Duccio di Buoninsegna, « Crucifixion »

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Panneau 11 : Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Crocifissione (Crucifixion)

Tempera et or sur panneaux, 100 x 76 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Il s’agit, bien entendu, de la scène du Calvaire, scène centrale de toute la narration. Duccio, nous l’avons vu, a construit cette narration avec une logique impeccable (on dit qu’il s’agit-là d’un trait typiquement toscan), l’a placée à la fois au sommet et au centre du retable, en en faisant le point culminant et la plus grande de toutes les scènes figurées. Sur un fond d’or se détachent les trois croix graciles sur lesquelles pendent les corps du Christ et des deux larrons. Sous la croix, deux groupes distincts sont répartis de part et d’autre ; sur la gauche (dans l’espace, ils sont situés à droite de Jésus) se trouvent Marie Madeleine, les femmes, Jean ainsi que les autres disciples entourant la Vierge que nous voyons sur le point de défaillir. Marie est soutenue par l’une des femmes et réconfortée, autant que faire se peut, par Jean qui a saisi sa main entre les siennes. À gauche, le groupe est constitué des grands prêtres et de la foule responsables de la Crucifixion. Tout en haut, une nuée d’anges pleure la mort de Jésus.

Le choix de séparer les témoins de la scène en deux groupes, celui des justes et celui des injustes, est caractéristique de l’iconographie médiévale de la Crucifixion, toujours soucieuse de la lisibilité de messages dont la complexité ne doit cependant jamais nuire à l’intelligibilité.