Agnès (Agnese)

Agnès [1]Le prénom Agnès provient du grec agné : pure, chaste. Il devrait donc être orthographié « Agnê » (sans « s » final). Les Romains l’ont rattachée au mot agnus (agneau) bien qu’il n’y ait aucun rapport étymologique entre les mots grec et latin agné et agnus. C’est probablement en raison de ce glissement de sens qu’elle devient … Poursuivre de Rome ou Agnès (Rome, v. 291 – 304 ou 305) : vierge, sainte et martyre romaine. « Agnès, vierge d’une très haute prudence, au témoignage de saint Ambroise qui a écrit son martyre, à l’âge de treize ans souffrit la mort et gagna la vie. » [2]Jacques de VORAGINE, La Légende dorée..

À l’âge de douze ou treize ans (topos de la littérature antique symbolisant une frontière entre l’enfance et l’âge adulte) selon saint Ambroise [3]Ambroise de Milan, évêque et Docteur de l’Église, a écrit sur le martyre d’Agnès, soulignant son double témoignage de foi et de chasteté. « Elle a préféré perdre la vie plutôt que de trahir son engagement envers Dieu. » SAINT AMBROISE, « Éloge de sainte Agnès », De Virginibus, 1, 1005-1009., elle rejette les avances du fils du préfet de Rome qui la courtise avec empressement, et lui déclare qu’elle est déjà fiancée à quelqu’un de beaucoup plus noble que lui. Lorsque son père apprend ce refus, il interroge Agnès qui lui confie qu’elle est chrétienne, et promise à Jésus-Christ. Le préfet de Rome ordonne alors à la jeune fille de sacrifier aux dieux romains sous peine d’être enfermée dans un lupanar. Refusant de lui céder, Agnès est dépouillée de ses vêtements et conduite, nue, à travers la ville, jusqu’au lieu de prostitution. Ses cheveux se mettent à pousser miraculeusement, recouvrant entièrement son corps. Lorsqu’elle arrive au lupanar, un ange apparaît et l’enveloppe d’une lumière éblouissante. Alors que le fils du préfet lui rend visite, bien décidé malgré tous ces obstacles à la conquérir, un démon l’étrangle. Ivre de colère, le préfet ordonne qu’Agnès soit brûlée en place publique comme une sorcière, mais le feu épargne la jeune fille et détruit ses bourreaux ; finalement, Agnès est égorgée. [4]Sur l’hagiographie de sainte Agnès, voir : Cécile LANÉRY, « La légende de sainte Agnès : quelques réflexions sur la genèse d’un dossier hagiographique (IVe-VIe s.) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, 126-1 (2014). En ligne : https://doi.org/10.4000/mefrm.1702

Iconographie

Agnès apparaît sous les traits d’une jeune fille ; elle porte

  • un agneau dans les bras (allusion à son nom [5]En raison de l’assonance de son nom, Agnès est la protectrice des agneaux, à l’instar de celui qu’elle tient dans les bras et qui est également son attribut iconographique. C’est à ce titre également que la chapelle de l’Arte della Lana (*) siennoise lui était dédiée. (*) L’Arte della Lana (Art ou Guilde de la Laine) était une corporation des arts et métiers, … Poursuivre et à sa fidélité au Christ) ; cet agneau peut également être placé sur une sorte de disque qu’elle tient à la main [6]Simone Martini, Maestà. Sienne, Palazzo Pubblico.
  • la palme du martyre
  • une bannière

Scènes de la vie de la sainte :

  • Après avoir refusé la demande en mariage du fils du préfet Symphronius, Agnès est arrêtée
  • Elle refuse de révérer les idoles
  • Elle est conduite au lupanar [7]Louis Réau signale que « le viol rituel était en usage chez les Romains parce que la loi défendait de mettre une vierge à mort : aussi faisait-on violer les martyres avant de les supplicier, même si elles n’étaient pas encore nubiles ».

    Louis RÉAU. Iconographie de l’art chrétien, Paris, Presses universitaires de France, 1953. Vol. III, tome 1, p. 34.
    ; un ange vêtu de blanc la protège de tout outrage
  • Alors qu’elle dénudée pour être promenée ainsi dans Rome, ses cheveux poussent subitement et recouvrent chastement son corps

Notes

Notes
1↑ Le prénom Agnès provient du grec agné : pure, chaste. Il devrait donc être orthographié « Agnê » (sans « s » final). Les Romains l’ont rattachée au mot agnus (agneau) bien qu’il n’y ait aucun rapport étymologique entre les mots grec et latin agné et agnus. C’est probablement en raison de ce glissement de sens qu’elle devient rapidement l’Agna Dei, autrement dit la personnification féminine de l’Agneau de Dieu.
2↑ Jacques de VORAGINE, La Légende dorée.
3↑ Ambroise de Milan, évêque et Docteur de l’Église, a écrit sur le martyre d’Agnès, soulignant son double témoignage de foi et de chasteté. « Elle a préféré perdre la vie plutôt que de trahir son engagement envers Dieu. » SAINT AMBROISE, « Éloge de sainte Agnès », De Virginibus, 1, 1005-1009.
4↑ Sur l’hagiographie de sainte Agnès, voir : Cécile LANÉRY, « La légende de sainte Agnès : quelques réflexions sur la genèse d’un dossier hagiographique (IVe-VIe s.) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, 126-1 (2014). En ligne : https://doi.org/10.4000/mefrm.1702
5↑ En raison de l’assonance de son nom, Agnès est la protectrice des agneaux, à l’instar de celui qu’elle tient dans les bras et qui est également son attribut iconographique. C’est à ce titre également que la chapelle de l’Arte della Lana (*) siennoise lui était dédiée.
(*) L’Arte della Lana (Art ou Guilde de la Laine) était une corporation des arts et métiers, l’un des sept arts majeurs des Arti, et également le plus puissant de tous.
6↑ Simone Martini, Maestà. Sienne, Palazzo Pubblico.
7↑ Louis Réau signale que « le viol rituel était en usage chez les Romains parce que la loi défendait de mettre une vierge à mort : aussi faisait-on violer les martyres avant de les supplicier, même si elles n’étaient pas encore nubiles ».

Louis RÉAU. Iconographie de l’art chrétien, Paris, Presses universitaires de France, 1953. Vol. III, tome 1, p. 34.

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