Le Baptême du Christ

Le baptême de Jésus par Jean, le Baptiste, est un événement d’une grande portée symbolique ; il constitue la matérialisation de l’alliance entre le Messie et le Tout-Puissant, mais il marque aussi la fin de la vie cachée du Christ et le début de son ministère public. [1]La tradition patristique considère cette scène comme l’une des premières manifestations de la Trinité : le Père est présent par sa voix, le Fils par son incarnation et le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Selon la tradition, le passage de la mer Rouge par les Juifs préfigurait le baptême du Christ.

Le sujet est rapporté par tous les évangélistes et largement attesté dans la tradition iconographique européenne. Le récit évangélique de l’apôtre Matthieu est le plus explicite et précis : il informe ainsi du lieu du baptême, près du Jourdain, de l’action de Jean conférant le sacrement au Christ, bien qu’il ne précise pas par quel rite, de la sortie de Jésus des eaux, de l’ouverture subséquente des cieux, de la descente du Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, et de l’écoute d’une voix venue du ciel, la voix de Dieu présentant son Fils.

I. Sources écrites de l’épisode du Baptême du Christ

Voir lien ci-dessus.

II. Iconographie de l’épisode du Baptême du Christ

L’art roman s’inspire de la typologie orientale de la représentation du baptême, elle-même influencée par la hiérarchie céleste de Denys l’Aréopagite. Ce schéma se caractérise par la présence d’un ou plusieurs anges descendus du ciel, symbolisant le lien entre la consécration terrestre et la bénédiction divine. Le dieu fleuve, allégorie païenne représentée dans la tradition byzantine, a disparu ; le Jourdain est représenté par des lignes striées enveloppant le Christ encore nu. Jésus et Jean-Baptiste sont tous deux représentés au même niveau, faute d’une connaissance des règles géométriques qui permettent de créer l’illusion de l’espace dans une image en deux dimensions.

1. « Battesimo di Cristo », XIIème-XIIIème s. Collecchio, église de San Prospero.

L’épisode montre Jésus immergé dans les eaux du Jourdain, recevant le sacrement du Baptême des mains de Jean, en présence de l’Esprit Saint qui prend, conformément aux textes, l’apparence d’une colombe. [2]Seul élément subsistant d’une clôture presbytérale aujourd’hui disparue et datant sans doute du XIIème-XIIIème siècle, le bas-relief de l’église de Collecchio (fig. 1), en Émilie-Romagne, montre Jean Baptiste tenant une longue croix, et posant sa main sur la tête de Jésus ; une colombe du ciel symbolise la descente du Saint-Esprit.

Des anges [3]Les Évangiles ne parlent pas des anges au moment du baptême du Christ, mais les mentionnent seulement à la fin du séjour de Jésus au désert : « Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus pour le servir. » (Mt 4,11)., sur la rive, assistent à la scène en tenant dans leurs bras les vêtements que le Christ a ôtés avant l’immersion dans l’eau du baptême. [4]Les anges ont souvent les mains voilées : dans la tradition orientale, c’est un signe d’adoration, mais en Occident, le sens originel s’est progressivement perdu et le voile s’est transformé en la tunique que l’ange tend au Christ pour qu’il la revête après son immersion dans le Jourdain. D’autres personnages peuvent également assister à la scène en tant que témoins, ou encore en tant que nouveaux baptisés eux-même puisque, selon les textes, Jean, le Baptiste, aurait officié à plusieurs reprises ce jour-là.

Chiara STURARO, « Hic est filius meus dilectus: l’iconografia del Battesimo di Cristo e il Vangelo di San Matteo tra alto e basso medioevo », Annali Online di Ferrara – Lettere, AOFL VIII 1 (2013) 288/359

Notes

Notes
1 La tradition patristique considère cette scène comme l’une des premières manifestations de la Trinité : le Père est présent par sa voix, le Fils par son incarnation et le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Selon la tradition, le passage de la mer Rouge par les Juifs préfigurait le baptême du Christ.
2 Seul élément subsistant d’une clôture presbytérale aujourd’hui disparue et datant sans doute du XIIème-XIIIème siècle, le bas-relief de l’église de Collecchio (fig. 1), en Émilie-Romagne, montre Jean Baptiste tenant une longue croix, et posant sa main sur la tête de Jésus ; une colombe du ciel symbolise la descente du Saint-Esprit.
3 Les Évangiles ne parlent pas des anges au moment du baptême du Christ, mais les mentionnent seulement à la fin du séjour de Jésus au désert : « Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus pour le servir. » (Mt 4,11).
4 Les anges ont souvent les mains voilées : dans la tradition orientale, c’est un signe d’adoration, mais en Occident, le sens originel s’est progressivement perdu et le voile s’est transformé en la tunique que l’ange tend au Christ pour qu’il la revête après son immersion dans le Jourdain.

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