
Giotto di Bondone (Vespignano del Mugello, v. 1267 – Florence, 1337)
Prudenza (La Prudence), v. 1303-1306.
Fresque,
Inscriptions :
- (titre indiqué au-dessus de l’allégorie) : « PRUDENTIA »
- (sous la figure allégorique) : « • RES (ET) TE(M)PUS SU(M)MA CURA • AGIT[A]T PRUDENTIA • SPEC[U]LETUR [UT] FUTU[RA] / • [SU]A PROUIDENTIA • MEMORATUR IAM ELAPSA • O[RD]INAT PRES[EN]TIA / • MENS RUINAM NO(N) EST [P]ASSA • HAC DOL[N]ATA GRATIA • SEXTU[S [CIRCU]MGI[R]AT P[ER]GENS / • SC[IT] F[U]URU(M) SPE[C]ULU(M) • ET ANTIQUA UULTUS P[ER]GENS [QU]O TRANSIIT [SP]E[C]ULUM ». [1]« Res et tempus summa cura agitat Prudentia, speculetur ut futura sua providentia. Memoratur iam elapsa ordinat presentia; mens ruinam non est passa, hac donata gratia. Sextus circumgirat pergens; scit futurum speculum et antiqua vultus vergens quo transiit speculum. » : « La Prudence considère les faits et le temps avec une grande attention, pour scruter l’avenir grâce à sa … Poursuivre
Provenance : In situ.
Padoue, Chapelle des Scrovegni.
Vue de trois quarts [2]Giotto augmente ainsi considérablement l’effet de présence physique de la figure allégorique., la Prudence, que l’on voit assise derrière une chaire professorale, tient de la main gauche un miroir convexe, symbole de la connaissance, et de la droite un compas (sextus : sextant [3]Voir note 1.). En observant plus attentivement la figure, on finit par remarquer que ce que l’on avait pris d’emblée pour une masse de cheveux retenus à l’arrière de sa tête par un large ruban, est en réalité le visage d’un homme barbu vu de trois quart arrière. Adoptant l’iconographie habituelle de la Prudence sous les traits d’une femme tenant un miroir, Giotto l’associe à trois autres emblèmes pour composer cette allégorie : un livre, un visage à deux faces (comme le Dieu Janus) et un compas. « Le déchiffrement récent de l’inscription située sous l’image, longtemps négligée, a enrichi notre compréhension des attributs individuels composant cette représentation de la Prudence. Il est désormais possible d’analyser cette allégorie non plus seulement comme une image en soi, mais comme un tout indissociable des mots figurant dans l’inscription. [4]Martina CALÌ, « An iconological approach to Giotto’s allegory of Prudence and her mirror », La Rivista di Engramma, 207 (décembre 2023), pp. 131-146. En ligne : PDF ; doi: https://doi.org/10.25432/1826-901X/2023.207.0013 »
Notes
| 1↑ | « Res et tempus summa cura agitat Prudentia, speculetur ut futura sua providentia. Memoratur iam elapsa ordinat presentia; mens ruinam non est passa, hac donata gratia. Sextus circumgirat pergens; scit futurum speculum et antiqua vultus vergens quo transiit speculum. » : « La Prudence considère les faits et le temps avec une grande attention, pour scruter l’avenir grâce à sa prévoyance. Elle se souvient du passé et ordonne le présent ; l’esprit ne sombre pas dans la ruine si cette grâce lui est accordée. Le compas (*) tourne en rond tout en gardant le cap ; le miroir connaît l’avenir, et le visage tourné vers le temps écoulé connaît le passé. » (*) Dans l’inscription en latin médiéval qui accompagne l’allégorie, le mot sextus ne désigne pas un nom propre, mais le compas que tient la figure dans sa main. |
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| 2↑ | Giotto augmente ainsi considérablement l’effet de présence physique de la figure allégorique. |
| 3↑ | Voir note 1. |
| 4↑ | Martina CALÌ, « An iconological approach to Giotto’s allegory of Prudence and her mirror », La Rivista di Engramma, 207 (décembre 2023), pp. 131-146. En ligne : PDF ; doi: https://doi.org/10.25432/1826-901X/2023.207.0013 |

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