Nom des notes de musique

Les premières notations musicales à base de portées et de notes sont apparues au VIIIe siècle à Metz et à l’abbaye de Saint-Gall (aujourd’hui en Suisse) à l’initiative des chanoines en charge du chant liturgique (qui accompagne les cérémonies religieuses). Les musiciens ont d’abord utilisé des signes musicaux ou neumes en « campo aperto » (en « champ ouvert »), c’est-à-dire sans ligne. C’est pour aider les copistes à conserver les proportions verticales que l’on a ensuite introduit une, puis deux, puis trois lignes. Au début du XIe siècle, Guido d’Arezzo a ajouté une quatrième ligne à la portée et, dans le même temps, introduit un moyen mnémotechnique, la main guidonienne, pour représenter les notes : dans ce système d’écriture, en effet, tous les degrés de l’échelle musicale peuvent être assimilables aux jointures et aux phalanges des cinq doigts de la main gauche ouverte. Guido d’Arezzo a aussi ajouté au début de chaque ligne une lettre clef qui indique la valeur d’intonation de la série considérée et qu’il a appelé gamma, d’où le nom de « gamme » aujourd’hui donné à son système de notation musicale.

Les notes étaient jusque là désignées par les premières lettres de l’alphabet. Pour renommer ces mêmes notes, qui prennent dorénavant place sur les quatre lignes de sa portée, et faciliter ainsi leur mémorisation [1]Ce système, en dispensant les musiciens d’apprendre par cœur, à l’oreille, les morceaux de musique et de chant, a révolutionné l’apprentissage et l’exécution de la musique. Il a aussi facilité la transcription des notes et leur lecture., Guido s’est servi des premières syllabes d’une hymne à Saint-Jean-Baptiste du IXe siècle, dont l’écriture en strophes de forme saphique [2]Les trois premiers vers, composés de deux hémistiches (de cinq et six pieds, respectivement), sont complétés par un quatrième vers, plus court, de cinq pieds.) est attribuée à Paul Diacre [3]Paolo Diacono ou Paul Diacre (Cividale del Friuli, v. 720 – Mont-Cassin, v. 799) : moine bénédictin d’origine lombarde. :

Ut queant laxis resonáre fibris
Mira gestórum famuli tuórum,
Solve pollúti labii reátum, Sancte Ioánnes
.

Pour qu’ils puissent chanter à pleine voix
tes hauts faits, enlève la souillure
des lèvres impures de tes serviteur, Saint-Jean !

L’origine de la mélodie de l’hymne Ut queant laxis demeure objet de débats. Cependant, le nom de Guido d’Arezzo, moine musicien du XIe s., à l’origine du système de notation musicale encore en vigueur, et célèbre pour avoir donné au notes musicales leur nom, est le plus souvent cité.

Cette hymne liturgique pour la fête de Saint-Jean-Baptiste est une des sources fondatrices de notre manière d’écrire la musique : le musicien-pédagogue Guido d’Arezzo l’aurait utilisé pour désigner le nom des notes, ce qu’on appelle la solmisation. Chaque vers de cette hymne commence par une syllabe dont l’ensemble donnera notre gamme, et la musique de chaque vers commence par la note que désigne ladite syllabe (fig. ci-dessous). première syllabe de chacun des six premiers hémistiches de l’hymne pour son système de solmisation. [4]Ce système ne fait pas correspondre exactement un nom à une note, mais donne une position dans l’hexacorde (ut re mi fa sol la).

Le si è été ajouté à la fin du XVIe siècle [5]Cet ajout de la note si, dont le nom est composé en accolant les deux initiales du dernier vers de l’hymne, Sancte Iohannes, a été attribué à divers auteurs, notamment à Anselme de Flandres. et le ut, à la prononciation jugée trop dure à l’oreille, transformé en un do plus facile à énoncer en solfiant. [6]Le do est la seule note de musique à avoir changé de nom. Le nom ut est cependant conservé dans les termes techniques ou théoriques. Ainsi, on parle par exemple de trompette en ut, de clé d’ut, de contre-ut pour le chant ou de concerto en ut mineur. On trouve des traces de ce changement dans les écrits de Giovanni Maria Bononcini. [7]Giovanni Maria Bononcini (Zocca [Modène], 1642 – Modène, 1678) : compositeur et violoniste du XVIIIe siècle. Quant au mot solfège, il vient tout simplement des notes sol-fa.

La portée de Guido, étendue à cinq lignes, s’est très vite généralisée à l’ensemble du monde musical. Cependant, à la différence des Latins, les Anglo-saxons (Anglais et Allemands) sont restés fidèles aux lettres de l’alphabet pour désigner les notes. En anglais, les notes do ré mi fa sol la si sont toujours dénommées : C D E F G A B.

Notes

Notes
1 Ce système, en dispensant les musiciens d’apprendre par cœur, à l’oreille, les morceaux de musique et de chant, a révolutionné l’apprentissage et l’exécution de la musique. Il a aussi facilité la transcription des notes et leur lecture.
2 Les trois premiers vers, composés de deux hémistiches (de cinq et six pieds, respectivement), sont complétés par un quatrième vers, plus court, de cinq pieds.
3 Paolo Diacono ou Paul Diacre (Cividale del Friuli, v. 720 – Mont-Cassin, v. 799) : moine bénédictin d’origine lombarde.
4 Ce système ne fait pas correspondre exactement un nom à une note, mais donne une position dans l’hexacorde (ut re mi fa sol la).
5 Cet ajout de la note si, dont le nom est composé en accolant les deux initiales du dernier vers de l’hymne, Sancte Iohannes, a été attribué à divers auteurs, notamment à Anselme de Flandres.
6 Le do est la seule note de musique à avoir changé de nom. Le nom ut est cependant conservé dans les termes techniques ou théoriques. Ainsi, on parle par exemple de trompette en ut, de clé d’ut, de contre-ut pour le chant ou de concerto en ut mineur.
7 Giovanni Maria Bononcini (Zocca [Modène], 1642 – Modène, 1678) : compositeur et violoniste du XVIIIe siècle.

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