Parfois considérées comme les filles de Melpomène, de Terpsichore ou de Calliope, les Sirènes, remarquables musiciennes, auraient perdu leurs ailes à la suite d’un concours de chant avec les Muses : ces dernières auraient arraché leurs plumes pour s’en faire des couronnes. Honteuses de leur déchéance, elles se seraient alors réfugiées dans les rochers de la côte méridionale de l’Italie, d’où elles attirent les navigateurs. Ainsi chantent-elles, en promettant au marin Ulysse de lui donner le pouvoir de connaître à l’avance tous les événements à venir. Le héros résiste, car il sait par Circé que leur chant est signe de mort. Son désir est pourtant immense : « Elles disaient, lançant leur belle voix, et dans mon cœur, je brûlais d’écouter. » [1]HOMÈRE, Odyssée, XII, 192-193.
Alors que, dans le chant XII de l’Odyssée, Ulysse et ses compagnons s’apprêtent à quitter l’ile de Circé, la magicienne les prévient : ils vont croiser sur leur route les Sirènes, monstres féminins dotées d’un talent exceptionnel de musiciennes qui, par les accents magiques de leur chant, accompagné au son des lyres et des flûtes, charment les marins et les attirent sur les récifs sur lesquels ils viennent s’échouer et mourir dévorés par les enchanteresses après le naufrage de leur navire [2]Dans le chant XII de l’Odyssée, les Sirènes sont décrites couchées dans l’herbe au bord du rivage entourées par les « amas d’ossements et les chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr ». Homère, Odyssée, XII, 50 et suiv..
La nature hybride des Sirènes, mi-femmes, mi-oiseaux, est expliquée par la mythologie comme une punition qui les relie au monde infernal [3]Filles du fleuve Achéloos et de la Nymphe Melpomène, ou filles du dieu marin Phorcys, les Sirènes auraient été transformées en monstres par Déméter, furieuse qu’elles aient laissé Hadès, le dieu des Enfers, enlever sa fille Perséphone, alors que Zeus leur avait donné des ailes pour sauver Perséphone.. Sur les monuments funéraires, elles figuraient des divinités léthifères, porteuses de mort, chantant au son de la lyre et laissant supposer des intentions érotiques à l’égard du héros décédé.
Leur nombre varie selon les récits et leurs noms évoquent leur charme et leur beauté : Thelxiépia (« Enchanteresse »), Himéropa (« Douce »), Leucosia (« Blanche »), Ligeia (« Mélodieuse »), Parthénope (« Visage de jeune fille »), Peisinoé (« Persuasive »), Agtaopé (« Beau visage »), Aglaophonos (« Belle voix »), Molpé (« Mélopée »), Thelxiopé (« Persuasive »), Têtes (« Parfaite »)…
Notes
| 1↑ | HOMÈRE, Odyssée, XII, 192-193. |
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| 2↑ | Dans le chant XII de l’Odyssée, les Sirènes sont décrites couchées dans l’herbe au bord du rivage entourées par les « amas d’ossements et les chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr ». Homère, Odyssée, XII, 50 et suiv. |
| 3↑ | Filles du fleuve Achéloos et de la Nymphe Melpomène, ou filles du dieu marin Phorcys, les Sirènes auraient été transformées en monstres par Déméter, furieuse qu’elles aient laissé Hadès, le dieu des Enfers, enlever sa fille Perséphone, alors que Zeus leur avait donné des ailes pour sauver Perséphone. |
