Yubal, Iubal ou Jubal : dans la Genèse, il apparaît comme le fils de Lamech [1]Lamech ou Lémec, fils de Méthusaël, est issu de la lignée de Hénoch, dont il est l’arrière-arrière-petit-fils. C’est le premier polygame mentionné dans la Bible ((« Caïn connut sa femme; elle conçut, et enfanta Hénoc. Il bâtit ensuite une ville, et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc. Hénoc engendra Irad, Irad engendra Mehujaël, Mehujaël engendra … Poursuivre, puisqu’il a deux femmes :
- Ada, mère de Jabal « le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux », et de Jubal
- Tsilla, mère de Toubal-Caïn « qui forgeait tous les instruments d’airain et de fer » et d’une fille Nahama.)) et d’Ada ; il descend de Caïn, et a un frère, Jabal et un demi-frère, Tubal-Caïn.
« Avec Iubal, c’est l’invention de la musique qui est célébrée : ipse fuit pater canentium cithara et organo (Gn 4, 21). Il n’y a pas de discussion sur l’identification précise de ces instruments, mais une note interlinéaire au-dessus de cithara, chez Nicolas de Gorran, indique « vel viella secundum iudeoss [2]Ms. BnF lat. 14416, fol. 32vb. Note de l’auteur. », tandis que Nicolas de Lyre précise « Hebrei dicunt in melo et cithara [3]Nicolas de Lyre, Postilla, col. 121. Note de l’auteur. » – en hébreu, il y a kinor et ‘ugav, qui ne correspondent pas à ce que dit Nicolas de Lyre [4]Voir la belle notice d’Edith GERSON-KIWI, « Musique (dans la Bible) », Dictionnaire de la Bible, Suppl., t. V, Paris, Letouzey et Ané, 1957, col. 1411-1468 (sur kinor, « lyre », col. 1424-1426 ; sur ‘ugav, « flûte » ou « chalumeau », col. 1428-1429). Il semblerait que kinor soit un terme générique pour désigner les instruments à cordes, ‘ugav, pour les … Poursuivre. Si, pour Pierre de Jean Olieu, Iubal est le « grand inventeur de l’art de la musique et des instruments de musique [5]Éd. FLOOD, p. 185 : « magnus inventor artis musicae et musicorum instrumentorum. » Note de l’auteur. », Hugues de Saint-Cher fait observer qu’il n’est pas l’inventeur des instruments de musique, mais des « consonances », ce qui est mieux expliqué par Nicolas de Gorran :
‘Il n’est pas dit qu’il ait inventé la cithare, qui résonne par percussion [on « frappe » sur les cordes], et l’orgue, par le souffle, mais parce qu’il trouva les consonances, qu’il saisit par le choc de maillets… [6]Ms. BnF lat. 144416, fol. 32vb : « Hoc non dicitur quia citharam que sonat percussione et organ<um> autem flatu invenerit, sed quia adinvenerit consonancias quas per sonos malleorum intellexit, et ita artem scripsit, ut dicit » Voir HUGUES DE SAINT-CHER, fol. 8ra : « Pater canentium fuit, non instrumentorum, quae longe post inventa fuerunt, sed consonantiarum. » On rapprochera cela de … Poursuivre’ [7]Gilbert Dahan, « Mythe et histoire dans l’exegèse médiévale de la genèse. Quelques notes préliminaires », dans Revue des sciences philosophiques et théologiques, 2015/1 (Tome 99), pp. 97-120. »
PIROT Louis, ROBERT André (commencé par) et CAZELLES Henri, Dictionnaire de la Bible, Paris, Letouzey & Ané, 1957-1960.
Notes
| 1↑ | Lamech ou Lémec, fils de Méthusaël, est issu de la lignée de Hénoch, dont il est l’arrière-arrière-petit-fils. C’est le premier polygame mentionné dans la Bible ((« Caïn connut sa femme; elle conçut, et enfanta Hénoc. Il bâtit ensuite une ville, et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc. Hénoc engendra Irad, Irad engendra Mehujaël, Mehujaël engendra Metuschaël, et Metuschaël engendra Lémec. Lémec prit deux femmes : le nom de l’une était Ada, et le nom de l’autre Tsilla. Ada enfanta : il fut le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux. Le nom de son frère était Jubal : il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau. Tsilla, de son côté, enfanta Tubal Caïn, qui forgeait tous les instruments d’airain et de fer. La sœur de Tubal Caïn était Naama. » (Gn 4, 17-22). |
|---|---|
| 2↑ | Ms. BnF lat. 14416, fol. 32vb. Note de l’auteur. |
| 3↑ | Nicolas de Lyre, Postilla, col. 121. Note de l’auteur. |
| 4↑ | Voir la belle notice d’Edith GERSON-KIWI, « Musique (dans la Bible) », Dictionnaire de la Bible, Suppl., t. V, Paris, Letouzey et Ané, 1957, col. 1411-1468 (sur kinor, « lyre », col. 1424-1426 ; sur ‘ugav, « flûte » ou « chalumeau », col. 1428-1429). Il semblerait que kinor soit un terme générique pour désigner les instruments à cordes, ‘ugav, pour les instruments à vent (bois). Note de l’auteur. |
| 5↑ | Éd. FLOOD, p. 185 : « magnus inventor artis musicae et musicorum instrumentorum. » Note de l’auteur. |
| 6↑ | Ms. BnF lat. 144416, fol. 32vb : « Hoc non dicitur quia citharam que sonat percussione et organ<um> autem flatu invenerit, sed quia adinvenerit consonancias quas per sonos malleorum intellexit, et ita artem scripsit, ut dicit » Voir HUGUES DE SAINT-CHER, fol. 8ra : « Pater canentium fuit, non instrumentorum, quae longe post inventa fuerunt, sed consonantiarum. » On rapprochera cela de ce que nous dit le compositeur Maurice Emmanuel (1862-1938) de ses premières émotions musicales à l’écoute du rythme des machines de l’imprimerie paternelle (voir C. CORBIER, Maurice Emmanuel, Paris, Bleu nuit, 2007, p. 10). Note de l’auteur. |
| 7↑ | Gilbert Dahan, « Mythe et histoire dans l’exegèse médiévale de la genèse. Quelques notes préliminaires », dans Revue des sciences philosophiques et théologiques, 2015/1 (Tome 99), pp. 97-120. |
