il vint plusieurs réponses à ce sonnet, et des opinions diverses furent exprimées. Parmi elles fut la réponse de celui que j’appelle le premier de mes amis. Il m’adressa un sonnet qui commence ainsi : « Il me semble que tu as vu la perfection… » Et de là date le commencement de notre amitié mutuelle, quand il sut que c’était moi qui lui avais fait cet envoi. » Vita Nova, III-I4. Ce poème, que Dante, s’étant « essayé aux choses rimées [voulu] faire » et qu’il adressa à « tous les fidèles de l’Amour » pour les saluer, non sans en attendre un avis en retour, est le célèbre A ciascun’alma presa :

« A ciascun’alma presa, e gentil core,
nel cui cospetto ven lo dir presente,
in ciò che mi rescrivan suo parvente
salute in lor segnor, cioè Amore.
Già eran quasi che atterzate l’ore
del tempo che onne stella n’è lucente,
quando m’apparve Amor subitamente
cui essenza membrar mi dà orrore.
Allegro mi sembrava Amor tenendo
meo core in mano, e ne le braccia avea
madonna involta in un drappo dormendo.
Poi la svegliava, e d’esto core ardendo
lei paventosa umilmente pascea :
appresso gir lo ne vedea piangendo.
 »

À toute âme éprise et à tout noble cœur
À qui parviendra ceci
Afin qu’ils m’en retournent leur avis,
Salut dans la personne de leur Seigneur, c’est-à-dire l’Amour.
Déjà étaient passées les heures
Où les étoiles brillent de tout leur éclat,
Quand m’apparut tout à coup l’Amour
Dont l’essence me remplit encore de terreur.
L’Amour me paraissait joyeux.
Il tenait mon cœur dans sa main
Et dans ses bras une femme endormie et enveloppée d’un manteau.
Puis il la réveillait et, ce cœur qui brûlait,
Il le lui donnait à manger, ce qu’elle faisait, craintive et docile.
Puis je le voyais s’en aller en pleurant.

2 Les Fidèles d’Amour sont une confrérie initiatique littéraire mentionnée par Dante dans la Vita Nuova.