‘Maestro di Tressa’ (actif à Sienne entre 1215 et 1240)
La preuve de la Vraie Croix.
Compartiment latéral du Paliotto del Salvatore benedicente (Le Sauveur bénissant), tempéra et or sur panneau.
Provenance : Église de San Salvatore e Alessandro, Fontebuona della Badia Bardenga (Castelnuovo Berardenga), près de Sienne.
Sienne, Pinacoteca Nazionale.
En présence de l’impératrice Hélène, que l’on voit sur la gauche, assise sur un trône, une jeune personne atteinte d’une maladie mortelle – dans l’image, on voit sa silhouette fragmentaire allongée au sol – est instantanément guérie au contact du bois de la Croix [1]Judas, après que l’impératrice Hélène lui ait fait subir pendant six jours le supplice du puits, avait fini par révéler l’emplacement où cette croix avait été enfouie., permettant ainsi d’identifier celle des trois croix ayant porté le corps du Christ au Golgotha.
Voici comment Jacques de Voragine raconte la scène dans son entier : « [Hélène] ordonna donc qu’il [Judas] fût jeté dans un puits desséché pour y endurer les horreurs de la faim. Or, après y être resté six jours sans nourriture, le septième il demanda à sortir, en promettant de découvrir la croix. On le retira. Quand il fut arrivé à l’endroit, après avoir fait une prière, tout à coup la terre tremble, il se répandit une fumée d’aromates d’une admirable odeur ; Judas lui-même, plein d’admiration, applaudissait des deux mains et disait : ‘En vérité, ô Christ, vous êtes le Sauveur du monde !’ Or, d’après l’Histoire ecclésiastique (œuvre de l’écrivain Sozomène), il y avait, en ce lieu, un temple de Vénus construit, autrefois par l’empereur Hadrien, afin que si quelque chrétien eût voulu y adresser ses adorations, il parût adorer Vénus : et, pour ce motif, ce lieu avait cessé d’être fréquenté et était presque entièrement délaissé, mais la Reine fit détruire ce temple jusque dans ses fondements et en fit labourer la place.
Après quoi Judas se signa et se mit à creuser avec courage. Quand il eut atteint à la profondeur de vingt pas, il trouva trois croix enterrées, qu’il porta incontinent à la reine. Or, comme l’on ne savait pas distinguer celle de J.-C. d’avec celles des larrons, on les plaça au milieu de la ville pour attendre que la gloire de Dieu se manifestât. Sur la onzième heure, passa le corps d’un jeune homme [2]Selon d’autres sources, il s’agirait d’une femme. qu’on portait en terre : Judas arrêta le cercueil, mit une première et une seconde croix sur le cadavre du défunt, qui ne ressuscita pas, alors on approcha la troisième croix du corps et à l’instant il revint à la vie. » [3]Jacques de Voragine, La Légende dorée (1261-1266). Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2004.
Notes
| 1↑ | Judas, après que l’impératrice Hélène lui ait fait subir pendant six jours le supplice du puits, avait fini par révéler l’emplacement où cette croix avait été enfouie. |
|---|---|
| 2↑ | Selon d’autres sources, il s’agirait d’une femme. |
| 3↑ | Jacques de Voragine, La Légende dorée (1261-1266). Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2004. |

