Agnolo Poliziano

Angelo ou Agnolo Ambrogini, dit Agnolo Poliziano [1]Son nom de naissance était Ambrogini, mais il ne se désigne lui-même que par son prénom Angelus et par le nom romain de sa ville d’origine : Mons Politianus (Montepulciano) près de Sienne., francisé sous la forme Ange Politien (Montepulciano, 1454 – Florence, 1494) : poète humaniste, il est l’une des « figures parmi les plus représentatives et en même temps les plus originales du Quattrocento italien, et plus spécifiquement florentin. En une génération plus tournée vers la spéculation philosophique que vers le lyrisme, il unit des dons de poète à une vaste érudition, plus païenne que chrétienne, dit-on. On lui a maintes fois reproché de négliger l’Écriture sainte au profit des auteurs latins et grecs, de préférer aux Psaumes de David les Odes de Pindare. Non sans quelque apparence de raison : élève du néo-platonicien Marsile Ficin, il enseigne lui-même le grec à Florence et on lui doit un grand nombre de travaux savants. Protégé et ami de Laurent le Magnifique ainsi que de toute la famille des Médicis, il reflète dans son œuvre en vers l’épicurisme distingué et raffiné qui règne à la cour. Il introduit dans une poésie souple, harmonieuse, délicate, voilée de mélancolie devant la brièveté des joies et la conscience de la fuite du temps, et dont a disparu le symbolisme cher à Pétrarque, les fables, les mythes, les sentiments de l’Antiquité. » [2]Angélique LEVI, « ANGELO AMBROGINI dit ANGE POLITIEN ou POLIZIANO (1454-1494 », Encyclopedia Universalis.

Arrivé de sa ville natale à Florence après la mort violente de son père, il y connait la vie d’étudiant pauvre, d’où peut-être le surnom de Basso qu’il porte un temps ; ses maîtres sont Marsile Ficin, Christoforo Landino, et les byzantins Argyropoulos, puis Andronico Callisto. Doué pour la poésie, il se fait connaître dès l’âge de seize ans par un exploit : il traduit en vers latins le chant Il de l’Iliade (le traducteur du chant I était mort peu avant) ; il dédie cette œuvre à Laurent de Médicis, au pouvoir depuis 1469, ce qui lui permet d’entrer dans l’entourage du mécène et de devenir à vingt ans le précepteur de ses fils Pierre [3]Piero II di Lorenzo de’ Medici (Florence, 1472 – 1503). et Jean [4]Giovanni di Lorenzo de’ Medici (Florence, 1475 – Rome, 1521), futur pape sous le nom de Léon X.. Une brouille le fait s’éloigner quelques mois de Florence en 1480, mais il obtint la permission d’y rentrer et dès lors, jusqu’à sa mort en 1494, deux ans après celle du Magnifique, il est professeur au Studio, chargé chaque année d’expliquer deux auteurs.

Après sa réconciliation avec Laurent, il retrouve sa charge de précepteur des enfants de ce dernier, et reçoit la chaire de rhétorique latine et grecque (c’est-à-dire l’apprentissage de ces deux langues) à l’université de Florence, charge qu’il conserve jusqu’à sa mort en 1494. C’est pendant cette période qu’il compose ses principales œuvres latines. Sa renommée s’accroît avec ses leçons sur les auteurs antiques (auxquelles assiste entre autres le jeune Pic de la Mirandole). Ses compositions suivent ensuite son évolution vers la philologie et l’érudition en latin comme les Sylvæ et la Miscellanea centuria prima, composées sur le modèle des Nuits attiques d’Aulu Gelle, genre en vogue chez les humanistes de l’époque. Ses œuvres latines sont partiellement publiées après sa mort à Venise par Alde Manuce.

Florence conserve aujourd’hui encore le souvenir visuel d’Ange Politien à travers deux œuvres réalisées par Domenico Ghirlandaio : la fresque de l’Annuncio dell’angelo a Zaccaria (Annonciation à Zacharie), 1486, dans la chapelle Tornabuoni (Basilique Santa Maria Novella), où il est représenté à droite d’un groupe formé avec Marsile Ficin (à gauche) et Cristoforo Landino (au centre), ou dans celle de l’Approvazione della Regola francescana (Confirmation de la règle de Saint François), 1482-1485, dans le transept droit de la chapelle Sassetti (Santa Trinità), où il est visible aux côtés de Julien de Médicis enfant.

Notes

Notes
1 Son nom de naissance était Ambrogini, mais il ne se désigne lui-même que par son prénom Angelus et par le nom romain de sa ville d’origine : Mons Politianus (Montepulciano) près de Sienne.
2 Angélique LEVI, « ANGELO AMBROGINI dit ANGE POLITIEN ou POLIZIANO (1454-1494 », Encyclopedia Universalis.
3 Piero II di Lorenzo de’ Medici (Florence, 1472 – 1503).
4 Giovanni di Lorenzo de’ Medici (Florence, 1475 – Rome, 1521), futur pape sous le nom de Léon X.

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