En tant que gardien du gonfalone (gonfalon : l’étendard municipal), le gonfalonier (gonfaloniere) avait diverses significations dans la constitution municipale, en particulier dans les villes toscanes. Parmi celles-ci, on trouvait le gonfalonier de la compagnie et le gonfalonier de justice. Les premiers furent ordonnés à Florence dans la constitution du Primo Popolo (1250), leur attribuant le commandement des compagnies armées du peuple, organisées militairement selon les districts topographiques. Par la suite, ces gonfaloniers, avec les Buonomini, fondèrent à Florence les soi-disant collèges qui, avec les prieurs des Arts, formèrent l’organe central de gouvernement qu’était la Seigneurie. Le Gonfalonier de Justice, dans la constitution florentine imitée plus tard dans d’autres communes, commença en 1289, comme capitaine de mille hommes armés « pour la défense du peuple et des recteurs contre la violence des Nobles » ; mais sa fonction était précisément définie par les Ordinamenti di giustizia (Ordonnances de Justice) de 1293, qui faisaient de lui le chef du collège des prieurs. Au parlement public, il reçut « la bannière des armes du peuple, avec la croix rouge sur fond blanc », et à la tête de mille hommes armés, il assura l’exécution des ordonnances de justice. Ayant établi son propre magistrat en 1306 avec des responsabilités militaires plus spécifiques (l’exécuteur des ordonnances de justice), le Gonfalonier de justice demeura le chef du gouvernement civil et dura à Florence aussi longtemps que la constitution républicaine. Avec la principauté, jusqu’à une époque récente où les maires ont pris le pouvoir, les gonfalonieri, ayant perdu l’attribut de justice, sont restés à la tête des magistrats de la communauté. Il importe de mentionner également le Gonfalonier de l’Église, titre de la plus haute dignité, que les pontifes accordaient aux personnalités méritantes du Saint-Siège, avec l’obligation de défendre leurs raisons et leurs droits. [1]D’après Bernardino Barbadoro, « Gonfaloniere », Enciclopedia Italiana (1933).
Notes
| 1↑ | D’après Bernardino Barbadoro, « Gonfaloniere », Enciclopedia Italiana (1933). |
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