Torrenieri

Repères historiques
En quelques dates

Le castello de Torrenieri apparaît entre le IXe et le Xe siècle, sur le parcours de l’ancienne via Francigena (ou Romea), sur la rive droite de l’Asso, quand le féodalisme est instauré sous la domination des Francs, époque qui voit s’élever de nombreux fiefs dans tout le territoire siennois. Le nom Turris Nerï donne peut-être une indication du fondateur, un certain Ranieri de’ Signori di San Quirico, comme le croit Emanuele Repetti [1]Emanuele Repetti, Dizionario Geografico, Fisico e Storico della Toscana, vol. 5, Firenze, E. Repetti, 1833, consultable en ligne. ou un autre Ranieri, membre de la puissante famille des Cacciaconti, selon Giovanni Antonio Pecci [2]Giovanni Antonio Pecci, Lo Stato di Siena antico, e moderno, Sienne, Accademia degli Intronati, 2008-.. L’hypothèse d’une « tour noire », liée à la couleur sombre de la pierre avec laquelle celle-ci était construite (le qualificatif « noir » pourrait être dû à un incendie), est également avancée. Quelle que soit son origine, l’apparition de Torrenieri est certainement antérieure à l’an mille, comme en témoigne l’itinéraire parcouru en 990 par l’archevêque de Cantorbéry Sigéric, lorsqu’il succéda à Edelgard au siège de Londres, et se rendit à Rome pour recevoir le pallium. [3] Au retour, il y fait étape [3]Il s’agit de l’étape numérotée XIII dans son journal de voyage., et appelle le lieu, qui n’était alors qu’un relai de poste où s’arrêter pour le ravitaillement, « Turreiner ».

Xe-XIIe sièclesLes murs de la ville sont construits et percés de deux portes publiques, l’une vers Sienne et l’autre vers Rome. [4]Les vestiges de ces portes étaient encore visibles au milieu du XVIIIe siècle. Pendant la période médiévale, Torrenieri forme une municipalité en soi et acquiert une certaine importance en s’insérant en 1208 parmi les castelli soumis à Sienne, lesquels devaient payer une taxe extraordinaire de L. 50 établie par le gouvernement de cette ville pour faire face aux dépenses de guerre. En raison de sa position stratégique sur la Via Francigena [5]Torrenieri se trouve au carrefour des routes menant vers le Val d’Arbia, le Val d’Orcia, le Val di Chiana et la région de l’Amiata., et en raison du manque de défenses naturelles, le castello a souvent été dévasté par le passage des armées.
1235Le village est incendié par les habitants d’Orvieto.
1295Une violente discorde portant sur les limites territoriales entre Torrenieri et Montalcino s’étant aggravée, les Noveschi (les neuf gouverneurs de la République de Sienne) interviennent en établissant eux-mêmes les frontières entre les deux villages..
1316Torrenieri subit l’assaut de l’armée de deux mille fantassins et mille soldats à cheval qui accompagne la belle-fille d’Uguccione della Faggiola [6]Uguccione della Faggiola (Casteldelci, v. 1250 – Vicence, 1319)  : condottiere, seigneur d’Arezzo, Lucca, Lugo, Massa Trabaria, Pise et Sansepolcro, l’un des protagonistes de la vie politique et militaire du Moyen Âge, particulièrement dans les différends qui opposeront la papauté et l’Empire. chez lui à Arezzo. Étant donné l’interdiction d’entrer dans le castello, les soldats l’attaquèrent et y mirent le feu. Un grand nombre de défenseurs furent tués ou faits prisonniers. Les femmes ne furent pas davantage épargnées : les plus âgées, gravement insultées, furent abandonnées nues ou en chemise tandis que les plus jeunes sont entraînées jusqu’à Arezzo. [7]Giugurta Tommasi, Dell’historie di Siena, Sienne, G.B. Pulciani, 1625. La République de Sienne, émue de compassion par les dommages très graves subis par les habitants du castello, exempta la communauté de tous droits et prélèvements. La forteresse de Torrenieri, en partie détruite, subit d’autres dommages peu après, lorsque les Tolomei, chassés de Sienne, engagèrent des troupes dans la région florentine exilèrent les troupes d’Orvieto et d’Arezzo, occupèrent Sinalunga et Torrita, avant de se rendre à Torrenieri, « gâter, faire des captifs et piller et incendier les maisons ».
1330Un nouvel événement sanglant a lieu dans le village de Torrenieri, où la famille des Tolomei, suivie de plus de quarante chevaliers, tue Messer Benuccio Salimbeni.
V. 1350 Boccace évoque Torrenieri dans le Décameron [8]« “Deh, fallo, se ti cal di me! perché hai tu questa fretta? Noi giugnerem bene ancora stasera a Torrenieri. Fa truova la borsa: sappi che io potrei cercar tutta Siena e non ve ne troverei uno che cosí mi stesse ben come questo: e a dire che io il lasciassi a costui per trentotto soldi! Egli vale ancor quaranta o piú, sí che tu mi piggiorresti in due … Poursuivre
1371Sienne décide de construire une forteresse.
1384 et 1408Les Siennois font renforcer les fortifications en construisant le Palazzo de’ Ballati comme forteresse de garde de la route, dans la plaine entre l’ancien pont sur l’Asso et l’ancien château, quatre tours d’angle avec une base fortement inclinée, entièrement en brique limitée en partie supérieure par un robuste cordon de pierre, avec un fossé tout autour comme on le voyait il y a un peu plus d’un siècle et demi. [9]Sur le côté ouest, on peut encore voir quelques contreforts relatifs à une intervention de consolidation effectuée dans une période ultérieure.
1452Eleanor, princesse du Portugal, s’arrête pour un court séjour sur la route de Sienne où elle se rend à la rencontre de l’empereur Frédéric III, son futur époux.
Milieu du XVIe siècleLa cavalerie impériale de Charles Quint, ayant obtenu le passage par l’État de l’Église, entreprend d’envahir le territoire siennois du côté du Val di Chiana, occupant sans opposition Lucignano, Montefollonico et après 1552, Pienza, d’où elle effectue un raid jusqu’à Torrenieri en conquérant le château et en faisant le pillage du bétail.
1555Avec la chute de la République de Sienne, Torrenieri a également perdu son importance en devenant un modeste village.
1777L’ancien castello de Torrenieri devient municipalité indépendante avec la réforme de 1777

Centres d’intérêt

Notes

Notes
1↑ Emanuele Repetti, Dizionario Geografico, Fisico e Storico della Toscana, vol. 5, Firenze, E. Repetti, 1833, consultable en ligne.
2↑ Giovanni Antonio Pecci, Lo Stato di Siena antico, e moderno, Sienne, Accademia degli Intronati, 2008-.
3↑ Il s’agit de l’étape numérotée XIII dans son journal de voyage.
4↑ Les vestiges de ces portes étaient encore visibles au milieu du XVIIIe siècle.
5↑ Torrenieri se trouve au carrefour des routes menant vers le Val d’Arbia, le Val d’Orcia, le Val di Chiana et la région de l’Amiata.
6↑ Uguccione della Faggiola (Casteldelci, v. 1250 – Vicence, 1319)  : condottiere, seigneur d’Arezzo, Lucca, Lugo, Massa Trabaria, Pise et Sansepolcro, l’un des protagonistes de la vie politique et militaire du Moyen Âge, particulièrement dans les différends qui opposeront la papauté et l’Empire.
7↑ Giugurta Tommasi, Dell’historie di Siena, Sienne, G.B. Pulciani, 1625.
8↑ « “Deh, fallo, se ti cal di me! perché hai tu questa fretta? Noi giugnerem bene ancora stasera a Torrenieri. Fa truova la borsa: sappi che io potrei cercar tutta Siena e non ve ne troverei uno che cosí mi stesse ben come questo: e a dire che io il lasciassi a costui per trentotto soldi! Egli vale ancor quaranta o piú, sí che tu mi piggiorresti in due modi.” L’Angiulier, da gravissimo dolor punto veggendosi rubare da costui e ora tenersi a parole, senza piú rispondergli, voltata la testa del pallafreno prese il cammin verso Torrenieri. (« Hé ! pourquoi ne voulez-vous pas que je gagne ces trois sols ? pensez-vous que je ne puisse vous les rendre ? Je vous en conjure, par l’amitié que vous avez pour moi, faites ce que je vous demande. Qui vous presse de partir si vite ? nous pouvons encore arriver ce soir de bonne heure à Torrenieri. Allons, tirez votre bourse. Je vous jure que je courrais tout Sienne avant de trouver un habit qui me convînt aussi bien que celui-là, et vous voudriez que je l’abandonnasse pour trente-huit sols ? Songez qu’il en vaut encore plus de quarante, et qu’ainsi vous me faites faire une double perte. » Anjollier, qui enrageait au fond de l’âme, mais décidé à ne plus répondre, tourne la bride de son cheval, et prend le chemin de Torrenieri. »). BOCCACE, Décameron, neuvième journée, histoire IV, 17-19.
9↑ Sur le côté ouest, on peut encore voir quelques contreforts relatifs à une intervention de consolidation effectuée dans une période ultérieure.

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