Maestro Guglielmo

Maestro Guglielmo (actif au troisième quart du XIIe siècle) : architecte et sculpteur dont les origines et la formation demeurent inconnues. Mentionné dans les archives au troisième quart du XIIe siècle dans le cadre du projet de construction de la cathédrale de Pise, il fut d’abord, à tort, considéré comme allemand (Vasari) ou identifié à Fra Guglielmo. Dans ce projet pisan, Guglielmo joua sans doute un rôle central, au même titre que son prédécesseur Rainaldo [1]Rainaldo (XIIe siècle) : architecte pisan, il est mentionné dans une inscription (*) lisible sur la façade de la cathédrale de Pise, dont il revendique la paternité. (*) « HOC OPVS EXIMIVM SEXIONO TAMIRVTAM PRETIOSVM RAINALDUS PRUDENS OPERATOR ET IPSE MAGISTER CONSTITVIT MIRE SOLLERTER ET INGENIOSE » (« Cette œuvre d’excellente et précieuse valeur a été construite … Poursuivre et les artistes postérieurs Bonanno [2]Bonanno Pisano (Pise, actif entre 1170 et 1180) : architecte et sculpteur pisan, mêlant influences byzantines et classiques. Giorgio Vasari lui attribue la réalisation de la tour de Pise dans les Vies (*). Né à Pise, il y travaille la majeure partie de sa vie. Dans les années 1180, il se rend à pour Monreale, en Sicile, où il achève les portes de la cathédrale avant de revenir dans sa … Poursuivre et Biduino [3]Biduino ou Biduinus (actif vers 1173 – 1194) : sculpteur et architecte de la période romane, actif dans les environs de Pise et de Lucques..

Sa seule œuvre explicitement attestée par les sources [4]Le nom et l’œuvre de Guglielmo sont attestés par deux inscriptions : l’une, découverte en 1865 (Pise, Camposanto), commémore son inhumation au pied de la façade de la cathédrale de Pise (*) ; l’autre (**), connue grâce à des transcriptions du XVIIe siècle, se rapporte à la chaire réalisée pour la cathédrale de Pise entre 1159 et 1162 puis donnée à la … Poursuivre est la chaire de la cathédrale de Pise [5]Maestro Guglielmo, Il pergamo per il duomo di Pisa. Cagliari, cathédrale de Santa Maria di Castello., signée et datée de 1159-1162, puis donnée à la cathédrale de Cagliari en 1312 pour laisser place à celle de Giovanni Pisano, achevée vers 1310. Il n’est pas exclu, cependant, que Guglielmo ait également été architecte de la cathédrale, en plus d’en diriger le décor sculptural [6]Pietro Sanpaolesi (*) avance l’hypothèse de sa présence sur le chantier dès 1140-50 environ.
(*) Piero SANPAOLESI, La facciata della Cattedrale di Pisa, Florence, La Nuova Italia Editrice, 1957, p. 264.
. « La patte de Guglielmo (et celle de son atelier), peut-être aussi celle de Biduino, est reconnaissable sur un plan stylistique, depuis la première loggia au-dessus de l’entrée jusque presque au sommet de la façade, ainsi que dans les galeries réservées aux femmes. On a également supposé que l’ensemble du chœur avait été conçu et réalisé par l’atelier. En effet, le terme pergum désignait alors non seulement le pupitre utilisé pour la proclamation liturgique, mais aussi l’enceinte du chœur à laquelle il était rattaché. Cette dernière, aujourd’hui démantelée, était composée, entre autres, de dalles de marbre finement incrustées de motifs floraux en relief et de marbres polychromes composant des figures géométriques, à partir de l’intersection de carrés et de cercles. Dix d’entre elles sont conservées, réparties entre le baptistère, où elles ornent l’autel, et le Museo dell’Opera del Duomo de Pise. Certaines ont été sculptées au revers de la frise en marbre proconnésien [7]Nom donné par les anciens à un marbre d’un beau blanc veiné de noir provenant de l’île de Proconnèse (gr. ancien Προικόννησος / Proikónnêsos), aujourd’hui Marmara (Marmara Adası). de la basilique de Neptune à Rome. » [8]Clara BARACCHINI – Maria Teresa FILERI, « Raccontare col marmo: Guglielmo e i suoi seguaci », dans Enrico CASTELNUOVO (dir.), Niveo de marmore. L’uso artistico del marmo di Carrara dall’XI al XV secolo (Sarzana [La Spezia], Fortezza Firmafede, 8 mars-10 mai 1992), Gênes, Colombo, 1992, pp. 111-119.

Notes

Notes
1 Rainaldo (XIIe siècle) : architecte pisan, il est mentionné dans une inscription (*) lisible sur la façade de la cathédrale de Pise, dont il revendique la paternité.

(*) « HOC OPVS EXIMIVM SEXIONO TAMIRVTAM PRETIOSVM RAINALDUS PRUDENS OPERATOR ET IPSE MAGISTER CONSTITVIT MIRE SOLLERTER ET INGENIOSE » (« Cette œuvre d’excellente et précieuse valeur a été construite par Rainaldo, artisan et maître d’œuvre avisé, avec un talent et une ingéniosité remarquables »).

2 Bonanno Pisano (Pise, actif entre 1170 et 1180) : architecte et sculpteur pisan, mêlant influences byzantines et classiques. Giorgio Vasari lui attribue la réalisation de la tour de Pise dans les Vies (*). Né à Pise, il y travaille la majeure partie de sa vie. Dans les années 1180, il se rend à pour Monreale, en Sicile, où il achève les portes de la cathédrale avant de revenir dans sa ville natale. A sa mort, Bonanno est inhumé au pied de la tour penchée où un sarcophage à son nom a été découvert en 1820.

(*) Si l’on ignore quelle fut sa contribution exacte au projet de construction, on suppose qu’il fut l’un des sculpteurs qui en ont conçu les dessins originaux.

3 Biduino ou Biduinus (actif vers 1173 – 1194) : sculpteur et architecte de la période romane, actif dans les environs de Pise et de Lucques.
4 Le nom et l’œuvre de Guglielmo sont attestés par deux inscriptions : l’une, découverte en 1865 (Pise, Camposanto), commémore son inhumation au pied de la façade de la cathédrale de Pise (*) ; l’autre (**), connue grâce à des transcriptions du XVIIe siècle, se rapporte à la chaire réalisée pour la cathédrale de Pise entre 1159 et 1162 puis donnée à la cathédrale de Cagliari, lors de son remplacement par celle sculptée par Giovanni Pisano entre 1302 et 1310.
Sur une plaque surplombant la chaire – elle aussi disparue lors du démantèlement de 1670 (***) – figurait une épigraphe en vers (****) commémorant sa donation, son transfert et son placement dans la cathédrale de Cagliari, l’année de l’incarnation étant 1312.

(*) « Sepultura Guilielmi / (m)agistr(i) qui fecit pergum S(an)c(t)e / Marie » (« Sépulture de Guillaume, le maître qui a exécuté la chaire [de l’église] de Sainte-Marie. »).
(**) « Hoc Guilielmus opus praestantior arte modernis quatuor annorum spatio sed Domini centum decies sex mille duobus » (« Cette œuvre de Guillaume, la plus excellente de l’art moderne, [a été exécutée] en l’espace de quatre ans, [et achevée] en l’an mille cent soixante deux du Seigneur. »).
(***) Giorgio ALEO, Successos generales de la Isla y Reyno de Sardeña, Cagliari, 1684, II, p. 523.
(****) « Castello castri concexit / Virgini matri direxit / me templum istud invexit / civitas Pisana anno currente milleno / protinus et trecenteno / additoque duodeno / incarnationis » (« Il a construit l’enceinte fortifiée de la ville. Il l’a dédiée à la Vierge Marie. Il m’a apporté ce temple. La ville de Pise en cette année de l’Incarnation mille et trois cents soixante-deux »).
(*****) Dionigi SCANO, L’antico pulpito del duomo di Pisa scolpito da Guglielmo d’Innspruck, Cagliari – Sassari, Stabilimenti Tipografici Gaetano Montorsi, 1905, p. 22).

5 Maestro Guglielmo, Il pergamo per il duomo di Pisa. Cagliari, cathédrale de Santa Maria di Castello.
6 Pietro Sanpaolesi (*) avance l’hypothèse de sa présence sur le chantier dès 1140-50 environ.
(*) Piero SANPAOLESI, La facciata della Cattedrale di Pisa, Florence, La Nuova Italia Editrice, 1957, p. 264.
7 Nom donné par les anciens à un marbre d’un beau blanc veiné de noir provenant de l’île de Proconnèse (gr. ancien Προικόννησος / Proikónnêsos), aujourd’hui Marmara (Marmara Adası).
8 Clara BARACCHINI – Maria Teresa FILERI, « Raccontare col marmo: Guglielmo e i suoi seguaci », dans Enrico CASTELNUOVO (dir.), Niveo de marmore. L’uso artistico del marmo di Carrara dall’XI al XV secolo (Sarzana [La Spezia], Fortezza Firmafede, 8 mars-10 mai 1992), Gênes, Colombo, 1992, pp. 111-119.

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