Développé à la fin du XIXe siècle, le modèle théorique des « deux sources » justifie l’antériorité de l’évangile de Marc en s’appuyant sur cinq arguments [1]Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament. Son histoire, son écriture, sa théologie, Genève, Labor et Fides, 2008. fondés sur l’analyse de l’évolution du langage entre Marc, d’une part, et Matthieu et Luc, de l’autre :
- La structure des textes met en lumière la reprise et l’adaptation par Matthieu et Luc du scénario biographique adopté par Marc. En effet, dès que Matthieu et Luc s’éloignent de la narration de Marc, ils divergent l’un de l’autre.
- La succession des péricopes insiste sur le fil conducteur que représente Marc pour Matthieu et Luc. Ces derniers s’écartent fréquemment de l’ordre des péricopes de Marc, mais ils ne représentent jamais un enchaînement commun indépendant de lui ; au contraire, ils y reviennent toujours.
- La matière même du contenu met en relief la part significative de Marc que l’on retrouve dans Matthieu (523 versets sur 661 que comporte Marc) et dans Luc (364 versets sur 661). De plus, la matière propre à Marc ne représente que 26 versets.
- La langue et le style mettent l’accent sur le contraste qui existe entre le style simple de Marc et ceux plus complexes de Matthieu et Luc. Ces derniers ne retouchent pas le fond, mais améliorent plutôt la forme stylistique et linguistique de Marc.
- Enfin, le commentaire du texte souligne le complément d’information ajouté par Matthieu et Luc au texte de Marc qu’ils ont intégré dans leur propre évangile. Conformément au langage et au style, Matthieu et Luc, par l’ajout de commentaire à la fois théologique et historique, expliquent et corrigent le texte de Marc dans le but de le rendre plus explicite pour leur lectorat respectif.
Notes
| 1↑ | Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament. Son histoire, son écriture, sa théologie, Genève, Labor et Fides, 2008. |
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