Origène

Origène, en grec ancien : Ὠριγένης / Ôrigénês (Alexandrie, v. 185 – Tyr, v. 253) :  théologien de la période patristique [1]Époque de l’Antiquité chrétienne au cours de laquelle se sont développés les enseignements de certains écrivains, considérés comme Pères de l’Église par un choix de la tradition ecclésiastique et tenus, à cause de cela, pour d’authentiques garants de l’orthodoxie de la foi., il est le père de l’exégèse biblique. Formé à l’école théologique d’Alexandrie et prolongeant la tradition rabbinique et celle de Philon d’Alexandrie, Origène a été le premier à formuler le principe des trois sens de l’Écriture (littéral, moral et spirituel) à partir de la méthode juive d’interprétation (midrash) utilisée par Paul de Tarse dans l’Épître aux Galates (chapitre 4). Cette forme d’herméneutique (théorie de la lecture, de l’explication et de l’interprétation des textes) servait à interpréter la Bible lors de la prière, comme l’indiquait Origène en 238 dans une lettre à son disciple Grégoire le Thaumaturge [2]Grégoire le Thaumaturge (Néocesarée, v. 213 – v. 275) : saint évêque de Néocésarée (actuelle Niksar) dans la région du Pont-Euxin où il a largement contribué à la diffusion du christianisme. Ses écrits ont aidé au développement de la doctrine de la foi, et il est devenu célèbre pour avoir accompli un grand nombre de guérisons et de miracles notoires., qui se préparait à partir en mission d’évangélisation. Il l’exhorte à la Lectio divina : « Consacre-toi à la lecture des Écritures divines. Applique-toi à cela avec persévérance… En te consacrant ainsi à la lectio divina cherche avec droiture et une confiance inébranlable en Dieu le sens des Écritures divines, qui y est renfermé en abondance. » Origène utilise généralement trois sens dans ses commentaires de l’Écriture (littéral, moral et mystique), qui correspondent à la trichotomie humaine « corps, âme et esprit » (De principiis, IV, 11), quoiqu’il suive souvent l’ordre corps-esprit-âme, donc littéral-mystique-moral. Soit le passage de l’Exode (I, 6-7) qui dit : « Joseph mourut (…) et les fils d’Israël grandirent et se multiplièrent. » Le sens littéral (charnel, historique) est : Joseph est mort, puis les fidèles devinrent une grande multitude ; le sens mystique (spirituel, allégorique) est : Joseph annonce Jésus, mort pour que l’Église s’étende sur la Terre ; enfin, le sens moral (qui édifie les âmes) est : la mort du Christ se reproduit dans l’âme de chaque chrétien dont elle fait proliférer la foi (Homélies sur l’Exode, I, 4).

Notes

Notes
1 Époque de l’Antiquité chrétienne au cours de laquelle se sont développés les enseignements de certains écrivains, considérés comme Pères de l’Église par un choix de la tradition ecclésiastique et tenus, à cause de cela, pour d’authentiques garants de l’orthodoxie de la foi.
2 Grégoire le Thaumaturge (Néocesarée, v. 213 – v. 275) : saint évêque de Néocésarée (actuelle Niksar) dans la région du Pont-Euxin où il a largement contribué à la diffusion du christianisme. Ses écrits ont aidé au développement de la doctrine de la foi, et il est devenu célèbre pour avoir accompli un grand nombre de guérisons et de miracles notoires.

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