Antonio di Giovanni di Anghiari, communément appelé Antonio di Anghiari ou Maestro Antonio (Anghiari, … – XVe siècle) : peintre, orfèvre et artisan italien décrit comme un « peintre gothique tardif » par l’historien de l’art Roberto Longhi [1]Roberto LONGHI, Piero della Francesca, Londres et New York, Penlock, 1927, p. 132 (trad. de l’italien par Pierre LEGLISE-COSTA, Paris, Hazan, 1989) ; sur Antonio d’Anghiari, voir Franck DABELL, « Antonio d’Anghiari e gli inizi di Piero della Francesca », Paragone/Arte, 417 (1984), pp. 73-84. pour son style encore gothique de la première période de la Renaissance. Jusqu’en 1984, on ne savait rien de certain de l’activité de Piero della Francesca avant son travail dans le chœur de S. Egidio, l’église hospitalière de S. Maria Nuova, à Florence, en 1439. L’intuition de Roberto Longhi selon laquelle Piero aurait pu être l’apprenti d’Antonio di Giovanni, originaire d’Anghiari, de l’autre côté de la vallée du Tibre, face à Borgo San Sepolero, a influencé l’opinion dominante sur les débuts artistiques de Piero. La plupart des chercheurs ont écarté Antonio, le considérant comme peu talentueux et n’ayant eu qu’une influence symbolique sur sa formation. Des documents récemment découverts indiquent cependant clairement que Piero a réalisé plusieurs commandes importantes avec Antonio à Borgo San Sepolcro et dans ses environs avant 1438. Ils indiquent également que, pendant une grande partie des années 1430, Piero a travaillé non pas comme apprenti d’Antonio, mais comme son assistant. L’évaluation d’Antonio d’Anghiari est difficile car aucune de ses peintures n’est connue. L’évaluation de Longhi à son égard était entièrement négative : « Antonio n’était guère plus qu’un artiste de quatrième ordre, grossièrement gothique, dont l’œuvre n’aurait pas fait la moindre impression aux yeux de Piero, même si l’on découvrait un jour que le jeune Piero avait utilisé ses couleurs pour les broyer. » [2]F. DABELL, op. cit. En réalité, les nouveaux documents montrent que Piero a peint avec Antonio pendant au moins six ans et a travaillé avec lui sur au moins cinq commandes, ce qui suggère que l’influence possible d’Antonio sur le jeune Piero devrait être reconsidérée.
Le premier emploi enregistré d’Antonio à Borgo San Sepolcro fut de peindre les insignes du gouverneur pontifical et de la commune sur les portes de la ville, travail pour lequel il fut payé le 27 mai 1430. La papauté venait de reprendre le contrôle de Borgo San Sepolcro après soixante ans de règne des Malatesta. [3]Lorenzo COLESCHI Franco POLCRI, La Storia di San Sepolcro, 1886 (édition revue, San Sepolcro, CLEAT, 1966, pp. 62-69. Le document indique qu’Antonio habitait déjà Borgo plutôt que sa ville natale d’Anghiari, et il le restera pendant la majeure partie des années 1430. Il est cité comme maître, ce qui implique qu’il avait déjà exécuté des commandes, jouissait d’une certaine réputation et avait des apprentis. [4]F. DABELL, op. cit. Il convient également de noter que le père de Piero, Benedetto di Pietro, était témoin du paiement, comme il l’avait été pour plusieurs contrats d’Antonio dans les années 1430. En octobre 1430, Antonio, comme on le sait, s’engagea à peindre le devant du retable à double face, déjà construit, du maître-autel de San Francesco.
Notes
| 1↑ | Roberto LONGHI, Piero della Francesca, Londres et New York, Penlock, 1927, p. 132 (trad. de l’italien par Pierre LEGLISE-COSTA, Paris, Hazan, 1989) ; sur Antonio d’Anghiari, voir Franck DABELL, « Antonio d’Anghiari e gli inizi di Piero della Francesca », Paragone/Arte, 417 (1984), pp. 73-84. |
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| 2↑ | F. DABELL, op. cit. |
| 3↑ | Lorenzo COLESCHI Franco POLCRI, La Storia di San Sepolcro, 1886 (édition revue, San Sepolcro, CLEAT, 1966, pp. 62-69. |
| 4↑ | F. DABELL, op. cit. |
