Plus connus aujourd’hui sous l’appellation de « cuirs de Cordoue », les « corami » [1]Corame (plur. : corami) du lat. corium : cuir travaillé et imprimé, à motifs décoratifs, principalement utilisé sous forme de panneaux pour l’ameublement et la tapisserie, pour les paliotti (devant-d’autels) ou dans la reliure des livres, le revêtement de chaises, de coffres, d’étuis et d’objets divers. ou les « guadamecil » [2]Le cuir peint ou travaillé de manière artistique est aussi appelé guadamecil, guadamecí ou encore guadamací ; s’il a une surface dorée ou argentée, son appellation devient guadamecí brocado., précieux cuirs argentés ou dorés [3]« Les cuirs dorés se définissent par la présence, collée sur le cuir, d’une feuille d’argent qui prenait un aspect doré après l’application sur sa surface d’un vernis jaune. Quand on n’appliquait pas de vernis jaune, la couleur de l’argent restait apparente ; on parlait alors de cuir argenté. Secondairement, il était possible de peindre cette surface, de lui imprimer des … Poursuivre, constituaient un luxueux type de décor mural qui pouvait varier d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre, sans que cela détermine à coup sûr une origine géographique précise. On estime que ces décors de tous types et de tous motifs apparurent à Cordoue à la fin du premier millénaire, après la conquête arabe. Les cuirs dorés espagnols atteignirent leur apogée au XVIe siècle [4]Dans son Journal de voyage en Italie, Montaigne décrivait certaines grandes villes d’Italie et observait qu’à Rome, « les logis […] sont communément meublés, un peu mieux qu’à Paris, d’autant qu’ils ont grand’ foison de cuir doré, de quoi les logis qui sont de quelque prix sont tapissés. » Michel de MONTAIGNE, « Rome », dans Journal de voyage de Michel de … Poursuivre et périclitèrent presque totalement au XVIIe siècle. Toutefois, ils ne disparurent pas pour autant d’Europe, bien au contraire, car des ateliers s’étaient installés dès le XIVe siècle dans la plupart des autres pays européens, notamment en Italie [5]Les centres de maroquinerie les plus renommés d’Italie se trouvaient à Naples, Rome, Bologne, Ferrare et surtout Venise., en France et dans les Flandres. Partout la fabrication de ces décors s’interrompit le plus souvent dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec l’avènement du papier peint. [6]Voir : INP (27 janvier 2021). « La feuille d’argent dans les décors en cuir doré polychrome (XVIe-XVIIIe siècles) », Variations patrimoniales. Le carnet de l’INP, consulté le 20 avril 2025 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12soh. [7]Voir : Jean-Pierre FOURNET, Cuirs dorés, cuirs de Cordoue. Un art européen, Saint-Rémy-en-l’Eau, éditions Monelle Hayot, 2020.
Notes
| 1↑ | Corame (plur. : corami) du lat. corium : cuir travaillé et imprimé, à motifs décoratifs, principalement utilisé sous forme de panneaux pour l’ameublement et la tapisserie, pour les paliotti (devant-d’autels) ou dans la reliure des livres, le revêtement de chaises, de coffres, d’étuis et d’objets divers. |
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| 2↑ | Le cuir peint ou travaillé de manière artistique est aussi appelé guadamecil, guadamecí ou encore guadamací ; s’il a une surface dorée ou argentée, son appellation devient guadamecí brocado. |
| 3↑ | « Les cuirs dorés se définissent par la présence, collée sur le cuir, d’une feuille d’argent qui prenait un aspect doré après l’application sur sa surface d’un vernis jaune. Quand on n’appliquait pas de vernis jaune, la couleur de l’argent restait apparente ; on parlait alors de cuir argenté. Secondairement, il était possible de peindre cette surface, de lui imprimer des dessins à l’aide d’une plaque encrée. Au XVIe siècle, il était habituel de ciseler le cuir avec de petits fers. Il existait des outils, appelés matoirs, qui, par martelage, permettaient d’obtenir ces motifs. Ce n’est qu’en 1628 qu’un brevet fut déposé pour la technique tout à fait révolutionnaire du repoussé qui permettait de réaliser des motifs variés en très fort relief. Le cuir utilisé provenait de peaux de mouton, de chèvre ou de veau, généralement tannées au végétal. On fabriquait des carreaux individuels, qui étaient ensuite reliés par couture pour former de grandes surfaces (pezzi). Les cuirs dorés furent surtout employés pour confectionner des tentures murales mais on en fit également des portières, des tapis de sol (pavimenti), des nappes de table (soprapanni), des rideaux et on en recouvrit aussi des boucliers, des paravents, des sièges et des coussins. Dans le domaine religieux, ils servirent à faire des devants d’autel, des vêtements et des objets liturgiques. » Céline Bonnot-Diconne, « Le décor de cuirs dorés polychromes des chambres du cardinal Ferdinand de Médicis », Studiolo, 9 (2012). L’œuvre et sa présentation. pp. 332-335. DOI : https://doi.org/10.3406/studi.2012.876 |
| 4↑ | Dans son Journal de voyage en Italie, Montaigne décrivait certaines grandes villes d’Italie et observait qu’à Rome, « les logis […] sont communément meublés, un peu mieux qu’à Paris, d’autant qu’ils ont grand’ foison de cuir doré, de quoi les logis qui sont de quelque prix sont tapissés. » Michel de MONTAIGNE, « Rome », dans Journal de voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse & l’Allemagne en 1580 & 1581, vol. 2, Rome / Paris, [Le Jay], 1774, p. 83. |
| 5↑ | Les centres de maroquinerie les plus renommés d’Italie se trouvaient à Naples, Rome, Bologne, Ferrare et surtout Venise. |
| 6↑ | Voir : INP (27 janvier 2021). « La feuille d’argent dans les décors en cuir doré polychrome (XVIe-XVIIIe siècles) », Variations patrimoniales. Le carnet de l’INP, consulté le 20 avril 2025 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12soh. |
| 7↑ | Voir : Jean-Pierre FOURNET, Cuirs dorés, cuirs de Cordoue. Un art européen, Saint-Rémy-en-l’Eau, éditions Monelle Hayot, 2020. |
