Duccio di Buoninsegna, « Triptych: Crucifixion and other Scenes »

Duccio di Buoninsegna (

Triptych: Crucifixion and other Scenes, v. 1302-1308.

Panneau central : La Crucifixion.

Volets latéraux : L’Annonciation, la Vierge à l’Enfant, le Christ et la Vierge en majesté, ainsi que la Stigmatisation de saint François.

Tempéra et or sur panneau, 44,9 x 31,4 cm.

Provenance : Acquis par le prince Albert [1]Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (Château de Rosenau [Cobourg], 1819 – Château de Windsor, 1861) : prince consort du Royaume-Uni en tant qu’époux de la reine Victoria à partir de leur mariage le 10 février 1840 jusqu’à sa mort en 1861. à Florence en avril 1845 [2]Paiement de 190 £ daté du 7 avril 1846 pour ce tableau et un autre (RCIN 403377, alors attribué à Fra Angelico) ; recensé dans le cabinet de travail du prince à Osborne House en 1876 (n° 138). auprès de Ludwig Metzger, par l’intermédiaire de Ludwig Gruner.

Hampton Court, Royal Collection of the United Kingdom.

Il existe de nombreux parallèles entre les panneaux narratifs illustrant la vie du Christ au revers de la Maestà de Sienne [3]Duccio di Buoninsegna, Maestà. Sienne, Museo dell’Opera del Duomo. et ceux de ce petit triptyque, composé de trois panneaux articulés, qui servait probablement d’objet de dévotion privée. Le récit débute en haut à gauche avec l’Annonciation, scène où la Vierge Marie apprend de l’archange Gabriel qu’elle va donner naissance au Fils de Dieu. Plus bas, elle est représentée en majesté avec l’Enfant Jésus, tandis que sur le panneau central, elle pleure aux côtés de saint Jean l’Évangéliste lors de la Crucifixion. À droite, le Christ adulte et la Vierge siègent en majesté ; au-dessus, saint François (considéré comme un « second Christ » [4]Saint François d’Assise est surnommé l’Alter Christus (« l’autre Christ » ou « second Christ ») en raison de sa volonté radicale d’imiter la vie, la pauvreté et la passion de Jésus-Christ.) reçoit les stigmates de la Passion. La présence de saint François au milieu de ces scènes illustrant la vie de la Vierge et du Christ laisse penser que le triptyque a été commandé par un mécène franciscain. Dans la conception de la composition, Duccio a mis au point un système innovant de perspective interne pour compenser le fait que les volets mobiles du triptyque étaient destinés à être vus sous un angle. Cela est particulièrement manifeste dans l’architecture de la scène de l’Annonciation, qui s’articule autour d’un axe diagonal.

Après avoir été reconstituée avant son acquisition par le prince Albert, l’œuvre fut réencadrée par ce dernier sur un seul plan ; elle ne retrouva sa forme de triptyque complet (incluant le socle) qu’à l’occasion d’une campagne de restauration menée en 1988. On remarqua alors que l’artiste avait ajusté la perspective interne pour corriger la distorsion visuelle induite par l’angle des volets latéraux. Une telle maîtrise, alliée à la grande qualité d’exécution de nombreuses figures, suggère que Duccio a lui-même conçu l’œuvre, bien qu’il ait pu en partager la réalisation avec ses assistants à une époque où son atelier contribuait à l’achèvement de la Maestà. Ce triptyque, d’une grande richesse et complexité, fut salué au XIXe siècle comme l’un des chefs-d’œuvre du maître.

Notes

Notes
1 Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (Château de Rosenau [Cobourg], 1819 – Château de Windsor, 1861) : prince consort du Royaume-Uni en tant qu’époux de la reine Victoria à partir de leur mariage le 10 février 1840 jusqu’à sa mort en 1861.
2 Paiement de 190 £ daté du 7 avril 1846 pour ce tableau et un autre (RCIN 403377, alors attribué à Fra Angelico) ; recensé dans le cabinet de travail du prince à Osborne House en 1876 (n° 138).
3 Duccio di Buoninsegna, Maestà. Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.
4 Saint François d’Assise est surnommé l’Alter Christus (« l’autre Christ » ou « second Christ ») en raison de sa volonté radicale d’imiter la vie, la pauvreté et la passion de Jésus-Christ.

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