Pietà (Vierge de piété)

« Abréviation de Domina Nostra de Pietate [1]Notre Dame de pitié., le terme Pietà désigne « la Mater dolorosa (« mère douloureuse ») qui pleure la disparition de son fils. Il peut donc désigner la Vierge non seulement quand elle se tient au pied de la croix – comme dans la fameuse prière du Stabat Mater Dolorosa –, mais aussi quand elle reçoit le corps de son fils dans les bras avant la Mise au tombeau. Par conséquent, certains auteurs ne font pas la distinction entre Pietà et Lamentation : ils considèrent qu’en dépit de la différence formelle les deux images proposent le même contenu, d’autant que certaines Lamentation s’organisent autour d’une Pietà centrale. En France1, Émile Mâle est de ceux qui donnent une définition confuse du thème de la Pietà : « La Vierge de Pitié est […] représentée seule avec son fils. Il arrive cependant que deux personnages l’accompagnent, ceux qui après Marie aimèrent le plus tendrement le maître, saint Jean et Marie Madeleine2. » Pour lui, une Pietà est donc indifféremment une image de la Vierge seule avec son fils ou entourée de plusieurs personnages, ce qui est résolument contradictoire. De même, dans son ouvrage consacré aux symboles de l’art chrétien, Georges Ferguson déclare : « Pietà is the title commonly given to representation of the Virgin, Mary Magdalen and others lamenting over the body of Christ after the Crucifixion 3 »et, plus récemment, l’ouvrage consacré à la restauration de la Lamentation de Fra Bartolomeo conservée au palais Pitti s’intitule La Pietà di Pitti restaurata 4. Parallèlement, les grandes synthèses iconographiques5 et même les dictionnaires les plus récents6 réservent traditionnellement le terme Pietà aux images montrant la Vierge Marie se recueillant seule sur le corps de son fils. Afin d’éviter les confusions et, puisque la distinction a tout de même cours depuis de nombreuses années, nous nous rallions à eux et nous prenons soin de faire la distinction entre Pietà (Vierge seule) et Lamentation (accompagnée d’autres personnages) [2]Amélie Bernazzani. Un seul corps. La Vierge, Madeleine et Jean dans les Lamentations italiennes, ca. 1272-1578, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, Presses universitaires de Rennes, 2018, pp. 45-46. ».

Notes

Notes
1 Notre Dame de pitié.
2 Amélie Bernazzani. Un seul corps. La Vierge, Madeleine et Jean dans les Lamentations italiennes, ca. 1272-1578, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, Presses universitaires de Rennes, 2018, pp. 45-46.

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