Maître du Missel de Troyes, « La Conception chrétienne du monde »

Maître du Missel de Troyes (XVe siècle)

La Conception chrétienne du monde, v. 1460-1472.

Enluminure pleine page, manuscrit du texte de Nicolas de Lyre, Postillae super totam Biblam, v. 1460-1472, fol. 1, t. 1 : Super Genesim, Super Deuteronomum [1]Sur la GenèseSur le Deutéronome., 280 folios, détrempe sur parchemin, 25,5 x 19 cm. [2]Le manuscrit est constitué de sept volumes copiés à Langres par Pierre Rouche ; enluminés à Troyes par le Maître du Missel de Troyes (tomes 1-2 et début du tome 3) et à Langres par Guillaume Hugueniot il (essentiel du tome 3, tomes 4-7). 78 miniatures et 44 schémas et illustrations.

Provenance : « Réalisés pour Guy Bernard, évêque de Langres de 1453 à sa mort en 1481 […] ; légué par celui-ci au chapitre cathédral de Langres ; offert au chancelier Pierre Séguier [3]Pierre Séguier (Paris, 1588 – Saint-Germain-en-Laye, 1672) : Chancelier de France sous Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, président à mortier du Parlement de Paris. Il prit part à la fondation de l’Académie française, de l’Académie des inscriptions et de l’Académie de peinture., vraisemblablement par l’entremise de Pierre Blaise, bibliothécaire du chancelier et chanoine de Langres ; Henri-Charles Du Cambout, duc de Coislin, évêque de Metz (1665-1732) ; legs Séguier-Coislin à l’abbaye de Saint-Germain-de-Prés de Paris [4]Abbaye de Bénédictins fondée vers 543 par l’évêque saint Germain, saint Doctrovée qui en fut le premier abbé, et le roi Childebert 1er, avec des moines de Saint-Symphorien d’Autun. D’abord sous le vocable de la Sainte-Croix et de Saint-Vincent, puis appelée Saint-Germain-des-Prés à partir de 754. Elle adhéra à la congrégation de Chezal-Benoît (*) en 1514, puis à … Poursuivre en 1731 ; saisie révolutionnaire en 1795-1796. » [5]Bibliothèque nationale de France. Archives et manuscrits, Latin 11972-11978, https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc73344k

Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Lat. 11972.

Le texte contient les commentaires (postilles) du théologien franciscain Nicolas de Lyre [6]Nicolas de Lyre (La-Vieille-Lyre [Eure], 1270 (?) – Paris, 1340 [?]) : Qualifié de Doctor utilis (Docteur utile), Nicolas de Lyre passait pour le meilleur commentateur de la Bible depuis saint Jérôme. Rédigé au cours des années 1322-1331, ce commentaire littéral sur la Bible, est le dernier du genre pour le Moyen Âge, complété plus tard par un commentaire mystique et morale, a eut … Poursuivre sur l’ancien Testament depuis les Paraboles jusqu’aux Machabées. Chaque livre est introduit par une grande miniature, dont ici la première, au début de la Genèse, se distingue par un programme iconographique particulièrement élaboré, véritable raccourci de la conception chrétienne du monde. La grande scène centrale oppose le monde divin, avec son minuscule Dieu le Père environné de sept rangées d’êtres angéliques, au monde terrestre, au-dessous, microcosme où sont évoqués le paradis terrestre et le péché originel.

La Terre est entourée par l’Océan et par l’Air, peuplé d’oiseaux et d’insectes, suivis à leur tour par les sept cercles de la cosmographie ptoléméenne, et par l’Empyrée. [7]Voir : « Imago mundi ». Représentation de l’univers au Moyen Âge. Aux angles de la page, les évangélistes Matthieu, Jean, Marc et Luc sont associés aux quatre grands prophètes – Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel – et aux patriarches Noé, Abraham, Isaac et Jacob. Dans les six médaillons de la marge de gauche figurent les fondateurs des douze tribus d’Israël, auxquels font face, dans la marge opposée, les douze petits prophètes. Les héros de l’Église chrétienne, apôtres, martyrs, confesseurs et vierges, sont regroupés sous quatre arcades dans la marge inférieure. L’initiale historiée H marque le début du texte et contient la représentation de l’auteur remettant son œuvre à un moine franciscain. Les armoiries du destinataire apparaissent dans le panneau décoratif séparant les deux colonnes de texte.

Notes

Notes
1 Sur la GenèseSur le Deutéronome.
2 Le manuscrit est constitué de sept volumes copiés à Langres par Pierre Rouche ; enluminés à Troyes par le Maître du Missel de Troyes (tomes 1-2 et début du tome 3) et à Langres par Guillaume Hugueniot il (essentiel du tome 3, tomes 4-7). 78 miniatures et 44 schémas et illustrations.
3 Pierre Séguier (Paris, 1588 – Saint-Germain-en-Laye, 1672) : Chancelier de France sous Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, président à mortier du Parlement de Paris. Il prit part à la fondation de l’Académie française, de l’Académie des inscriptions et de l’Académie de peinture.
4 Abbaye de Bénédictins fondée vers 543 par l’évêque saint Germain, saint Doctrovée qui en fut le premier abbé, et le roi Childebert 1er, avec des moines de Saint-Symphorien d’Autun. D’abord sous le vocable de la Sainte-Croix et de Saint-Vincent, puis appelée Saint-Germain-des-Prés à partir de 754. Elle adhéra à la congrégation de Chezal-Benoît (*) en 1514, puis à celle de Saint-Maur (**) en 1631. Incendiée en 1794, sauf l’abbatiale devenue église paroissiale, et le palais abbatial.

(*) Cette congrégation s’unit en 1645 à celle de Saint-Maur par un arrêt ordonnant que les abbayes de Chezal-Benoît, Saint-Vincent du Mans, Saint-Martin de Sées, Saint-Sulpice de Bourges, Saint-Allyre de Clermont, Sainte-Colombe-de-Saint-Denis-lès-Sens et Saint-Pierre de Brantôme formant la congrégation de Chezal-Benoît, demeureront unies à la congrégation de Saint-Maur.
(**) Congrégation de moines bénédictins français fondée en 1618. Connue pour le haut niveau de son érudition, elle tire son nom de saint Maur (mort en 565), disciple de saint Benoît auquel on attribue l’introduction en Gaule de la règle et de la vie bénédictines.

5 Bibliothèque nationale de France. Archives et manuscrits, Latin 11972-11978, https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc73344k
6 Nicolas de Lyre (La-Vieille-Lyre [Eure], 1270 (?) – Paris, 1340 [?]) : Qualifié de Doctor utilis (Docteur utile), Nicolas de Lyre passait pour le meilleur commentateur de la Bible depuis saint Jérôme. Rédigé au cours des années 1322-1331, ce commentaire littéral sur la Bible, est le dernier du genre pour le Moyen Âge, complété plus tard par un commentaire mystique et morale, a eut un immense succès dont témoignent les centaines de copies manuscrites encore conservées. Cet ensemble de sept manuscrits comprend l’intégralité du commentaire du franciscain Nicolas de Lyre sur les livres bibliques.
7 Voir : « Imago mundi ». Représentation de l’univers au Moyen Âge.

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