Duccio di Buoninsegna, « Déposition de la croix »

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Panneau 12 : Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19), Déposition et Mise au tombeau

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Deposizione dalla croce (Déposition de la croix ou Descente de croix)

Tempera et or sur panneaux, 50,5 x 53, 5 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Il est difficilement concevable que Duccio n’ait pas eu présente à l’esprit la scène de la Déposition de la croix peinte trente ans auparavant dans la « crypte » située sous la Cathédrale (fig. 1) tant les similitudes sont frappantes. Excepté l’ascension de la Vierge sur le second barreau de l’échelle, geste sublime par lequel elle se rapproche de son Fils bien-aimé pour l’enlacer une fois encore, mais geste peut-être jugé trop passionnel par le pondéré Duccio, tous les éléments semblent provenir de cette source : Nicodème est agenouillé, pinces à la main, en train, détail atroce, d’extraire le clou qui attache encore le Christ à la croix, Madeleine, vêtue de rouge, presse la main de Jésus contre sa joue et l’embrasse, deux saintes femmes pleurent derrière elle, tandis que sur la droite, Jean se penche vers le corps inerte du Sauveur et qu’une troisième femme (l’une des trois Maries ?) exprime sa douleur d’un geste de la main qu’elle porte vers la joue, semblable en tous points à celui représenté dans la fresque des années 1280. Conformément à la tradition, Joseph d’Arimathie, au sommet de la croix, porte le corps du Christ lors de l’opération qui se déroule.

Si la position de la Vierge a quelque peu été modifiée chez Duccio, ce qui demeure d’essentiel, c’est la tendresse avec laquelle elle s’empare du corps de son Fils, dont les deux bras inertes reposent désormais sur ses propres épaules ; joue contre joue, comme on peut la voir parfois lorsqu’elle porte l’Enfant sur ses genoux, elle caresse affectueusement le visage de celui qui est la cause, en cet instant, de la plus grande douleur qu’elle ait jamais été en situation d’éprouver. La violence faite au sentiment maternel s’exprime ici de manière plus contenue, mais non moins touchante par la délicatesse de son évidence.

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