Francesco di Giorgio Martini, « Il casto Giuseppe e la moglie di Putifarre » ; « Susanna al bagno » ; « Giuseppe venduto dai fratelli »

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Francesco di Giorgio Martini (Sienne, 1439 – 1502)

  • Le chaste Joseph et la femme de Putiphar
  • Suzanne au bain
  • Joseph vendu par ses frères

Vers 1460.

Tempéra sur panneaux (fragments d’un cassone), 29 x 41 cm. ; 30 x 40 cm. ; 29,5 x 39 cm.

Inscriptions : /

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Exécutés vers 1460, ces trois panneaux aux thèmes tirés de l’Ancien Testament sont des œuvres de jeunesse de l’artiste. Ils proviennent vraisemblablement d’un coffre, ou cassone, ou d’une tête de lit, spalliera, dont ils sont les seuls fragments. Quoi qu’il en soit, les trois scènes figurées prenaient place, sans nul doute, dans le cadre profane d’une chambre nuptiale, destination qui justifie, nous le verrons, le choix des scènes représentées.

Francesco di Giorgio Martini adapte ici le sérieux du langage florentin à la fantaisie siennoise et à sa vivacité narrative. La rigueur des architectures antiques articule un espace réglé par une perspective exacte à un seul point de fuite [1], même si, dans l’arrière-plan du Joseph vendu par ses frères, les collines ressemblent encore à celle du vieillissant Paolo di Giovanni. Si l’artiste renonce aux couleurs intenses de la peinture gothique pour adopter une palette plus équilibrée, il en conserve le caractère gracile des silhouettes des personnages, et le goût de la précision et du détail qui persiste dans les végétations ciselées. D’une certaine manière, l’archaïsme des arrière-plans peu profonds du paysage figuré dans la scène de la vente de Joseph est encore un hommage à cette tradition toute siennoise à laquelle Francesco semble ne pas vouloir complètement tourner le dos. Mais en bon élève du ‘Vecchietta’, et en contact avec le milieu florentin, il est ouvert aux innovations du temps, adopte un vocabulaire nouveau, nourri de l’Antique, et s’intéresse, autre nouveauté, à la représentation du nu féminin.

Les trois scènes édifiantes conçues sur des sujets bibliques, représentent respectivement :

[1] Notons que les représentations architecturales réglées selon les principes de la perspective font état d’un intérêt qui n’est pas, à proprement parler, nouveau dans la peinture siennoise. La tradition gothique, à travers ses plus grands représentants, s’est depuis longtemps (depuis le XIVe s.) préoccupée de traduire sur le plan pictural l’illusion de la profondeur observable dans la réalité. Les expériences plus ou moins empiriques d’artistes tels qu’Ambrogio Lorenzetti, de son frère Pietro, et d’autres, en sont le témoignage irréfutable.