Sebastiano Conca

Sebastiano Conca dit « il Cavaliere » (Gaète [royaume de Naples], 1680 – Naples,  1764) : peintre, aîné d’une famille de dix enfants, il se forma à la manière baroque, probablement auprès de Luca Giordano et certainement auprès de Francesco Solimena [1]Francesco Solimena, dit l’Abbé Ciccio (Canale di Serino [Campanie], 1657 – Barra [royaume de Naples], 1747) : peintre d’histoire et de sujets religieux, et architecte de l’école napolitaine de la période baroque. Francesco Solimena a exercé une influence considérable sur les peintres des plus jeunes générations de Naples mais aussi de toute l’Europe … Poursuivre. Après son installation à Rome vers 1706, son style exubérant, d’inspiration giordanienne, s’imprégna progressivement de l’influence modératrice du classicisme de Carlo Maratti. Dès le deuxième quart du XVIIIe siècle, Conca était devenu le peintre le plus en vue de Rome, recevant un flot constant de commandes de fresques et exportant ses retables à travers l’Europe. Les collectionneurs italiens et les visiteurs européens de passage à Rome recherchaient avec enthousiasme ses petits tableaux de chevalet – des œuvres lyriques de style rococo, caractérisées par une touche vive et des couleurs douces. Vers 1710, Conca fonda son Accademia del Nudo, qui attira de nombreux disciples d’Italie et de l’étranger. Pompeo Batoni fut parmi ses élèves, et les graveurs qui y travaillèrent diffusèrent le style de Conca à travers l’Europe grâce à leurs estampes. Conca fut à deux reprises directeur de l’Accademia di San Luca de Rome [2]Créée en 1577 à l’initiative du peintre Girolamo Muziano (*), et avec le soutien du pape Grégoire XIII, l’Accademia Nazionale di San Luca (**) est une prestigieuse institution culturelle et académique italienne, qui eut dès l’origine pour objectif d’élever la condition sociale et intellectuelle des peintres, sculpteurs et architectes en les distinguant des simples artisans, … Poursuivre. En 1739, il écrivit les Ammonimenti, un ouvrage théorique contenant des préceptes moraux et artistiques destinés aux jeunes hommes se destinant à la peinture. De retour à Naples vers 1752, il créa de nombreuses fresques et huiles sur toile illusionnistes, caractéristiques du style baroque de l’école napolitaine.

Notes

Notes
1↑ Francesco Solimena, dit l’Abbé Ciccio (Canale di Serino [Campanie], 1657 – Barra [royaume de Naples], 1747) : peintre d’histoire et de sujets religieux, et architecte de l’école napolitaine de la période baroque. Francesco Solimena a exercé une influence considérable sur les peintres des plus jeunes générations de Naples mais aussi de toute l’Europe centrale. Il a servi d’exemple aux générations naissantes et notamment Jean Honoré Fragonard, Francisco Goya et François Boucher qui s’inspirèrent abondamment de ses œuvres. Grâce à lui, en un siècle, la peinture est passée à Naples des clairs-obscurs héroïques du Caravage et de Giovanni Battista Caracciolo aux scénographies lumineuses, et cette ville a quitté son statut de centre artistique périphérique pour devenir une des capitales européennes de la peinture.
2↑ Créée en 1577 à l’initiative du peintre Girolamo Muziano (*), et avec le soutien du pape Grégoire XIII, l’Accademia Nazionale di San Luca (**) est une prestigieuse institution culturelle et académique italienne, qui eut dès l’origine pour objectif d’élever la condition sociale et intellectuelle des peintres, sculpteurs et architectes en les distinguant des simples artisans, et de servir de modèle aux académies européennes.

(*) Girolamo Muziano ou Le Mutien (Acquafredda, près de Brescia, v. 1528 – Rome, 1592) : peintre, dessinateur et graveur de la Renaissance tardive.
(**) L’académie est ainsi nommée en référence à saint Luc (Luca), apôtre tenu pour être l’auteur du premier portrait de la Vierge Marie, et protecteur des peintres.