Cristoforo Solari, « Cristo alla colonna »

Cristoforo Solari, dit Il Gobbo (Il Gobbo : le Bossu.)) (Milan, v. 1470 – 1524)

Cristo alla colonna (Le Christ à la colonne), v. 1510-1520.

Marbre de Candoglia [1]Les carrières piémontaises de Candoglia, sur la rive gauche du fleuve Toce, près du lac Majeur, sont célèbres en Italie par le lien étroit qui les unit à la cathédrale de Milan. Le marbre rose utilisé pour sa construction en provient ; il est aujourd’hui encore utilisé pour les travaux de restauration. Ce marbre est difficile à travailler du fait de sa fragilité., 195 x 75 x 61 cm.

Inscriptions :

  • (sur le piédestal de la colonne) : « TANTI NE / HVMANVM / GENVS VT / SANGVINE / TE DIVINO / REDIMEREM » [2]« Je t’ai tellement aimé, genre humain, que je t’ai racheté par mon sang divin. »
  • (sur la base) : « CRI. GOBI. MIN. OPVS » [3]« Cri(stofori) Gob(b)i m(ed)i(ola)n(enses) opus » : « Œuvre de Cristoforo Gobbo de Milan. » (Signature de Cristoforo Solari).

Provenance : In situ.

Milan, Veneranda Fabbrica del Duomo.

Présenté en 2020-2021 dans l’exposition Le Corps et l’Âme (Paris, musée du Louvre), ce Christ à la colonne provient d’une niche placée entre les armoires de la sacristie sud de la cathédrale de Milan. Comme l’indique le catalogue de l’exposition [4]Susanna ZANUSCHI, « Cristoforo Solari, detto Il Gobbo (?, 1470 circa – Milano, 1524), Cristo alla colonna », dans Marc Bormand, Beatrice Paolozzi Strozzi, Francesca Tasso (dir.), Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel‐Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance (cat. d’exp., Musée du Louvre, 22 octobre 2020 – 21 juin 2021), Paris, Éditions du Louvre et Officina … Poursuivre, l’invention de la pose a été rattachée à la connaissance du Laocoon, découvert à Rome en 1506, et aux études de Michel-Ange pour le tombeau de Jules II, notamment à l’Esclave rebelle (fig. 1). Le même article précise que la genèse de l’invention de Michel-Ange s’entrecroise avec les études de Léonard de Vinci réalisées vers 1507-1510. L’une des feuilles de ce dernier montre, en effet, des prisonniers « rebelles » attachés à des colonnes. [5]« L’invention de cette pose particulière a été associée à la connaissance du Laocoon découvert à Rome en 1506 (Zanuso 2000) et, plus récemment, aux études de Michel-Ange pour le tombeau de Jules II, notamment celles de l’Esclave rebelle (Morscheck 2016, p. 443). Cependant, il convient de rappeler que la genèse de cette invention de Michel-Ange est elle-même intimement … Poursuivre Les projets de Léonard de Vinci pourraient donc avoir compté dans la genèse de l’œuvre de Solari [6]Cristoforo Solari (Milan, 1460 – 1524) : sculpteur et architecte, frère cadet de Pietro Antonio Solari (*). Surnommé « le Bossu », Cristoforo fait ses débuts de sculpteur vers 1490 à Venise, où il s’imprégne du goût classique et antiquisant interprété par les Lombardo ; il se familiarise aussi à ce style lors de ses séjours à Rome (1499-1500 et 1513-1514). Il est le … Poursuivre.

1. Michel-Ange, Le Captif, dit l’« Esclave rebelle ». Paris, Musée du Louvre.
2. Michel-Ange, Étude de nu masculin utilisée par le sculpteur lors de la réalisation de l’« Esclave rebelle ».

Notes

Notes
1 Les carrières piémontaises de Candoglia, sur la rive gauche du fleuve Toce, près du lac Majeur, sont célèbres en Italie par le lien étroit qui les unit à la cathédrale de Milan. Le marbre rose utilisé pour sa construction en provient ; il est aujourd’hui encore utilisé pour les travaux de restauration. Ce marbre est difficile à travailler du fait de sa fragilité.
2 « Je t’ai tellement aimé, genre humain, que je t’ai racheté par mon sang divin. »
3 « Cri(stofori) Gob(b)i m(ed)i(ola)n(enses) opus » : « Œuvre de Cristoforo Gobbo de Milan. » (Signature de Cristoforo Solari).
4 Susanna ZANUSCHI, « Cristoforo Solari, detto Il Gobbo (?, 1470 circa – Milano, 1524), Cristo alla colonna », dans Marc Bormand, Beatrice Paolozzi Strozzi, Francesca Tasso (dir.), Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel‐Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance (cat. d’exp., Musée du Louvre, 22 octobre 2020 – 21 juin 2021), Paris, Éditions du Louvre et Officina Libraria, 2020, p. 428.
5 « L’invention de cette pose particulière a été associée à la connaissance du Laocoon découvert à Rome en 1506 (Zanuso 2000) et, plus récemment, aux études de Michel-Ange pour le tombeau de Jules II, notamment celles de l’Esclave rebelle (Morscheck 2016, p. 443). Cependant, il convient de rappeler que la genèse de cette invention de Michel-Ange est elle-même intimement liée aux études de Léonard de Vinci pour le Monumento Trivulzio, réalisées à Milan entre 1507 et 1510 environ. Ces études sont documentées par une série de dessins, dont une feuille (Windsor, Royal Library, n° RL12355r) représentant des prisonniers « rebelles » attachés à des colonnes, et une étude sanguine (Windsor, Royal Library, n° RL12583Ar) d’une figure attachée à une colonne qui, selon Clayton, pourrait être un Christ flagellé (sur la relation entre ces dessins de Léonard et de Michel-Ange, voir Brugnoli 1955, pp. 133-139 ; M. Clayton, in The Genius, 1992, pp. 112-115, nn. 13-14 ; Clayton 1996, pp. 113-117, nn. 62, 64 ; Marani 2011b, pp. 27-28).
6 Cristoforo Solari (Milan, 1460 – 1524) : sculpteur et architecte, frère cadet de Pietro Antonio Solari (*). Surnommé « le Bossu », Cristoforo fait ses débuts de sculpteur vers 1490 à Venise, où il s’imprégne du goût classique et antiquisant interprété par les Lombardo ; il se familiarise aussi à ce style lors de ses séjours à Rome (1499-1500 et 1513-1514). Il est le sculpteur de la tombe de Ludovic Sforza, dit « le More » et de Béatrice d’Este dans la chartreuse de Pavie.

(*) Pietro Antonio Solario ou Solari (Milan, V. 1445 – Moscou, 1493) : sculpteur et architecte italien de la Renaissance. En 1491, en collaboration avec son confrère italien Marco Ruffo, il réalise le Palais à Facettes, à Moscou.

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