Sano di Pietro, “Miracolo di Santa Lucia trascinata dai buoi nel lupanare”

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Sano di Pietro (Sienne, 1405 – 1481)

Miracolo di Santa Lucia trascinata dai buoi nel lupanare (Miracle de sainte Lucie trainée par des bœufs vers le lupanar

Compartiment de prédelle (Polyptyque de l’Assunta)

Provenance : Ancien couvent (démoli) de Santa Petronilla degli Umiliati, Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Dans ce contexte urbain signifié avec une parfaite économie de moyens, les rues sont roses et se perdent vers l’horizon à travers des immeubles aux pierre parfaitement grises et soigneusement jointoyées, ouvrant sur la perspective d’un ciel que l’on imagine toujours bleu, un ciel toscan. Les bancs de pierre accolés aux façades sont vides de leurs occupants. Une jeune femme – elle est chrétienne et s’appelle Lucie – a été dénoncée par son fiancé qui n’avait sans doute rien de mieux à faire. L’époque est celle de Dioclétien : on sait qu’elle n’était pas prompte à pardonner à ceux dont la religion était apprise ou dévoilée. Lucie, déjà couronnée de l’auréole des martyrs, vient d’être condamnée à être conduite au lupanar, épreuve qui, lors des condamnations à mort des chrétiennes prononcées dans l’empire romain, augmentait l’horreur de la peine en précédent son exécution. Sa volonté d’échapper à une condamnation aussi infâme est telle que, par miracle, comme toujours, les deux bœufs ne parviennent pas à la faire se déplacer d’un pouce, ceci malgré les encouragements, mais aussi les coups qui leur sont assénés. La jeune fille, en oraison, demeure parfaitement immobile et droite. Et nous sommes émerveillés par cette petite œuvre qui, en si peu d’espace, dispense avec autant de fraicheur, de naïveté, de souci de la précision narrative, une poésie qui égale celle des premières œuvres de l’incomparable artiste que demeure jusqu’au bout Sano di Pietro lorsqu’il ne cède pas à la facilité.

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