Le grand-duché est fondé en 1569-1570 par Côme Ier de Médicis, duc de Florence, créé grand-duc de Toscane par le pape Pie V le 27 août 1569, avant d’être également investi par l’empereur Maximilien II le 5 mars 1570. Le grand-duché, alors composé de l’ancienne République de Florence (officiellement République florentine) et de la République de Sienne, annexée à la république de Florence en 1555, est offert par Charles Quint à son allié le duc Côme de Médicis.
En 1737, le duc François-Étienne renonçant à la Lorraine à l’issue de la guerre de succession polonaise, se voit donner en échange le grand-duché de Toscane. La maison de Habsbourg-Lorraine conserve le territoire jusqu’en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte le transforme en royaume d’Étrurie, établi en faveur de Louis Ier de Parme et sa descendance par le traité d’Aranjuez (21 mars 1801) entre la France et l’Espagne, avec clause de réversion à la famille royale d’Espagne. Cependant, l’Étrurie est ensuite cédée à la France par le traité secret de Fontainebleau du 27 octobre 1807, et intégré dans l’Empire français, avec Parme et Plaisance, par décret du 24 mai 1808. Le 2 mars 1809, le « gouvernement général des départements formant la Toscane » est élevé à la grande dignité de l’Empire, et il est attribué le lendemain à la sœur de Napoléon, Élisa Bonaparte. Ce ne fut jamais, à proprement parler, un grand-duché souverain mais un titre honorifique puisque la Toscane faisait partie de l’Empire français.
Le grand-duché perdure après l’effondrement napoléonien en 1814, mais redevient indépendant, puis rendu, légèrement agrandi, à Ferdinand III de Habsbourg-Lorraine, souverain qui avait régné jusqu’en 1801, lequel se voit également reconnaître le droit de réversion sur le duché de Lucques. A l’occasion de l’annexion de ce duché en 1847, le Grand-Duc Léopold II abolit la peine de mort et, au début de l’année suivante, accorde également une constitution (le Statut Fondamental). Néanmoins, le pouvoir ayant été pris par les forces démocratiques extrêmes, le Grand-Duc se trouve bientôt dans une mauvaise situation et, au début de 1849, décide de fuir d’abord à Sienne puis à Gaète, alors partie des États pontificaux, jusqu’à son rétablissement en avril par les Autrichiens. Sous la pression de ces derniers, le Statut sera révoqué en 1852, et la peine de mort rétablie ; ce n’est qu’en 1855 que la garnison autrichienne sera finalement retirée.
En 1859 éclate la guerre entre l’alliance franco-sarde et l’empire d’Autriche. Le Grand-Duc, ne voulant pas se ranger aux côtés de la Maison de Savoie, mais ne voulant pas non plus verser le sang des patriotes italiens, abandonne pacifiquement le Grand-Duché le 27 avril 1859. Avec la paix de Villafranca (11 juillet 1859), Léopold obtient, grâce à l’Autriche, le droit de reprendre son trône, solution totalement rejetée localement, un rejet soutenu en sous-main par le royaume de Sardaigne. Conscient de n’être pas accepté, Léopold abdique le 21 juillet en faveur de son fils Ferdinand IV de Toscane. Mais quelques jours plus tard, le 16 août 1859, la maison de Habsbourg-Lorraine est déposée par l’Assemblée nationale du Gouvernement provisoire de Toscane, qui s’était entre-temps installé à Florence. En décembre 1859, la Toscane indépendante disparaît en se joignant aux Provinces-Unies d’Italie centrale, État temporaire sous influence sarde regroupant les régions d’Italie du Nord (avec le duché de Parme, le duché de Modène et le nord des États du pape) souhaitant un rattachement au nouveau royaume d’Italie. Cet État rejoint effectivement l’Italie par le plébiscite du 23 mars 1860.
Le grand-duché comprenait :
- le stato vecchio ou stato fiorentino comprenant Florence et Pise
- le stato nuovo ou stato senese comprenant Sienne et ses dépendances
Il comprenait aussi :
- Montalcino, le vicariat de Radicofani, les îles de l’archipel toscan (Pianosa, Giglio, Monte Cristo) et la part de l’île d’Elbe autour de Porto Ferraio, non occupée par l’Espagne
- Autres possessions :
- le comté de Pitigliano, possession des Orsini, acquise en 1604
- le comté de Santa Fiora, acquise des Sforza en 1633
- Fivizzano en Lunigiana, acquise en 1477
- Pontremoli en Lunigiana, acquise en 1650
- le marquisat de Castiglione, acheté à Silvia Piccolomini par Léonore de Tolède, épouse de Côme Ier
- le vicariat de Pietrasanta
- le vicariat de Barga
- divers fiefs et alleus [1]Alleu : terre franche et libre, contrairement aux fiefs ou aux censives impliquant une redevance seigneuriale. Il s’agit d’une terre ne dépendant donc d’aucune seigneurie foncière. gagnés par Maria della Rovere, épouse du grand-duc Ferdinando II
- le duché de Capistrano et Citta di Penna dans le royaume de Naples
Par l’article 100 de l’acte final du Congrès de Vienne (1815), les territoires suivants sont réunis au grand-duché :
- l’État des Présides
- la partie de l’île d’Elbe et de ses appartenances qui étaient sous la suzeraineté du roi des Deux Siciles avant l’année 1801
- la principauté de Piombino et ses dépendances
- les anciens fiefs impériaux de Vernio, Montauto et Monte Santa Maria Tiberina, enclavés dans le grand-duché
Les grand-ducs Médicis :
- Côme Ier (1537-1574)
- François Ier (1574-1587)
- Ferdinand Ier (1587-1609)
- Côme II (1609-1621)
- Ferdinando II (1621-1670)
- Côme III (1670-1723)
- Jean-Gaston (1723-1737)
Les grand-ducs Habsbourg-Lorraine :
- François de Lorraine (1737-1765) ; empereur (1745-1765).
- Pierre Léopold (1765-1790) ; ensuite empereur Léopold II (1790-1792).
- François II (Ier) ; empereur romain 1792-1806 ; empereur d’Autriche 1804-1835.
- Ferdinand III (1814-1824)
- Léopold II (1824-1859)
- Ferdinand IV (1859)
Notes
| 1↑ | Alleu : terre franche et libre, contrairement aux fiefs ou aux censives impliquant une redevance seigneuriale. Il s’agit d’une terre ne dépendant donc d’aucune seigneurie foncière. |
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