Bartolo di Fredi, « Addio degli apostoli alla Vergine »

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Bartolo di Fredi (Sienne, documenté à partir de 1353 – 1410)

Addio della Vergine agli apostoli (Adieux de la Vierge aux Apôtre[1]Voir annexe : « Iconographie chrétienne ».), 1388.

Tempera sur panneau, compartiment central de la prédelle du Polittico dell’Incoronazione della Vergine (Polyptyque du Couronnement de la Vierge)

Inscriptions : /

Provenance : Chapelle de l’Annunziata, Église de San Francesco, Montalcino.

Montalcino, Museo Civico e Diocesano d’Arte Sacra (dépôt de la Pinacoteca Nazionale).

L’iconographie de ce compartiment est relatée par différents écrits apocryphes : la Vierge sentant venir sa mort, laquelle lui avait auparavant été annoncée par l’ange Gabriel (Annonce de la mort de Marie, voir annexe : « Iconographie chrétienne ».)), celui-là même qui lui avait déjà porté la nouvelle de l’Incarnation, souhaita revoir une dernière fois les apôtres qui, dit-on, se trouvaient alors dispersés à travers le monde. Informés miraculeusement de la volonté de Marie de les voir assemblés autour d’elle à l’heure de sa propre mort, nous les voyons rejoindre ici la demeure de Marie après avoir été transportés de leur lieu de provenance sur des nuages. Comme seule l’autorise la peinture, la scène représente en un seul espace deux épisodes successifs : à gauche, au fur et à mesure de leur arrivée, les apôtres sont accueillis, comme le précisent les Evangiles apocryphes par Saint Jean l’Evangéliste, tandis qu’à droite, ils entourent Marie qui s’apprête à leur donner sa bénédiction dans l’instant qui va suivre.

Sur le plan plastique, la scène est particulièrement bien articulée avec celle qui figure au-dessous grâce à un effet de répétition des mêmes formes, des mêmes rythmes et des mêmes couleurs. Chacune des architectures représentées est composée du même nombre d’arches au premier plan et bénéficie d’un appareillage complexe de voussures et d’ouvertures en arrière plan et plusieurs attitudes des personnages représentés se font écho.

Cette scène, qui préfigure celle de la Dormition de la Vierge [2]Dormition de la Vierge : voir annexe « Iconographie chrétienne ». est d’une relative rareté dans la peinture italienne des XIIe, XIIIe et XIVe siècles. On en trouve un exemple contemporain dans la chapelle du Palazzo Pubblico de Sienne où Taddeo di Bartolo a peint la même scène des Adieux de la Vierge aux Apôtres.

Notes

Notes
1 Voir annexe : « Iconographie chrétienne ».
2 Dormition de la Vierge : voir annexe « Iconographie chrétienne ».