Baal

Dans l’Ancien Testament, le chapitre 18 du 1er Livre des Rois raconte comment, à l’époque où Achab régnait dans Samarie avec Jézabel, son épouse, fille d’un roi de Tyr, les prêtres de Baal furent massacrés sur le mont Carmel, à l’instigation du prophète Élie. Ce passage biblique révèle également que l’on s’adressait à Baal pour obtenir la pluie.

La venue de la princesse phénicienne Jézabel, qui avait entraîné à sa suite des centaines de prêtres de Baal, avait profondément troublé les Israélites, qui inclinaient alors, en grand nombre, vers les cultes étrangers et étaient sur le point d’abandonner la foi de leurs pères. Seul face aux « quatre cent cinquante prophètes de Baal et [aux] quatre cents prophètes d’Astarté qui mangent à la table de Jézabel » [1]1 R 18, 19., Elie leur proposa de sacrifier un taureau en le plaçant sur un bûcher dont ils n’allumeraient pas le feu. Lui et eux invoqueraient chacun leur divinité et le feu qui embraserait le premier bûcher désignerait le dieu le plus puissant [2]« […] invoquez le nom de votre dieu ; et moi, j’invoquerai le nom de l’Éternel. Le dieu qui répondra par le feu, c’est celui-là qui sera Dieu. Et tout le peuple répondit, en disant : C’est bien ! » (1 R 18, 24)..

Quand le premier taureau fut sacrifié, et que les prêtres de Baal eurent achevé tous les rites, aucun nuage, annonciateur de pluie, n’apparut à l’horizon. [3]« Ils prirent le taureau qu’on leur donna, et le préparèrent ; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant : Baal réponds nous ! Mais il n’y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient devant l’autel qu’ils avaient fait. » (1 R 18, 26).) Alors Elie offrit à son tour, un taureau, et il fit verser sur celui-ci quatre cruches d’eau à trois reprises. Et dès que le prophète acheva de prononcer sa prière, le feu du ciel tomba sur l’autel et consuma tout ; le même jour, les cieux s’obscurcirent et la pluie tomba en abondance. [4]« Puis [Élie] dit : Remplissez d’eau quatre cruches, et versez-les sur l’holocauste et sur le bois. Il dit : Faites-le une seconde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit : Faites-le une troisième fois. Et ils le firent une troisième fois. L’eau coula autour de l’autel, et l’on remplit aussi d’eau le fossé. Au moment de la présentation de … Poursuivre Désormais, la preuve était faite, aux yeux d’Israël, que lahvé était bien le vrai dieu, et Baal une idole « muet[te], aveugle et sourd[e] aux cris des créatures ». [5]« S’il est vrai qu’au Jardin sacré des Écritures,
Le Fils de l’homme ait dit ce qu’on voit rapporté ;
Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l’absence
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la Divinité. »

Alfred de VIGNY, Les Destinées, « Le silence ».

[6]Charles VIROLLEAUD, « La légende de Baal, dieu des Phéniciens, dans Revue des études sémitiques, tome 2 (1935). pp. 3-21. Mise en ligne : https://doi.org/10.3406/rjuiv.1935.5873

Livre des Rois (1 R 18, 1-46)

Notes

Notes
1 1 R 18, 19.
2 « […] invoquez le nom de votre dieu ; et moi, j’invoquerai le nom de l’Éternel. Le dieu qui répondra par le feu, c’est celui-là qui sera Dieu. Et tout le peuple répondit, en disant : C’est bien ! » (1 R 18, 24).
3 « Ils prirent le taureau qu’on leur donna, et le préparèrent ; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant : Baal réponds nous ! Mais il n’y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient devant l’autel qu’ils avaient fait. » (1 R 18, 26).
4 « Puis [Élie] dit : Remplissez d’eau quatre cruches, et versez-les sur l’holocauste et sur le bois. Il dit : Faites-le une seconde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit : Faites-le une troisième fois. Et ils le firent une troisième fois. L’eau coula autour de l’autel, et l’on remplit aussi d’eau le fossé. Au moment de la présentation de l’offrande, Élie, le prophète, s’avança et dit : Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël ! que l’on sache aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai fait toutes ces choses par ta parole ! Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c’est toi, Éternel, qui es Dieu, et que c’est toi qui ramènes leur coeur ! Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent : C’est l’Éternel qui est Dieu ! C’est l’Éternel qui est Dieu ! » (1 R 18, 34-39).
5 « S’il est vrai qu’au Jardin sacré des Écritures,
Le Fils de l’homme ait dit ce qu’on voit rapporté ;
Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l’absence
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la Divinité. »

Alfred de VIGNY, Les Destinées, « Le silence ».

6 Charles VIROLLEAUD, « La légende de Baal, dieu des Phéniciens, dans Revue des études sémitiques, tome 2 (1935). pp. 3-21. Mise en ligne : https://doi.org/10.3406/rjuiv.1935.5873

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