Le mot italien ‘chompagno’ désigne très précisément les membres d’un groupe composé d’élèves, d’assistants et de seconds du maître qui constituait lui-même la personnalité artistique de référence, et qui déterminait les grandes lignes du travail à accomplir. Le texte du Breve dell’arte de’ pittori sennes dell’annno 1355 constitue un témoignage important sur le fonctionnement du laboratoire qu’était l’atelier (la bottega) à l’époque médiévale tardive. Celui-ci n’était pas seulement le lieu physique où était quotidiennement réalisé le travail mais « une véritable unité économique basée sur une hiérarchie pyramidale » au sommet de laquelle se trouvait « le ‘maître’, qui [pouvait] être flanqué d’un ou plusieurs ‘chompagni’, entendus comme étant des parents ou des conjoints ; à leurs côtés, se [distinguaient] les ‘disciples’ [(ou élèves)] et les travailleurs à l’année, au mois ou à la journée, ou sur une tâche donnée ou encore d’éventuels collaborateurs temporaires extérieurs. Au sein de ce ‘staff’ pouvaient se créer diverses spécialisations individuelles ou tâches techniques spécifiques (celui qui broie les couleurs, qui prépare les panneaux à l’enduit [gesso] ou la toile, qui s’occupe des dorures, …). Dans une situation de ce type, le concept même de signature devient relatif au sens moderne de l’autographie, et se transforme plutôt en une marque de fabrique, en une garantie de qualité de la part du chef d’atelier même lorsque l’oeuvre a été exécutée à plusieurs mains et non seulement par lui. Comme l’attesté Ghiberti dans les Commentarii et comme le confirme Vasari [dans les Vite], Simone Martini travaillait en contact étroit avec son beau-frère Lippo Memmi. Si Lippo était déjà responsable administratif de ‘l’atelier des Memmi’, fondé par Memmo di Filipuccio, son père, à un certain moment, son style parvient à un niveau si élevé qu’il se confond avec celui de Simone, comme c’est le cas dans l’Annonciation aujourd’hui aux Offices, qui n’est pas signée des deux noms par hasard » [1]« Simone Martini e ‘chompagni’ », dans Laura MARTINI (dir.), Castiglione d’Orcia. Sala d’Arte San Giovanni. Silvana Editoriale, Milano, 2007, pp. 18-19..
Notes
| 1↑ | « Simone Martini e ‘chompagni’ », dans Laura MARTINI (dir.), Castiglione d’Orcia. Sala d’Arte San Giovanni. Silvana Editoriale, Milano, 2007, pp. 18-19. |
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