Jean Clouet

Jean Clouet (Bruxelles, v. 148.[1]La date avancée est le plus souvent soit 1480, soit 1486. – Paris, 1541) : portraitiste originaire des Pays-Bas bourguignons [2]Il est le fils d’un père flamand nommé Michel Clauwet, de Valenciennes en Hainaut, qui aurait été peintre au service du Duc de Bourgogne et mort vers 1490., Premier peintre de François Ier, il est l’auteur d’une œuvre abondante et variée. Quoique sa biographie ait été longtemps mal établie, Jean Clouet est largement reconnu aujourd’hui comme l’un des peintres les plus importants de son époque et l’un des plus grands représentants de l’art du portrait. Il est le père de François Clouet [3]Des doutes ont été émis sur l’identité exacte de Jean, car le nom de Clouet est celui de plusieurs peintres français également connus dans les documents d’époque, les deux premiers sous les noms de Jean (Janet) et de Polet, tous deux fils de Michel ; et le troisième, François Clouet, fils de Jean..

Bien qu’étranger, Jean Clouet fait presque toute sa carrière en France : on ne peut l’étudier en dehors de la tradition du portrait français [4]François Clouet aborde tous les genres picturaux. Mais son nom est surtout associé à l’histoire du portrait dessiné, qu’il contribue à faire évoluer. Ses dessins ne sont plus préparatoires à des peintures, mais ils deviennent des œuvres d’art à part entière, collectionnés avec ferveur par des amateurs de haut rang. Tous témoignent de sa maîtrise du trait et de son … Poursuivre. À cette époque, les portraits se rencontrent surtout dans les enluminures de manuscrits à titre d’élément décoratif et rarement indépendants. La première personnalité d’importance, dans le domaine du portrait français, est Jean Fouquet (v. 1420-1425 – v. 1481). Son portrait de Charles VII [5]Jean Fouquet, Charles VII, roi de France. Paris, musée du Louvre., au Louvre, peint vers 1445 est le premier des grands portraits royaux, et dut exercer une influence sur Jean Clouet. Par rapport au reste de l’Europe, le portrait en France était sur le déclin lorsque Jean Clouet se mit au service de François Ier [6]Jean Clouet, François Ier, roi de France. Paris, musée du Louvre. en 1516 [7]Peter MELLEN, Jean Clouet, complete edition of the drawings, miniatures and paintings, Londres/New York, Phaidon Press, 1971 (trad. Anne Roullet, Jean Clouet, Catalogue raisonné des dessins, miniatures et peintures, Paris, Flammarion, 1971, p. 11). Jean Clouet, qui figure sur la liste des peintres du roi en 1516, est un portraitiste dont la précision n’est alors égalée que par celle d’Holbein. Avant de réaliser le grand portrait de François Ier, il exécute un dessin préparatoire avec la fidélité pleine de délicatesse qui est l’apanage des portraitistes français du XVIe siècle. Le souvenir de Jean Clouet s’est vite estompé. On a confondu son œuvre avec celle de son fils François Clouet. Il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que le rang de premier grand maître français de la Renaissance lui soit rendu [8]Lawrence GOWING, Les peintures du Louvre (préf. Michel LACLOTTE), Paris, Nathan, 1988, p. 204..

Notes

Notes
1 La date avancée est le plus souvent soit 1480, soit 1486.
2 Il est le fils d’un père flamand nommé Michel Clauwet, de Valenciennes en Hainaut, qui aurait été peintre au service du Duc de Bourgogne et mort vers 1490.
3 Des doutes ont été émis sur l’identité exacte de Jean, car le nom de Clouet est celui de plusieurs peintres français également connus dans les documents d’époque, les deux premiers sous les noms de Jean (Janet) et de Polet, tous deux fils de Michel ; et le troisième, François Clouet, fils de Jean.
4 François Clouet aborde tous les genres picturaux. Mais son nom est surtout associé à l’histoire du portrait dessiné, qu’il contribue à faire évoluer. Ses dessins ne sont plus préparatoires à des peintures, mais ils deviennent des œuvres d’art à part entière, collectionnés avec ferveur par des amateurs de haut rang. Tous témoignent de sa maîtrise du trait et de son habileté à rendre la personnalité du modèle. Autre facette de son art : il déploie tout son talent dans la restitution des broderies du costume, des tresses et de la résille des cheveux, de l’éclat des bijoux. Il associe la pierre noire et la sanguine, pigment qui permet de mieux rendre les couleurs et le modelé des chairs. Cette technique, qui serait née en France au XVe siècle, y connaît un véritable succès à la Renaissance, car le dessin gagne encore en ressemblance avec le modèle..
5 Jean Fouquet, Charles VII, roi de France. Paris, musée du Louvre.
6 Jean Clouet, François Ier, roi de France. Paris, musée du Louvre.
7 Peter MELLEN, Jean Clouet, complete edition of the drawings, miniatures and paintings, Londres/New York, Phaidon Press, 1971 (trad. Anne Roullet, Jean Clouet, Catalogue raisonné des dessins, miniatures et peintures, Paris, Flammarion, 1971, p. 11).
8 Lawrence GOWING, Les peintures du Louvre (préf. Michel LACLOTTE), Paris, Nathan, 1988, p. 204.

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