Place de la Cathédrale ou place Pie II
Située sur la Via del Corso, à mi-chemin de la Porta al Prato et de la Porta al Ciglio, au cœur de la nouvelle cité voulue par Pie II, la place de la Cathédrale en marque aussi le centre monumental. Elle a été conçue et réalisée en conformité parfaite avec les principes de spécialisation des espaces, de distinction des fonctions et de commodité définis par Alberti [1]Dans les années 1440, Leon Battista Alberti entreprend, à la demande de Lionello d’Este, un commentaire du De architectura de Vitruve. En fait de commentaire, il entreprend lui-même l’écriture d’un traité d’architecture, premier traité de la Renaissance sur ce thème, évidemment inspiré de l’architecte romain, mais adapté aux nécessités et aux mentalités … Poursuivre : la création d’une place du marché à l’arrière du nouveau palais communal libérait des étals et des tentes des marchands la nouvelle grand-place servant de parvis au duomo et aux principaux édifices civils voulus par le pape en cet endroit : son palais, le palais communal, celui du vice-chancelier Rodrigo Borgia, celui de l’évêque et celui de son ami le cardinal Ammanati. Non moins conforme aux préceptes albertiens fut l’édification au Nord-Est de la ville d’un bloc de maisons en bandes destinées aux habitants les plus pauvres. Œuvre de l’architecte siennois Pietro Paolo del Porrina, auquel elles furent payées entre mai et novembre 1463, ce remarquable ensemble, construit en pierre, juxtapose le long d’une rue rectiligne, la Via delle case nuove, 12 logements conçus sur le même module : deux étages d’habitations, qui viennent se superposer à un espace de service au rez-de-chaussée; desservi par un large portail, celui-ci pouvait servir d’atelier, d’étable ou d’entrepôt tout en isolant du sol l’espace d’habitation. Sa forme trapézoïdale et un dallage à salizze en damier aux cases oblongues permettent de donner par des moyens purement perspectifs un surcroît d’ampleur à une grand-place dont les dimensions demeurent pourtant modestes, et d’accentuer la monumentalité des principaux bâtiments voulus par Pie II. Au premier chef la cathédrale, qui dresse le long du plus grand de ses côtés une façade d’une grande sobriété : l’ordonnancement géométrique de ses éléments en constitue l’unique décoration, mais l’obliquité des façades du Palais Pontifical d’un côté, du palais Borgia de l’autre projettent immanquablement le regard vers elle.
Le palais communal se dresse sur le côté opposé, le plus court. Pie Il en finança la construction, et le fit doter, luxe suprême à l’époque, d’une horloge : la puissante Venise attendit tente ans de plus avoir la sienne, construite en 1496-1499 par Mauro Codussi à l’entrée des Mercerie.
Son pourtour est bordé d’un ensemble d’édifices exceptionnels organisés à partir de la Cathédrale de Santa Maria Assunta qui en est le point focal. À droite de la Cathédrale, s’élève le Palazzo Piccolomini, seul édifice avec cette dernière qui bordent la place sur toute la longueur d’un de ses côtés, devant lequel se trouve un beau puits. Dans l’angle situé au débouché du Corso Rossellino, un groupe de maisons accolé au palais Ammanati, et aligné dans le prolongement du palais Communal, ferme le côté nord de la place. Le quatrième côté de la place est bordé par le Palazzo Borgia, actuel siège du Museo Diocesano.

Notes
| 1↑ | Dans les années 1440, Leon Battista Alberti entreprend, à la demande de Lionello d’Este, un commentaire du De architectura de Vitruve. En fait de commentaire, il entreprend lui-même l’écriture d’un traité d’architecture, premier traité de la Renaissance sur ce thème, évidemment inspiré de l’architecte romain, mais adapté aux nécessités et aux mentalités modernes. C’est dans le De re aedificatoria qu’il il applique à l’architecture les principes essentiels définis avant lui dans l’ouvrage de Vitruve dont il s’inspire : firmitas (solidité), utilitas (utilité), venustas (beauté). Alberti y accorde une place importante au decorum et y développe la définition de la beauté, donnée par l’architecte romain, comme une sorte d’harmonie et d’accord entre toutes les parties qui forment un tout construit selon un nombre fixe, une certaine relation, un certain ordre, ainsi que l’exige le principe de symétrie, qui est la loi la plus élevée et la plus parfaite de la nature (livre IX, chap. V). |
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