‘Maestro del monumento funebre di Castellano Salomone del Duomo di Treviso’, « Sepolcro di Enrico Scrovegni »

‘Maestro del monumento funebre di Castellano Salomone del Duomo di Treviso’ [1]‘Maître du monument funéraire de Castellano Salomone dans le Duomo de Trévise’ : sculpteur anonyme du XIVe siècle, actif en Vénétie et auteur du gisant du monument de l’évêque Salomone Castellano, dans la cathédrale de Trévise, daté d’environ 1322. Sa sculpture se distingue par un réalisme saisissant et une attention portée au portrait funéraire, en dialogue avec la … Poursuivre ou Andriolo de’ Santi (avant 1320 – v. 1376) [2]Ces dernières années, le tombeau d’Enrico Scrovegni, situé dans la chapelle des Scrovegni (ou chapelle de l’Arena) à Padoue, suscite un intérêt croissant de la part des historiens de l’art. Tout comme pour les fresques de Giotto, plus célèbres, la documentation à son sujet est rare et sujette à des interprétations divergentes. La tendance dominante consiste à considérer ce … Poursuivre ?

Sepolcro di Enrico Scrovegni (Monument funéraire d’Enrico Scrovegni), v. 1350.

Marbre avec traces de polychromie,

Provenance :

Padoue, Chapelle des Scrovegni, abside.

L’effigie sculptée d’Enrico Scrovegni, placée sur le sarcophage de son monument funéraire au fond de l’abside de la chapelle du même nom, est rendue avec un grand réalisme. Elle a été réalisée après sa mort, survenue en 1336 durant son exil vénitien ; dans son testament, Enrico avait expressément formulé sa ferme volonté d’être inhumé dans sa chapelle, ce qui fut effectivement le cas.

Le monument se compose d’un sarcophage surmonté d’une mise en scène figurative : deux anges écartent des rideaux pour dévoiler la sculpture du défunt, dont la tête repose sur un coussin décoré et orné de glands. Le corps est légèrement incliné vers le spectateur, tandis qu’à l’arrière sont apposés trois bas-reliefs aux armoiries arborant la croix et la truie « rampante », emblème de la famille Scrovegni. La figure gisante en grandeur nature, à l’instar de ce que l’on observe dans la statue du même personnage en prière [3]Marco Romano (?), Enrico Scrovegni orante., est étendue sans vie ; le visage, marqué par les rides de la vieillesse, a probablement été sculpté d’après le masque funéraire d’Enrico, réalisé à partir d’une empreinte prise sur le vif.

Sur le mur de l’abside, au-dessous du monument du commanditaire, se trouve également le sarcophage sobre de la première épouse d’Enrico, Jacopina d’Este, tandis que d’autres sépultures sont intégrées au dallage du chœur, signalées par des dalles de marbre.

Robin SIMON « “The monument constructed for me”. Evidence for the first tomb monument of Enrico Scrovegni in the Arena Chapel, Padua », dans Michael KNAPTON, John E. LAW, Alison A. SMITH (éd.), Venice and the Veneto during the Renaissance: the Legacy of Benjamin Kohl, Florence, Firenze University Press, 2014.

Notes

Notes
1↑ ‘Maître du monument funéraire de Castellano Salomone dans le Duomo de Trévise’ : sculpteur anonyme du XIVe siècle, actif en Vénétie et auteur du gisant du monument de l’évêque Salomone Castellano, dans la cathédrale de Trévise, daté d’environ 1322. Sa sculpture se distingue par un réalisme saisissant et une attention portée au portrait funéraire, en dialogue avec la culture figurative vénitienne et padouane du Trecento.
2↑ Ces dernières années, le tombeau d’Enrico Scrovegni, situé dans la chapelle des Scrovegni (ou chapelle de l’Arena) à Padoue, suscite un intérêt croissant de la part des historiens de l’art. Tout comme pour les fresques de Giotto, plus célèbres, la documentation à son sujet est rare et sujette à des interprétations divergentes. La tendance dominante consiste à considérer ce tombeau comme un projet réalisé en plusieurs étapes : initié alors qu’Enrico résidait à Padoue, il aurait été achevé soit peu avant sa mort, survenue le 30 août 1336, soit au cours des décennies suivantes. La répartition des rôles et la chronologie des travaux, ainsi que la nature des éléments sculptés composant le tombeau d’origine, restent autant de questions en suspens. Au fil du temps, Andriolo de’ Santi — sans doute le sculpteur vénitien le plus prisé du XIVe siècle — a été désigné comme l’auteur tant de l’effigie gisante d’Enrico que d’une seconde statue le représentant debout, les mains jointes en prière, conservée dans la sacristie de la chapelle. Toutefois, personne n’avait jusqu’alors réussi à établir un lien précis entre ce sculpteur vénitien et la chapelle de l’Arena. En consultant les archives en mars 2023, j’ai eu le plaisir de découvrir deux documents concernant la veuve et le fils d’Enrico — analysés ici — qui démontrent sans l’ombre d’un doute qu’Andriolo de’ Santi a travaillé pour la chapelle (bien que ce ne fût pas sur le tombeau de Scrovegni lui-même).
3↑ Marco Romano (?), Enrico Scrovegni orante.

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