
Paolo di Giovanni Fei (San Quirico d’Orcia, actif à partir de 1369 – Sienne, 1411)
The Presentation of the Virgin in the Temple (Présentation de la Vierge au Temple), 1398-1399.
Tempéra et or sur bois, transféré sur panneau d’isorel, 146, 1 x 1403 cm (surface peinte)
Provenance : chapelle de San Pietro, cathédrale de Santa Maria Assunta, Sienne.
Washington, National Gallery of Art, Kress Collection.
Le retable à été commandé en 1398 pour la chapelle de Saint Pierre de la cathédrale de Sienne, où il est demeuré au moins jusqu’en 1482. Il est probable, cependant, que l’œuvre n’ait quitté cet emplacement qu’entre 1580 (date à laquelle un nouvel autel de marbre richement décoré fut commandé pour la chapelle) et 1582 (lorsque la décoration du nouvel autel fut achevée). Quoi qu’il en soit, à cette époque, il fut soit consigné dans les réserves de la cathédrale, soit vendu.
Ici, Paolo di Giovanni Fei reprend tout à la fois le modèle du retable inventé par Simone Martini pour la Pala di Sant’Ansano et le format à trois arcs gothiques du compartiment central de ce polyptyque destiné à accompagner la Maestà de Duccio dans la majestueuse scénographie prévue à cet effet dans la Cathédrale de Sienne [1]Voir annexe : Une scénographie perdue : cinq retables du transept de la Cathédrale aujourd’hui démembrés, et un vitrail.. Selon le modèle donné par Simone Martini, et maintes fois repris, la représentation d’une scène mariale placée au centre du retable est encadrée par deux figures de saint en pieds.
Cependant, Paolo di Giovanni Fei réinterprète les expériences et les trouvailles de son grand prédécesseur en y ajoutant une note personnelle dont l’élégance merveilleuse culmine dans le groupe de jeunes filles, futures compagnes de la Vierge au Temple, qui assistent visiblement animées à la scène depuis une tribune placée sur la droite. Il fait plus encore : reprenant un dispositif spatial déjà mis en œuvre dans la Naissance de la Vierge peinte par Pietro Lorenzetti, dans lequel l’architecture de l’intérieur figuré se plie au format gothique du support jusqu’à en épouser les contours, il invente un muret qui clos cet espace parallèlement à la surface de l’œuvre. Ce muret est percé d’une ouverture dans partie centrale, et l’on y voit deux petits personnages représentés de dos, discutant sur le pas de cette porte (l’un deux semble désigner à l’autre le spectacle qui se déroule dans l’abside, au sommet de l’escalier que vient de gravir Marie. Grâce à ce stratagème, un dispositif spatial donne au spectateur le sentiment de pouvoir lui aussi emprunter l’ouverture pratiquée dans la balustrade qui entoure l’autel et, suivant par empathie les deux petits personnages représentés de dos sur le pas de cette porte, de pénétrer à son tour à l’intérieur de l’espace sacré du temple où se déroule la cérémonie.
Notes



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