Filippo degli Agazzari

Filippo di Leonardo di Cola [1]Fils de Leonardo di Cola., Filippo Agazzari ou Filippo degli Agazzari, également connu sous le nom de Filippo da Siena (Sienne, v. 1338-1339 – Ermitage de San Salvatore di Lecceto, 1422) : religieux et écrivain, il est vénéré par l’Ordre des Augustins.

« Grâce à un long document privé, rédigé par Agazzari lui-même en juillet 1414 pour certifier les termes de l’accord entre son frère Niccolò (qui était gonfalonier de la République de Sienne) et lui-même, concernant le partage de l’héritage de son père [2]Ce souvenir se trouve avant le texte des récits. Le texte, autographe, en est conservé à la Biblioteca Comunale di Siena, dans un codex composite siglé B IX 18 ; il a été édité dans Filippo degli AGAZZARI, GliAssempri’ (Piero MISCIATTELLI, éd.), Sienne, Bentivoglio, 1922., nous savons qu’il prit l’habit augustinien en 1353 « l’anno che io mi feci frate, ciò fu nell’anno mille trecento cinquanta e tre, el dì di Santo Salvestro » (« l’année où je suis devenu moine, c’était en l’an mil trois cent cinquante-trois, le jour de la Saint-Salvestre (sic) », écrit-il [3]Filippo degli AGAZZARI, Gli ‘Assempri’op. cit., p. 24., sous le prieurat de Niccolò Tini. « Io allora n’ebbi conseglio da frate Niccolo Tini priore del convento […], el quale mi misse all’Ordine […] » nel convento di Selva del Lago, « […] de frati romitani di Santo Augustino […] » [4]Ibid. (« Je suivis alors les conseils du frère Niccolò Tini, prieur du couvent, qui me plaça dans l’Ordre » au couvent de Selva del Lago, « des frères ermites de Saint-Augustin ») [5]Ibid., p. 23., aujourd’hui appelé Lecceto. À partir de ces données, les biographes, supposant que Filippo est entré au couvent à l’âge d’environ quinze ans, selon la pratique de l’époque, ont établi la date de naissance de l’Augustin vers 1338-1339. En 1363, il assuma la charge de diacre à l’ermitage de San Leonardo al Lago et, de retour à Lecceto en 1398, il fut nommé prieur et vicaire général de l’ordre des Augustins (poste qu’il occupa jusqu’à sa mort). À partir de ce moment, il ne quitta plus Lecceto, sauf pour une brève période en 1408, lorsqu’il s’installa à Sienne, au couvent de San Martino, appartenant à l’ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, qu’il quitta cependant après quelques mois en raison de désaccords avec les chanoines eux-mêmes. Son prieurat vit la réalisation d’importants travaux dans l’ermitage de Selva del Lago, comme la construction de l’imposante tour carrée destinée à défendre l’ermitage et la ville de Sienne (1404-1407). D’un point de vue purement culturel, il est responsable du début de la rédaction du premier noyau de manuscrits enluminés pour la bibliothèque du chœur, en même temps qu’il se consacre à l’écriture de son œuvre principale : les ‘Assempri’. [6]Les ‘Assempri’ (*) occupent une place prépondérante dans la littérature religieuse des XIVe et XVe siècles. Ils constituent un recueil de soixante-deux récits qui se veulent édifiants (plusieurs bienheureux de Lecceto en sont les protagonistes). Ces récits exemplaires (d’où leur dénomination) sont également précieux parce qu’ils contribuent à la connaissance des coutumes et … Poursuivre [7]D’après Simone CASAGLIA, « Memorie e rappresentazioni del Trecento senese negli « Assempri » di Filippo Agazzari », Analecta Augustiniana, LXXV (2012), pp. 51-53 ; Daniela CASAROTTO, « Tra exemplum e novella: Un confronto tra alcuni « assempri » di Filippo degli Agazzari e le loro fonti », Augustiniana, Vol. 50, No. 1/4 (2000), pp. 257-296.

Notes

Notes
1 Fils de Leonardo di Cola.
2 Ce souvenir se trouve avant le texte des récits. Le texte, autographe, en est conservé à la Biblioteca Comunale di Siena, dans un codex composite siglé B IX 18 ; il a été édité dans Filippo degli AGAZZARI, GliAssempri’ (Piero MISCIATTELLI, éd.), Sienne, Bentivoglio, 1922.
3 Filippo degli AGAZZARI, Gli ‘Assempri’op. cit., p. 24.
4 Ibid.
5 Ibid., p. 23.
6 Les ‘Assempri’ (*) occupent une place prépondérante dans la littérature religieuse des XIVe et XVe siècles. Ils constituent un recueil de soixante-deux récits qui se veulent édifiants (plusieurs bienheureux de Lecceto en sont les protagonistes). Ces récits exemplaires (d’où leur dénomination) sont également précieux parce qu’ils contribuent à la connaissance des coutumes et croyances populaires de l’époque. Il s’agit d’écrits aux sujets variés, qui vont de la fiction ou du fantastique (où la morale spirituelle sert de guide contre le diable, maître du monde et corrupteur des âmes) à l’histoire, et dont beaucoup sont consacrés à Sienne et influencés par les grands événements et autres bouleversements de son époque (la peste de 1348, la chute des Neuf, pour ne citer que deux exemples frappants). Sienne, qu’Agazzari ne manque pas de critiquer, la qualifiant de repaire de vanité, d’usure et de plaisirs immodérés, est également présente dans les récits.

(*) Assempro (archaïque) : forme alternative de l’italien esempio (exemple ou, plus précisément, exemplum.

7 D’après Simone CASAGLIA, « Memorie e rappresentazioni del Trecento senese negli « Assempri » di Filippo Agazzari », Analecta Augustiniana, LXXV (2012), pp. 51-53 ; Daniela CASAROTTO, « Tra exemplum e novella: Un confronto tra alcuni « assempri » di Filippo degli Agazzari e le loro fonti », Augustiniana, Vol. 50, No. 1/4 (2000), pp. 257-296.

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