Apollonios d’Athènes (?), « Torso del Belvedere »

Apollonios d’Athènes [1]L’œuvre porte la signature : « ἈΠΟΛΛΏΝΙΟΣ / ΝΈΣΤΟΡΟΣ / ἈΘΗΝΑΙ͂Ο / ἘΠΟΊΕΙ » (« Œuvre d’Apollonios, fils de Nestor, d’Athènes »). Ce sculpteur inconnu n’est pas mentionné par Pline ni par aucune autre source antique. « Si […] un inconnu avait pu produire une telle œuvre, demandait-on éloquemment, … Poursuivre

Torso del Belvedere (Torse du Belvédère), Ier siècle av. J.-C. (?)

Marbre, h. : 159 cm.

Inscriptions :

  • (sur le torse) : « Ἀπολλώνιος / Νέστορος / Ἀθηναῖος / ἐποίει ». [2]« Ἀπολλώνιος Νέστορος Ἀθηναῖος ἐποίει » (« œuvre d’Apollonios, fils de Nestor, d’Athènes »). Voir : Francis HASKELL et Nicholas PENNY, Taste and the Antique. The Lure of Classical Sculpture, 1500–1900 » (trad. fr. François Lissarague), Pour l’amour de l’antique. La Statuaire gréco-romaine et le goût européen, Paris, … Poursuivre

Provenance inconnue. [3]Le Torse est mentionné pour la première fois par Cyriaque d’Ancône, qui eu l’occasion de le voir dans le palais du cardinal Prospero Colonna entre 1432 et 1435 (Francis HASKELL et Nicholas PENNY, op. cit., p. 344). On le retrouve ensuite dans la maison d’un certain « maître Andrea » (sans doute le sculpteur Andrea Bregno (ibid.). Il … Poursuivre

Rome, Musei Vaticani.

Cette statue est très estimée depuis au moins le début du XVIe s. En atteste le nombre de dessins, d’interprétations et de témoignages [4]L’admiration qu’aurait manifesté Michel-Ange pour l’œuvre n’est pas le moindre de ces témoignages. parvenus jusqu’à nous. « Le fait que le Torse n’ait jamais été effectivement restauré [n’a pas découragé] les tentatives pour visualiser son état originel. Les plus anciennes discussions sont toutes d’accord pour dire que l’anatomie du personnage et la peau animale (une peau de lion, pensait-on) prouvaient qu’il s’agissait d’un Hercule, mais les différences étaient considérables en ce qui concerne son attitude précise et son activité : tenant une massue selon un bronze du XVIe siècle, tendant son arc selon un autre. Un dessin (École des Beaux-Arts, Paris) de Baldung Grien [5]Hans Baldung Grien (Schwäbisch Gmünd [anciennement Gmünd, dans l’ancienne Souabe, en Allemagne], 1484 ou 1485 – Strasbourg, 1545.) : peintre, dessinateur, graveur et maître-verrier allemand., daté de 1533 et manifestement fondé sur le Torse qu’il ne vit jamais, montre Hercule avec une quenouille tandis qu’Omphale tient sa massue ; certains auteurs, plus tard, affirmèrent effectivement qu’il devait être en train de filer – à tort, selon Mengs [6]Anton Raphael Mengs (Aussig, 1728 – Rome, 1779) : peintre, historien de l’art et critique d’art allemand, également actif à Rome, Naples et Madrid. L’artiste a été acclamé dans toute l’Europe comme le plus grand représentant du néoclassicisme. Rejetant la tradition picturale du baroque et du rococo, à travers l’étude de l’antiquité et de … Poursuivre, pour qui ce fragment réunissait les beautés de toutes les autres statues. Winckelmann, qui – selon l’expression de Visconti [7]Ennio Quirino Visconti (Rome, 1751 – Paris, 1818) : fils du préfet papal pour les antiquités Giovanni Battista Antonio Visconti, il collabore avec lui pour l’édition d’un catalogue de la collection du Musée Pio-Clementino et poursuit seul l’œuvre de son père après la mort de celui-ci, devient conservateur des musées du Capitole à Rome et consul de la … Poursuivre, – « nous a laissé un poème plutôt qu’une description », pensait que la statue, à l’origine, montrait Hercule se reposant après tous ses travaux, et divinisé, comme on le voyait sur un relief célèbre de la villa Albani. Visconti lui-même se servait du témoignage d’une intaille pour suggérer qu’Hercule avait fait partie d’un groupe et qu’il était montré en train de contempler (ou de caresser) Hébé. Cette idée fut diffusée par le baron d’Hancarville, aventurier et archéologue français, et en 1792, John Flaxman [8]John Flaxman (York, 1755 – Londres, 1826) : sculpteur et. dessinateur anglais, important pour son rôle actif dans la diffusion du goût néoclassique en Grande-Bretagne, il est également connue pour ses monuments sépulcraux (tombe de Nelson dans la cathédrale Saint-Paul de Londres). Flaxman séjourne à Rome de 1787 à 1794 pour étudier l’antique. Ses … Poursuivre produisit un plâtre couleur de bronze d’une telle reconstitution, Hercule et Hébé (aujourd’hui en dépôt au Victoria and Albert Museum) – travail préparatoire pour un marbre qui avait été commandé par « le jeune M. Hope d’Amsterdam ». » [9]Francis HASKELL et Nicholas PENNY, op. cit, p. 436.

Inscriptions figurant sur le torse.

Notes

Notes
1 L’œuvre porte la signature : « ἈΠΟΛΛΏΝΙΟΣ / ΝΈΣΤΟΡΟΣ / ἈΘΗΝΑΙ͂Ο / ἘΠΟΊΕΙ » (« Œuvre d’Apollonios, fils de Nestor, d’Athènes »). Ce sculpteur inconnu n’est pas mentionné par Pline ni par aucune autre source antique. « Si […] un inconnu avait pu produire une telle œuvre, demandait-on éloquemment, alors que devaient être les chefs-d’œuvre d’artistes aussi célèbres que Praxitèle, Scopas ou Lysippe ? » Ennio Quirino Visconti, Museo Pio-Clementino Illustrato e Descritto, II, Millan, 1820, planche X (cité dans Francis HASKELL et Nicholas PENNY, Taste and the Antique. The Lure of Classical Sculpture, 1500–1900 » (trad. fr. François Lissarague), Pour l’amour de l’antique. La Statuaire gréco-romaine et le goût européen, Paris, Hachette, coll. « Bibliothèque d’archéologie », 1988, p. 346).
2 « Ἀπολλώνιος Νέστορος Ἀθηναῖος ἐποίει » (« œuvre d’Apollonios, fils de Nestor, d’Athènes »). Voir : Francis HASKELL et Nicholas PENNY, Taste and the Antique. The Lure of Classical Sculpture, 1500–1900 » (trad. fr. François Lissarague), Pour l’amour de l’antique. La Statuaire gréco-romaine et le goût européen, Paris, Hachette, coll. « Bibliothèque d’archéologie », 1988, pp. 344-346) ; Marion Muller-DufeuLa Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire », 2002.
3 Le Torse est mentionné pour la première fois par Cyriaque d’Ancône, qui eu l’occasion de le voir dans le palais du cardinal Prospero Colonna entre 1432 et 1435 (Francis HASKELL et Nicholas PENNY, op. cit., p. 344). On le retrouve ensuite dans la maison d’un certain « maître Andrea » (sans doute le sculpteur Andrea Bregno (ibid.). Il est enfin acquis dans les années 1530, soit par le pape Clément VII, soit par son successeur, le pape Paul III, et rejoint depuis lors les collections de la cour de l’Octogone du palais du Belvédère (ibid.).
4 L’admiration qu’aurait manifesté Michel-Ange pour l’œuvre n’est pas le moindre de ces témoignages.
5 Hans Baldung Grien (Schwäbisch Gmünd [anciennement Gmünd, dans l’ancienne Souabe, en Allemagne], 1484 ou 1485 – Strasbourg, 1545.) : peintre, dessinateur, graveur et maître-verrier allemand.
6 Anton Raphael Mengs (Aussig, 1728 – Rome, 1779) : peintre, historien de l’art et critique d’art allemand, également actif à Rome, Naples et Madrid. L’artiste a été acclamé dans toute l’Europe comme le plus grand représentant du néoclassicisme. Rejetant la tradition picturale du baroque et du rococo, à travers l’étude de l’antiquité et de Raphaël, Mengs crée des compositions d’une noble simplicité, aux couleurs claires et vives.
7 Ennio Quirino Visconti (Rome, 1751 – Paris, 1818) : fils du préfet papal pour les antiquités Giovanni Battista Antonio Visconti, il collabore avec lui pour l’édition d’un catalogue de la collection du Musée Pio-Clementino et poursuit seul l’œuvre de son père après la mort de celui-ci, devient conservateur des musées du Capitole à Rome et consul de la République romaine de 1798-1799. En 1799, il arrive à Paris en tant que réfugié politique. Il y obtient un poste de conservateur des antiquités du Louvre puis, en 1803, devient professeur et membre de l’Institut de France. Spécialiste de l’iconographie grecque et romaine, ses publications demeurent des références en la matière pendant de nombreuses années.
8 John Flaxman (York, 1755 – Londres, 1826) : sculpteur et. dessinateur anglais, important pour son rôle actif dans la diffusion du goût néoclassique en Grande-Bretagne, il est également connue pour ses monuments sépulcraux (tombe de Nelson dans la cathédrale Saint-Paul de Londres). Flaxman séjourne à Rome de 1787 à 1794 pour étudier l’antique. Ses innombrables croquis inspirés de scènes de la vie quotidienne capturées dans les environnements les plus divers et réalisés avec quelques traits essentiels sont d’une certaine importance. Sa reconstitution du Torse du Belvédère est cependant très éloignée de la splendeur herculéenne de son modèle.
9 Francis HASKELL et Nicholas PENNY, op. cit, p. 436.

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