Johannes Scottus Eriugena ou John Scottus Eriugena ou Jean Scot Érigène ou Érigène (…, v. 790/800 – …, v. 877) : « identifié comme un Irlandais (scottus), [il] usa du nom de plume « Eriugena » (ce qui signifie « né Irlandais ») pour signer un seul manuscrit, [et] fut le principal penseur de la renovatio carolingienne, un penseur bien plus original, profond et systématique que Alcuin [1]Alcuin (Yorkshire, v. 735 – Tours, 804) : poète, savant et théologien anglais, il a joué un rôle primordial dans la renaissance carolingienne et le retour du latin. En mars 781, envoyé en mission auprès du pape, il rencontre à cette occasion le roi des Francs Charles (futur Charlemagne) à Pavie. Le roi le prend à son service. Avec les autres clercs anglo-saxons de la cour, il … Poursuivre ou Hilduin [2]Hilduin (…, entre 775 et 785 – Prüm, 840 ou, plus probablement, entre 855 et 858) : aristocrate et dignitaire ecclésiastique de la cour impériale carolingienne, traducteur en latin des œuvres de Denys l’Aréopagite.. Né quelque part en Irlande, il apparaît pour la première fois dans l’histoire officielle comme un disputant théologien, clerc et enseignant (magister), doté d’une réputation extraordinaire pour son enseignement, dans la cour itinérante de Charles le Chauve, qui se déplaçait dans les centres royaux et monastiques variés de la région d’Île-de-France. Érigène est d’abord mentionné comme un spécialiste des arts libéraux, mais fut ensuite engagé comme disputant théologien dans un débat sur la prédestination. À la suite de quelques difficultés avec les autorités ecclésiastiques au sujet de son De divina praedestinatione [3]Voir G. MADEC (éd.), Johannes Scot(t)us seu Eriugena – De divina praedestinatione liber, Corpus Christianorum Continuatio Medievalis, vol. 50, Turnhout, Brepols, 1978., il réapparaît comme le traducteur des textes chrétiens grecs, en particulier des travaux de Denys l’Aréopagite, nommé à cette tâche par le roi Charles lui-même. Cependant, son travail philosophique le plus original et le plus créatif est son dialogue cosmologique extraordinaire, Periphyseon (également connu sous le titre De divisione naturae, ca. 862-ca. 867). » [4]Dermot Moran et Juliette Lemaire, « Jean Scot Érigène, La connaissance de soi et la tradition idéaliste », Les Études philosophiques, n° 104, 2013/1, pp. 29-56.
Notes
| 1↑ | Alcuin (Yorkshire, v. 735 – Tours, 804) : poète, savant et théologien anglais, il a joué un rôle primordial dans la renaissance carolingienne et le retour du latin. En mars 781, envoyé en mission auprès du pape, il rencontre à cette occasion le roi des Francs Charles (futur Charlemagne) à Pavie. Le roi le prend à son service. Avec les autres clercs anglo-saxons de la cour, il généralise l’emploi du latin dans la rédaction des textes officiels, les capitulaires. |
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| 2↑ | Hilduin (…, entre 775 et 785 – Prüm, 840 ou, plus probablement, entre 855 et 858) : aristocrate et dignitaire ecclésiastique de la cour impériale carolingienne, traducteur en latin des œuvres de Denys l’Aréopagite. |
| 3↑ | Voir G. MADEC (éd.), Johannes Scot(t)us seu Eriugena – De divina praedestinatione liber, Corpus Christianorum Continuatio Medievalis, vol. 50, Turnhout, Brepols, 1978. |
| 4↑ | Dermot Moran et Juliette Lemaire, « Jean Scot Érigène, La connaissance de soi et la tradition idéaliste », Les Études philosophiques, n° 104, 2013/1, pp. 29-56. |
