Au XVe siècle, dans les riches familles de Toscane, il était fréquent que des plateaux historiés et ornés soient offerts à l’occasion de la naissance d’un enfant. A l’origine, le desco da parto (littéralement : « plateau de naissance » ou « plateau d’accouchée »), élément important de la culture de l’époque, faisait partie des objets de cérémonie utilisé lors des couches, avant de perdre leur fonction utilitaire pour devenir de véritables œuvres d’art. Au même titre que les cassoni (coffres de mariages) et autres spalliere propres à commémorer un événement familial, le desco da parto célèbre la venue au monde d’un nouvel enfant, non sans témoigner au passage des aspirations des familles qui les possédaient.
Tandis que les plus riches commandaient spécifiquement de tels objets et dictaient vraisemblablement le type d’image que l’artiste devait peindre, de nombreux exemplaires semblent avoir été exécutés pour le marché où ils étaient mis en vente. Ils pouvaient représenter des scènes de l’Antiquité classique, des scènes de l’Ancien Testament ou encore des allégories par lesquelles la famille souhaitait que ses enfants – et naturellement par extension elle-même – soient représentés. Ils pouvaient ensuite être personnalisés en y ajoutant les armoiries de la mère et du père ou d’autres inscriptions. À l’époque, ce type d’objet demeurait hautement personnel, même une fois le destinataire parvenu à l’âge adulte ; ce n’est pas un hasard si l’un des plateaux de naissance les plus célèbres qui aient survécus, le Triomphe de la renommée peint par le Scheggia pour commémorer la naissance de Laurent de Médicis [1]Longtemps en dépôt au Metropolitan Museum of Art de New York, l’œuvre est dorénavant conservée dans une collection privée. a été répertorié parmi les objets de la chambre du prince au moment de sa mort.


Notes
| 1↑ | Longtemps en dépôt au Metropolitan Museum of Art de New York, l’œuvre est dorénavant conservée dans une collection privée. |
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