Stefano di Giovanni dit ‘Il Sassetta’ (Sienne ou Cortone, 1392 [?], documenté à Sienne à partir de 1426 – 1450 ou 1451)
La Vierge et l’Enfant entourés de six anges, 1437-1444.
Inscriptions :
- (dans l’auréole de la Vierge) : « AVE REGINA C[A]ELORUM AVE » [1]Premiers mots de l’antienne Ave Regina Caelorum (Ave, Regina cælorum / Ave, Domina Angelorum, / Salve radix, salve, porta, / Ex qua mundo lux est orta. / Gaude, Virgo gloriosa, / Super omnes speciosa ; / Vale, o valde decora / Et pro nobis Christum exora. (Salut, Reine des cieux ! / Salut, souveraine des anges ! / Salut, tige de Jessé ! Salut, porte / d’où la lumière s’est levée sur le … Poursuivre
Compartiment central du Polyptyque de Borgo San Sepolcro [2]Le Polyptyque de Borgo San Sepolcro a été démantelé et ses compartiments dispersés à partir de 1578. ; tempéra et or sur panneau, 205, 4 x 118,6 cm (surface peinte : 197,4 x 113,4 cm).
Provenance : église de San Francesco, Borgo San Sepolcro.
Paris, Musée du Louvre.
Comme le confirment l’inscription lisible dans l’auréole qui ceint son front, le trône sur lequel elle a pris place, assise sur un coussin damasquiné, et la couronne que deux anges soulèvent au-dessus de sa tête, Marie est représentée en majesté, en tant que Reine des cieux. Tandis qu’elle maintient un pan de son manteau serré contre sa poitrine d’un geste délicat et pudique, celui-ci s’est entrouvert, découvrant les formes pleines du ventre qui a porté l’Enfant. Celui-ci se tient droit sur les genoux de sa Mère. Dans une attitude d’une souplesse presque alanguie, son petit corps d’une blancheur délicate, à peine couvert d’un fin voile transparent et vague qui semble désigner sa nudité plutôt qu’il ne la dissimule, se tient appuyé contre celui de Marie, sa main gauche contre la poitrine maternelle comme s’il y puisait une confiance rassurante. Le regard tourné vers la droite, Jésus observe hors champ quelque chose qu’il désigne de sa main droite et qui demeure cependant impossible à identifier pour le spectateur. Reste à celui-ci le loisir de contempler la scène en imaginant les sonorités aiguës qui émanent des instruments dont joue le quatuor d’anges musiciens, avant de venir poser son regard sur l’un d’eux : tout en pinçant les cordes d’un luth [3]L’extrême attention portée par Sassetta sur le rendu des doigts qui pressent les cordes et qui les pincent doit être soulignée., celui-ci ne parvient pas – en fait-il seulement l’effort ? – à réfréner dans un sourire céleste son irrépressible joie.
Notes
| 1↑ | Premiers mots de l’antienne Ave Regina Caelorum (Ave, Regina cælorum / Ave, Domina Angelorum, / Salve radix, salve, porta, / Ex qua mundo lux est orta. / Gaude, Virgo gloriosa, / Super omnes speciosa ; / Vale, o valde decora / Et pro nobis Christum exora. (Salut, Reine des cieux ! / Salut, souveraine des anges ! / Salut, tige de Jessé ! Salut, porte / d’où la lumière s’est levée sur le monde ! / Réjouis-toi, Vierge glorieuse, / qui l’emportes sur toutes en beauté ! / Adieu, ô toute belle, / et prie le Christ pour nous.). |
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| 2↑ | Le Polyptyque de Borgo San Sepolcro a été démantelé et ses compartiments dispersés à partir de 1578. |
| 3↑ | L’extrême attention portée par Sassetta sur le rendu des doigts qui pressent les cordes et qui les pincent doit être soulignée. |





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