
Gislebert [1]Gislebertus ou Gislebert, sculpteur français actif au XIIe s. Son nom n’est connue que par l ’inscription « Gislebertus Hoc Fecit » (« Gislebertus a fait cela ») gravée sous la mandorle contenant, au centre du tympan, la représentation du Christ en gloire. Il est cependant possible que cette signature désigne le commanditaire ou une personnalité … Poursuivre, XIIe s.
Le Jugement dernier, v. 1130-1140.
Tympan de la façade septentrionale de la cathédrale d’Autun, 441 x 800 cm.
Inscriptions :
- (au bas de la mandorle portée par quatre anges) : « OMNIA DISPONO SOL/VS / MERITOS [QUE] CORONO / QVOS SCELVS EXERCET ME / IVDIC[E PO]ENA COERCET » [2]« Seul je dispose toutes choses, seul je couronne le mérite ; ceux que le crime entraîne, je les juges et je les châtie »..
- (sur la partie gauche du linteau où figure la résurrection des élus) : « QUISQ(UE) RESURGET ITA Q(U)EM N(ON) TRAHIT IMPIA VITA / ET LVCEBIT EI SINE FINE LVCERNA DIEI » [3]« Ainsi ressuscitera quiconque ne mène pas une vie impie ; et luira pour lui sans fin la lumière du jour »..
- (au centre du linteau, sous la mandorle du Christ) : « GISLEBERTVS HOC FECIT » [4]« Gislebert a fait cela. ».
- (sur le côté droit du linteau, du côté des damnés) : « TERREAT HIC TERROR QVOS TERREVS ALLIGAT ERROR * NAM FORE SIC VERVM MOTAT HIC HORROR SPECIERU(M) » [5]« Qu’ici la terreur terrifie ceux que l’erreur terrestre ligote car l’horreur de ces images signifie que tel sera leur sort. ».
Provenance : In situ.
Autun (Saône et Loire), Cathédrale Saint Lazare.

Le tympan de la façade septentrionale de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun mêle à l’iconographie du Jugement dernier celle du Christ en gloire. Trônant au sein d’une mandorle portée par quatre anges, le Christ-Juge est entouré à sa droite des élus accédant au Paradis où il sont accueillis par saint Pierre, reconnaissable grâce à la clé qui l’accompagne et dont les dimensions hors d’échelle sont faites pour désigner l’apôtre au regard. Dans la scène située immédiatement au-dessus, Vierge Marie intercède auprès de son Fils. À gauche, l’archange saint Michel, « chef de la milice céleste », procède à la pesée des âmes sous l’œil de diables qui, tout en symbolisant le poids des péchés des malheureux, sont prêts à admettre ces derniers parmi les damnés de l’Enfer.
Le trumeau [6]Dans l’architecture des églises, le trumeau est un pilier, colonne ou un meneau divisant un portail en deux et supportant le linteau sur lequel s’appuie le tympan. Sa fonction consiste à soulager le linteau (fonction parfois appuyée par un arc de décharge) et donner à l’accès plus de largeur dans les églises … Poursuivre, qui date d’une restauration du XIXe siècle, représente Lazare et ses deux sœurs, Marthe et Marie de Bethanie
En 1766, sous prétexte d’embellissement, l’œuvre est mutilée par les chanoines d’Autun qui décident de dissimuler le tympan derrière un écran de briques et de plâtre afin de lui substituer un décor classique peint, conforme au goût de l’époque. Pour parvenir à ce beau résultat, les parties saillantes du relief, telle la tête du Christ, sont bûchées. Redécouvert en 1837, grâce à la perspicacité du chanoine Devoucoux qui s’appuie alors sur le procès-verbal d’une enquête de 1482 portant sur l’authenticité des reliques de saint Lazare, le tympan est dégagé de sa gangue de plâtre sous la direction de Robertin, architecte parisien.
Il est l’objet d’une première campagne de restauration, puis en 1879 d’un moulage destiné au musée des Monuments Français qui est inauguré en 1882 avec, à sa direction, Dechaume collaborateur direct de Viollet-le-Duc. La tête du Christ, détachée du tympan au XVIIIe siècle, et préservée de la destruction par des collectionneurs privés, figure dans le Dictionnaire raisonné de l’Architecture de Viollet-le-Duc ; elle regagne les collections de la Société Eduenne en 1895 et n’est identifiée comme telle qu’en 1948 par le Chanoine Grivot qui la replace alors sur le buste du Christ en Majesté.

Notes
| 1↑ | Gislebertus ou Gislebert, sculpteur français actif au XIIe s. Son nom n’est connue que par l ’inscription « Gislebertus Hoc Fecit » (« Gislebertus a fait cela ») gravée sous la mandorle contenant, au centre du tympan, la représentation du Christ en gloire. Il est cependant possible que cette signature désigne le commanditaire ou une personnalité locale impliquée dans la mise en œuvre de l’édifice. Dans ce cas, le nom du maître du tympan demeurerait inconnu, comme d’ailleurs celui de nombreux artistes d’une époque où la valeur de l’entreprise collective primait sur la démarche individuelle (*).
(*) Linda Seidel, Legends in Limestone. Lazarus, Gislebertus, and the Cathedral of Autun, Chicago, The University of Chicago Press, 1999. |
|---|---|
| 2↑ | « Seul je dispose toutes choses, seul je couronne le mérite ; ceux que le crime entraîne, je les juges et je les châtie ». |
| 3↑ | « Ainsi ressuscitera quiconque ne mène pas une vie impie ; et luira pour lui sans fin la lumière du jour ». |
| 4↑ | « Gislebert a fait cela. » |
| 5↑ | « Qu’ici la terreur terrifie ceux que l’erreur terrestre ligote car l’horreur de ces images signifie que tel sera leur sort. » |
| 6↑ | Dans l’architecture des églises, le trumeau est un pilier, colonne ou un meneau divisant un portail en deux et supportant le linteau sur lequel s’appuie le tympan. Sa fonction consiste à soulager le linteau (fonction parfois appuyée par un arc de décharge) et donner à l’accès plus de largeur dans les églises importantes. Monolithe ou appareillé, il devient sculpté ou historié dans l’architecture romane dont l’invention architecturale a consisté à animer la structure de la porte, au moment même où les artistes romans ont imaginé les piliers composés et les arcades à double rouleau, dans le deuxième quart du XIXe siècle. |

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