Prophète d’Israël au IXe siècle av. J.-C., son ministère a lieu dans le royaume d’Israël [1]Le royaume d’Israël est un royaume du Proche-Orient ancien établi par les Israélites à l’âge du fer. Son existence dure environ 200 ans (v. 930 – 720 av. J.-C.). Les historiens le nomment souvent royaume de Samarie ou royaume du Nord pour le différencier du royaume de Juda, au sud. Selon la Bible hébraïque, il succède au grand royaume … Poursuivre après la mort de Salomon. Il est le prophète de YHWH, Dieu d’Israël, face au dieu des Cananéens, Baal, dont la reine d’Israël Jézabel [2]Jézabel : princesse phénicienne, épouse du roi d’Israël Achab. s’est fait l’ardente missionnaire. Il réalise de nombreux prodiges avant de s’envoler aux cieux dans un tourbillon. Il est aussi, selon les prophètes bibliques, notamment Malachie, l’annonciateur du Messie à la fin des temps [3]« Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, Avant que le jour de l’Eternel arrive, Ce jour grand et redoutable. » (Ma 4, 5)..
Le Premier livre des Rois délivre le récit haut en couleur de son défi contre les prophètes de Baal [4]« Élie dit aux prophètes de Baal : Choisissez pour vous l’un des taureaux, préparez-le les premiers, car vous êtes les plus nombreux, et invoquez le nom de votre dieu ; mais ne mettez pas le feu. Ils prirent le taureau qu’on leur donna, et le préparèrent; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant : Baal réponds nous ! Mais il … Poursuivre, qu’il enjoint de démontrer la puissance de leurs divinités. Face à leur incapacité d’y parvenir, la sanction ne se fait pas attendre : tous les faux prophètes et adorateurs de Baal sont passés au fil de l’épée.
Élie ne meurt pas, il est « enlevé » par Dieu qui le fait « monter au ciel dans un ouragan », selon le Deuxième livre des Rois [5]« Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec. Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : ‘Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant … Poursuivre. La question de savoir où Élie a pu être ainsi transporté n’est pas univoque. Après l’expulsion d’Adam et Ève du Paradis terrestre, seuls y auraient encore séjourné Hénoch et Élie, ce jusqu’au moment où, après la lutte avec l’Antéchrist, ils auraient rejoint le Paradis céleste. « Ce qui a su rassembler et unir ces deux figures éparses, c’est avant tout la “merveille” qui marque la fin de leur existence sur terre : l’Ecriture sainte fait entendre d’un côté qu’Hénoch ne mourut point [6]Ambulavit cum Deo, et non apparuit : quia tulit eum Deus : « ayant suivi les voies de Dieu, il disparut car Dieu l’avait enlevé » (Gn 5, 24) et narre d’un autre qu’Elie est monté au ciel dans la tempête emporté par un char de feu (« Cumque pergerent, et incedenles sermocinarentur, ecce currus igneus, et equi ignei diviserunt utrumque : … Poursuivre. Certes la Bible ne disait pas vraiment en quel lieu Hénoch était emporté mais, dans un ajout qui paraît aujourd’hui manifeste, la Vulgate, poussée par son envie de préciser, rapporta dans sa traduction du Livre du Siracide qu’Hénoch avait été “transporté dans le paradis” [7]On lit dans [le Livre de Ben Sira le Sage (Si 44, 16)] « qu’il fut transporté dans le paradis » ce que les uns ont entendu d’un endroit délicieux quelconque et les autres, en bien plus grand nombre, du paradis terrestre (voir S. Thomas…) ; mais les mots « dans le paradis » sur lesquels reposent principalement ces deux opinions, dont la seconde, du … Poursuivre. Détail qui fut retenu. » [8]Caroline Cazanave, « Hénoch et Elie : “et c’est la fin des temps pour quoi ils sont ensemble…” », dans Fin des temps et temps de la fin dans l’univers médiéval, Sénéfiance, 33, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2014, p. 125-143.
Notes
| 1↑ | Le royaume d’Israël est un royaume du Proche-Orient ancien établi par les Israélites à l’âge du fer. Son existence dure environ 200 ans (v. 930 – 720 av. J.-C.). Les historiens le nomment souvent royaume de Samarie ou royaume du Nord pour le différencier du royaume de Juda, au sud. Selon la Bible hébraïque, il succède au grand royaume fondé par le roi David, est formé de dix des douze tribus d’Israël et parfois également appelé « Ephraïm ». |
|---|---|
| 2↑ | Jézabel : princesse phénicienne, épouse du roi d’Israël Achab. |
| 3↑ | « Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, Avant que le jour de l’Eternel arrive, Ce jour grand et redoutable. » (Ma 4, 5). |
| 4↑ | « Élie dit aux prophètes de Baal : Choisissez pour vous l’un des taureaux, préparez-le les premiers, car vous êtes les plus nombreux, et invoquez le nom de votre dieu ; mais ne mettez pas le feu. Ils prirent le taureau qu’on leur donna, et le préparèrent; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant : Baal réponds nous ! Mais il n’y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient devant l’autel qu’ils avaient fait. A midi, Élie se moqua d’eux, et dit : Criez à haute voix, puisqu’il est dieu ; il pense à quelque chose, ou il est occupé, ou il est en voyage ; peut-être qu’il dort, et il se réveillera. Et ils crièrent à haute voix, et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des épées et avec des lances, jusqu’à ce que le sang coulât sur eux. Lorsque midi fut passé, ils prophétisèrent jusqu’au moment de la présentation de l’offrande. Mais il n’y eut ni voix, ni réponse, ni signe d’attention. Élie dit alors à tout le peuple : Approchez-vous de moi ! Tout le peuple s’approcha de lui. Et Élie rétablit l’autel de l’Éternel, qui avait été renversé. Il prit douze pierres d’après le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel l’Éternel avait dit: Israël sera ton nom ; et il bâtit avec ces pierres un autel au nom de l’Éternel. Il fit autour de l’autel un fossé de la capacité de deux mesures de semence. Il arrangea le bois, coupa le taureau par morceaux, et le plaça sur le bois. Puis il dit : Remplissez d’eau quatre cruches, et versez-les sur l’holocauste et sur le bois. Il dit : Faites-le une seconde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit : Faites-le une troisième fois. Et ils le firent une troisième fois. L’eau coula autour de l’autel, et l’on remplit aussi d’eau le fossé. Au moment de la présentation de l’offrande, Élie, le prophète, s’avança et dit : Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël ! que l’on sache aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai fait toutes ces choses par ta parole ! Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c’est toi, Éternel, qui es Dieu, et que c’est toi qui ramènes leur coeur ! Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent : C’est l’Éternel qui est Dieu ! C’est l’Éternel qui est Dieu ! Saisissez les prophètes de Baal, leur dit Élie; qu’aucun d’eux n’échappe! Et ils les saisirent. Élie les fit descendre au torrent de Kison, où il les égorgea. Et Élie dit à Achab (*) : Monte, mange et bois ; car il se fait un bruit qui annonce la pluie. » (1 R 18, 25-41).
(*) Achab : septième roi d’Israël, entre 874 et 853 av. J.-C., il s’est perverti en adoptant le culte de Baal suivi par son épouse Jézabel. En punition de cette conduite impie, le prophète Élie, sur ordre divin, provoque une sécheresse sur Israël qui durera trois ans. |
| 5↑ | « Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec. Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : ‘Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi.’ Élisée répondit : ‘Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu !’ Élie reprit : ‘Tu demandes quelque chose de difficile : tu l’obtiendras si tu me vois lorsque je serai enlevé loin de toi. Sinon, tu ne l’obtiendras pas.’ Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : ‘Mon père !… Mon père !… Char d’Israël et ses cavaliers !’ Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux. Il ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber, il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain. Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux, mais elles ne s’écartèrent pas. Élisée dit alors : ‘Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ?’ Il frappa encore une fois, les eaux s’écartèrent, et il traversa. » (2 R 2, 7-14). |
| 6↑ | Ambulavit cum Deo, et non apparuit : quia tulit eum Deus : « ayant suivi les voies de Dieu, il disparut car Dieu l’avait enlevé » (Gn 5, 24) et narre d’un autre qu’Elie est monté au ciel dans la tempête emporté par un char de feu (« Cumque pergerent, et incedenles sermocinarentur, ecce currus igneus, et equi ignei diviserunt utrumque : et ascendit Elias per turbinem in caelum » : « Tandis qu’ils poursuivaient leur route tout en parlant, voici qu’un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre ; Elie monta au ciel dans la tempête » (2 R 2, 11). |
| 7↑ | On lit dans [le Livre de Ben Sira le Sage (Si 44, 16)] « qu’il fut transporté dans le paradis » ce que les uns ont entendu d’un endroit délicieux quelconque et les autres, en bien plus grand nombre, du paradis terrestre (voir S. Thomas…) ; mais les mots « dans le paradis » sur lesquels reposent principalement ces deux opinions, dont la seconde, du reste, offre de très graves difficultés, ne se lisent pas dans le texte grec, ce qui faisait déjà soupçonner que c’était une glose du traducteur latin ou de quelque copiste. Ce soupçon est devenu à peu près une certitude depuis la découverte du manuscrit hébreu, où ces mots manquent également Nous ne pouvons donc rien affirmer touchant le lieu que ce patriarche habite » (Eugène Palis, « Hénoch », dans Fulcran Vigouroux (éd.), Dictionnaire de la Bible, Paris, Letouzey et Ané, 1926-1972, t III, I, pp. 593-94). |
| 8↑ | Caroline Cazanave, « Hénoch et Elie : “et c’est la fin des temps pour quoi ils sont ensemble…” », dans Fin des temps et temps de la fin dans l’univers médiéval, Sénéfiance, 33, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2014, p. 125-143. |
