Palazzo Piccolomini

IMG_9780
Palais Piccolomini

Corso Rossellino, Pienza.

Informations et réservations :

  • Mail : pienzacittadiluce@operalaboratori.com
  • Call Center : +39 0577 286300
  • Horaires :
    • Du lundi au dimanche : 10:00 – 16:30 (fermé le mardi)
    • Fermeture hebdomadaire le mardi ; fermetures annuelles du 16 au 30 novembre et du 7 janvier au 14 février, ainsi que le 25 décembre (toute la journée) et le 1er janvier (au matin)
    • Du 5 au 8 décembre et les 26 décembre et 6 janvier, tous les musées demeurent ouverts de 10:00 à 18:00.

Se rendre sur place :


Après la cathédrale, le palais pontifical ou palais Piccolomini [1]Après la mort du pontife, le palais qu’il a légué à sa famille par un bref signé à Tivoli le 19 juin 1463 prend le nom des Piccolomini. Pie II lègue son palais aux deux conditions expresses qu’il demeure à jamais dans sa famille, et qu’il soit maintenu, à jamais également, dans son état architectural d’origine. est l’édifice le plus important du centre monumental de Pienza. Sa loggia à triple arcade, vue depuis la campagne du Val d’Orcia, se remarque de manière aussi immédiate que la silhouette de la cathédrale qui lui répond en contrepoint. Du côté de la ville, le palais est, avec la cathédrale, le seul des bâtiments bordant la place sur laquelle il s’élève à en occuper toute la longueur d’un côté. Il apparaît ainsi évident que le palais constitue l’un des deux pôles qui marque l’urbanisme, même si l’autre, la cathédrale, est sans conteste dominant dans leur commun dispositif mémoriel qui a déterminé leur construction [2]Dans les Commentarii, Pie II formule explicitement la raison qui l’a poussé à réaliser le chantier de Pienza : laisser après lui « un mémorial durable de son origine (diuturnum suae originis memoriale). ».

Également nommé Palazzo Piccolomini depuis qu’il a fait retour à la famille, le palais est un solide et imposant parallélépipède de pierre, délimité au sud par son jardin, à l’est par la Piazza del Duomo, au nord, où se trouve sa façade principale, par la Via del Corso, et à l’ouest, par la Via del Balzzello. « Le Palais Piccolomini, comme les autres de la même époque, apparaît comme la résidence idéale d’un nouveau type de pouvoir, qui ne justifie plus sa suprématie par la force, ou mieux : qui ne la justifie plus seulement par celle-ci, mais par les ressources de la raison, qui se manifestent dans la politique et dans la culture. » Les deux façades donnant sur la rue et la façade de la Piazza del Duomo sont conçues sur le même modèle, qui s’inspire du palazzo Rucellai (fig. 1 et 2), à Florence [3]Construit à Florence pour le banquier Giovanni di Paolo Rucellai entre 1446 et 1451, par Rosselino, sur un projet d’Alberti, le Palazzo Rucellai est le second des grands palais privés de la Renaissance florentine après celui Médicis de la Via Larga (Florence), et le premier à réemployer les ordres suivant une hiérarchie systématique, sinon orthodoxe. Ainsi, le piano nobile (étage … Poursuivre. Le palais Piccolomini reprend le dispositif du palais Rucellai, auquel il emprunte également le banc ceinturant à la base les façades sur rue, et les caractéristiques fenêtres géminées à oculus dans l’écoinçon.

1. Le palais Rucellai vu depuis la via della Vigna Nuova.
2. Le palais Rucellai vu depuis la piazza du même nom.

À l’évidence, la distribution interne des espaces doit beaucoup aux idées d’Alberti : nécessité sans doute par l’exiguïté du terrain disponible, l’aménagement sous le jardin d’écuries capables d’accueillir cinquante chevaux avec tout le nécessaire présente au demeurant l’avantage d’installer à l’écart du palais les sources de mauvaises odeurs. C’est le même souci qui a conduit à adjoindre au palais, au sud-ouest, un corps de fabrique sur jardin destiné à abriter les cuisines, à l’écart des parties d’habitation. La recherche de la commoditas albertienne semble également avoir inspiré l’intéressant dispositif de captation, de filtration et de stockage des eaux de pluie dont le palais est par ailleurs équipé.

Intérieur de l’édifice

Intérieurement, le palais s’ordonne autour d’un vaste cortile à colonnade ionique, parfaitement conforme aux nouveaux canons architecturaux. Les pièces du piano nobile, étage noble réservées à l’usage du pontife, sont très vastes par rapport aux standards de l’époque. Elles sont surtout exceptionnellement lumineuses, grâce à leur disposition et à la taille des fenêtres, sensiblement les plus grandes de tous les palais de la ville, et à l’extraordinaire loggia qui développe sa triple colonnade sur toute la hauteur de la façade sud du palais, côté jardin. Ce dispositif parfaitement inédit, Pie Il l’a également voulu parce qu’il lui permettait de jouir à sa guise du paysage du Val d’Orcia, qu’il aimait particulièrement », et que des échappées ménagées de part et d’autre de la cathédrale permettent également au vulgaire de découvrir, mais d’un point de vue moins élevé : premier cas connu d’une architecture et d’un urbanisme ordonnés en fonction d’un environnement conçu comme décor, – et si l’on songe que le Parthénon tourne le dos aux Propylées, unique voie d’accès sur l’Acropole, pour des raisons d’orientation par rapport aux points cardinaux, on mesure mieux le chemin parcouru d’Athènes à Pienza, où Pie Il s’assume pleinement comme speculatore e operatore delle cose. Mais la triple loggia du Palazzo Piccolomini est aussi un fantastique piège à lumière : « Si la lumière est le premier agrément des édifices, écrit Pie dans ses Commentaires, il est pour cette raison certain qu’on doit préférer la maison dont la disposition assure quatre plages de ciel, et qui reçoit la lumière en abondance, non seulement de fenêtres intérieures, mais encore de fenêtres intérieures, grâce à un évidemment du bâtiment, et la détourne jusque dans sa partie la plus basse ou presque ». Enzo Carli rapproche suggestivement le propos du pape d’un passage du De re aedificatoria, où Alberti écrit son souhait que, dans la résidence de campagne « toute la façade et toute la masse de tout l’édifice fussent de tous côtés aussi éclairées que possible et largement ouvertes, de manière à recevoir du large ciel le plus de lumière, le plus de soleil, et une grande quantité de l’air le plus salubre ». Voir Pie Il rechercher aussi systématiquement la lumière dans son palais que dans sa cathédrale confirme sans aucun doute que les deux bâtiments font système, mais interdit au rebours de rechercher dans la métaphysique dionysienne les fondements de cette démarche. Et il convient à cet endroit d’observer que sa triple loggia n’est pas la seule originalité du Palazzo Piccolomini. Il possède en effet, au pied de cette même loggia, le premier orto pensile, le premier jardin suspendu des temps modernes, qui occupe un carré d’une surface exactement égale à celle du palais, et abrite en sous-sol les écuries. Ceint d’un mur qui en dérobe la vue depuis la ville, mais comporte côté sud, au-dessus de l’à-pic au bord duquel il est comme le duomo construit, trois fenêtres en plein cintre, l’orto pensile de Pie, avec ses quatre parterres symétriquement ordonnés autour d’une fontaine centrale, est par son plan même la reproduction symbolique du Jardin d’Eden, « que les Saintes Écritures voulaient de plan carré, symétriquement divisé en quatre parties, et irrigué, à partir de son centre, par quatre fleuves ».

Enzo Carli, Pienza. La Citta di Pio II, Rome, Editalia, 1966. Philippe CARDINALI, De la cité idéale à la ville utopique où le désenchantement du monde, Créteil, MAFPEN, 1997.

Le jardin suspendu

La triple loggia située à l’arrière du palais surplombe un paysage à proprement parler extraordinaire. On peut y profiter d’une vue incomparable sur le Val d’Orcia et le mont Amiata.

Le jardin de format carré qui occupe l’espace situé du côté sud du bâtiment est de dimensions relativement petites comparé à celles du palais. C’est le premier jardin suspendu de la Renaissance. En s’insérant dans le panorama tout en offrant un point d’observation idéal, cet espace fait partie intégrante du projet et conserve, malgré les récents aménagements, les caractéristiques des jardins de la Renaissance. Il est entouré sur trois côtés de hauts murs de pierre recouverts de lierre, il est délimité par une loggia à trois ordres qui occupe toute la façade du palais. Un système complexe de conduits de drainage empêche l’eau de pluie de pénétrer dans les salles voûtées situées en contrebas, à l’intérieur desquelles se trouvaient autrefois les écuries.

Les parterres rectangulaires, entourés de doubles haies de buis taillées, délimitent deux allées couvertes de graviers qui se croisent perpendiculairement. Une fontaine est placée à leur point de rencontre, tandis que des lauriers en forme de parapluie sont plantés aux quatre coins de chaque parterre.
Quelques parterres rectangulaires agrémentés d’arbres fruitiers et d’arbustes fleuris sont disposés le long des murs d’enceinte. Un grand puits octogonal orné du croissant, des clés et de la tiare qui composent les armoiries des Piccolomini ainsi qu’une fontaine ornée de guirlandes de fruits sont les deux éléments sculpturaux datant de la fin du XVe siècle présents dans le jardin. Le panorama sur le Val d’Orcia, que l’on peut admirer depuis les trois étages de loggias qui s’ouvrent sur le paysage joue, par sa situation symbolique, un rôle primordial dans la conception de ce jardin, lieu de rencontre parfait entre architecture et nature.

Notes

Notes
1 Après la mort du pontife, le palais qu’il a légué à sa famille par un bref signé à Tivoli le 19 juin 1463 prend le nom des Piccolomini. Pie II lègue son palais aux deux conditions expresses qu’il demeure à jamais dans sa famille, et qu’il soit maintenu, à jamais également, dans son état architectural d’origine.
2 Dans les Commentarii, Pie II formule explicitement la raison qui l’a poussé à réaliser le chantier de Pienza : laisser après lui « un mémorial durable de son origine (diuturnum suae originis memoriale). »
3 Construit à Florence pour le banquier Giovanni di Paolo Rucellai entre 1446 et 1451, par Rosselino, sur un projet d’Alberti, le Palazzo Rucellai est le second des grands palais privés de la Renaissance florentine après celui Médicis de la Via Larga (Florence), et le premier à réemployer les ordres suivant une hiérarchie systématique, sinon orthodoxe. Ainsi, le piano nobile (étage noble) et l’attique recourent l’un et l’autre au corinthien, d’un modèle toutefois simplifié au dernier étage.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture