Pietro Alighieri

Pietro Alighieri (Florence, 1300 – Trévise, 1364) : magistrat et critique littéraire, fils de Dante et de Gemma Donati.

La production de Pietro Alighieri, outre le recueil de comptines et de chansons qu’il a composé, tourne principalement autour de l’activité exégétique de la production littéraire de son père. La production du fils de Dante peut donc être divisée en deux volets :

  • un volet consacré à l’exégèse, représenté par le commentaire de Petri Aligherii super Dantis ipsius genitoris Comoediam commentarium, écrit après 1347 et conservé dans vingt codex. Dans son commentaire, Pietro illustre les points obscurs, les significations allégoriques, philosophiques et poétiques de la Comédie, expliquant que Dante voulait rivaliser avec les anciens et qu’en les imitant, il avait acquis une dignité égale à celle d’un poète classique. En substance, selon Francesco Mazzoni : « le Comentarium est le plus important que l’exégèse antique de Dante ait pu consacrer à la Comédie [1]Francesco MazzoniAlighieri, PietroEnciclopedia dantesca, Rome, Istituto dell’Enciclopedia Italiana, 1970, mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/pietro-alighieri_%28Enciclopedia-Dantesca%29/ ».
  • un volet consacré à la poésie, dans lequel Pietro évolue dans la lignée du « stilnovisme » de Dante en produisant diverses rimes et chansons. Le corpus poétique est également constitué de chants à caractère doctrinal et politique : dans l’un d’eux, on tente de défendre le père de l’accusation d’hétérodoxie [2]Arnaldo D’AddarioAlighieri, Francesco, Dizionario biografico degli italiani, vol. 2, Rome, Istituto dell’Enciclopedia Italiana, 1960, mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/francesco-alighieri_(Dizionario-Biografico)/. ; dans un autre, on espère la concorde entre le pape Jean XXII [3]Jacques Duèze ou Duèse (Cahors, 1244 – Roquemaure, 1334) : issu d’une famille de la bourgeoisise aisée de Cahors, devient le 196e pape de l’Église catholique en 1316 sous le nom de Jean XXII. et Louis le Bavarois [4]Louis III de Bavière (1282 – 1347), élu roi des Romains en 1314 puis couronné empereur des Romains sous le nom de Louis IV, régna de 1328 à 1347. Il s’est fermement opposé à la papauté, notamment à Jean XXII. ; dans un autre encore, on prie Dieu d’accorder la paix à l’Italie [5]Francesco Mazzoniop. cit., suivant ainsi la tendance « politique » du De Monarchia de Dante et des « canti sesti » [6]Les chants VI de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis de la Divine Comédie, selon un schéma scolastique traditionnel et consolidé, sont appelés chants politiques parce qu’ils correspondent en termes d’affinité thématique (la politique), et parce que même dans le cadre de la discussion sur un même thème, on y observe un élargissement progressif des horizons. Dante, en … Poursuivre de la Commedia, ainsi que de certaines de ses épîtres.

Notes

Notes
1 Francesco MazzoniAlighieri, PietroEnciclopedia dantesca, Rome, Istituto dell’Enciclopedia Italiana, 1970, mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/pietro-alighieri_%28Enciclopedia-Dantesca%29/
2 Arnaldo D’AddarioAlighieri, Francesco, Dizionario biografico degli italiani, vol. 2, Rome, Istituto dell’Enciclopedia Italiana, 1960, mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/francesco-alighieri_(Dizionario-Biografico)/.
3 Jacques Duèze ou Duèse (Cahors, 1244 – Roquemaure, 1334) : issu d’une famille de la bourgeoisise aisée de Cahors, devient le 196e pape de l’Église catholique en 1316 sous le nom de Jean XXII.
4 Louis III de Bavière (1282 – 1347), élu roi des Romains en 1314 puis couronné empereur des Romains sous le nom de Louis IV, régna de 1328 à 1347. Il s’est fermement opposé à la papauté, notamment à Jean XXII.
5 Francesco Mazzoniop. cit.
6 Les chants VI de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis de la Divine Comédie, selon un schéma scolastique traditionnel et consolidé, sont appelés chants politiques parce qu’ils correspondent en termes d’affinité thématique (la politique), et parce que même dans le cadre de la discussion sur un même thème, on y observe un élargissement progressif des horizons. Dante, en effet, ordonne ses invectives selon un point culminant ascendant (Florence en Enfer (La tua città, ch’è piena / d’invidia sì che già trabocca il sacco), l’Italie au Purgatoire (Ahi serva Italia, di dolore ostello, nave sanza nocchiere in gran tempesta / non donna di province, ma bordello!) et l’Empire au Paradis), établissant une analogie avec la verticalité de l’espace. Même les personnages qui interagissent avec Dante varient : du florentin Ciacco de l’Enfer, coupable de gourmandise, au troubadour Sordello da Goito du Purgatoire jusqu’à l’empereur Justinien du Paradis.

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