Porta Romana

“Grande e bella, di gran difitio più che porta che sia in Italia”. [1] Agnolo di Tura [2].

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La Porta Romana, également appelée, à l’époque : “Porta Nuova” (elle remplaça alors l’ancienne Porta San Martino), a été construite par les maîtres Agnolo di Ventura et Agostino di Giovanni entre 1327 et 1329, comme l’indique une plaque fixée au mur, à droite de l’arche principale.

L’enjeu était d’importance. Il s’agissait de marquer solennellement l’entrée principale de la ville aux voyageurs en provenance Rome, capitale de l’état papal. La Porte Romaine devait être visible de toutes parts depuis la via Francigena (antique via Cassia), de manière à agir comme un point de repère pour quiconque s’apprêtait à traverser la ville où à s’y arrêter pour y prendre du repos.  Le résultat fut unanimement jugé d’une grande majesté, ainsi que d’une parfaite fonctionnalité, comme en témoigne le chroniqueur Agnolo di Tura (voir plus haut, en exergue).

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Pour en accroître la valeur esthétique, la partie haute du donjon, au-dessus de la seconde porte (fig. 2), fut ornée d’une fresque représentant le Couronnement de la Vierge (voir ici), à laquelle travaillèrent trois grands artistes (dont Sassetta).

En 1734, à droite du prospetto, le cavalier Pecci fit insérer un fragment d’inscription romaine remémorant le culte d’Auguste (“Silvano sac[rum] / C. Victricius / memor vi vir [a]ugustalis posuit”). Un grand emblème sculpté des Médicis a également été placé sur la paroi de droite de l’avant-porte, en l’honneur de Côme 1er.

Ce qui restait de la Porte au milieu du XXe siècle fut miné par les Américains lors de leur entrée dans la ville en 1944 (les quelques épaves subsistantes sont conservées dans l’église de San Francesco). Plusieurs opérations de restauration menées au cours de la seconde moitié du XXe siècle ont fini par rendre à l’édifice sa splendeur originelle. L’élargissement de la route en direction de Rome et les alignement d’arbres qui y ont été plantés de chaque côté crée un cadre scénographique qui vise à mettre en valeur l’imposant bastion.

Porta-Romana. Photo ancienne

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Fig. 2. L’entrée à Sienne par la Porta Romana vue depuis la route en provenance de Rome.

[1] « Grande et belle, de fière allure, plus que toute autre porte en Italie ».

[2] Agnolo di Tura : fabriquant de chaussures, collecteur des taxes, mais surtout, chroniqueur siennois du XIVe s.