Pittore senese attivo nel ultimo quarto del XIIIe s., « Deposizione nel sepolcro »

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Pittore senese attivo nel ultimo quarto del XIIIe s. (Peintre siennois actif au cours du dernier quart du XIIIe s. [Duccio di Buoninsegna ?])

Deposizione nel sepolcro (Mise au tombeau), v. 1280.

Fresque.

Provenance : In situ.

Sienne, « crypte » ou basilique souterraine de la Cathédrale de Santa Maria Assunta.

Le grand panneau didactique qui, à proximité, a vocation à présenter l’œuvre indique : Deposizione nel sepolcro mais précise toutefois : « Le corps sans vie de Jésus est déposé dans le tombeau par les Marie […]. » En observant de plus près, on constate que le corps du Christ n’est pas déposé dans le tombeau, comme annoncé, mais repose bel et bien sur le couvercle du tombeau fermé. Pour bien signifier la fermeture du tombeau en ce moment précis, les bords du couvercle ont été représentés parallèlement au rebords de la cuve de pierre sur laquelle le corps sans vie du Christ est déposé. Le maître qui a peint la scène a placé au-dessus de celle-ci l’épisode ultérieur de la découverte par les trois Marie, trois jours plus tard, du tombeau vide. Dans cette nouvelle configuration, le couvercle du tombeau, dont on reconnaît la texture à l’apparence si particulière, est, pour cette fois, représenté en position oblique afin de signifier visiblement qu’il a été déplacé.

Dès lors, l’intitulé Déploration du Christ ne serait-il pas plus approprié ? La situation particulière que nous regardons peinte sur la paroi précède un instant qui adviendra plus tard, quand la dépouille mortelle sera déposée, cette fois-ci, au fond du sépulcre. Pour l’heure, le tombeau demeure fermé. Le temps n’est pas encore tout-à-fait venu de se séparer de Jésus. Il faut d’abord épancher une douleur indicible. Dans un temps où toute action est suspendue, c’est ici le moment où les témoins de la mort du Christ se livrent à leur chagrin. On le voit : ce chagrin s’exprime sans retenue. Regardez les visages ! Ils sont doués d’une expressivité que nous n’avons pas encore rencontrée en ce lieu. La manifestation de leurs sentiments est visible ; leur gestuelle, l’expression de leur visage, de leurs yeux ne font pas de doute : ils pleurent. Marie, enveloppée dans un manteau bleu, se penche jusqu’à l’horizontale pour embrasser Jésus étendu sur la pierre du sépulcre. Elle pose son visage contre celui de son Fils, le serrant contre elle, répétant le geste qu’on lui connaît par cœur, avec lequel elle serre l’Enfant contre elle dans les scènes de maternité. Elle semble n’être pas encore parvenue à détacher son bras – tel un segment rouge, celui-ci semble lui-même adhérer à l’axe de symétrie de l’image – du corps de son fils qu’elle tenait déjà si fortement contre elle dans la scène précédente. Jean essuie ses yeux dans un pan de son manteau. Les deux femmes encore présentes à gauche grimacent d’un chagrin qui ne pourrait s’exprimer autrement. Il en va de même de Jean et derrière lui, de Joseph d’Arimathie dont le corps a disparu derrière la masse de brique de l’arche.

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1. Vue de la « Mise au tombeau » et des « Saintes femmes au sépulcre » dans leur contexte.

La nouveauté et l’extraordinaire capacité de l’auteur de cette fresque à peindre les sentiments fondent l’hypothèse que celui-ci pourrait être Duccio lui-même, un Duccio jeune encore, qui semble être, au cours des années 1280, le seul peintre à pouvoir réaliser pareille prouesse. [1]Ci-dessus (fig. 2), Mise au tombeau peinte par Duccio au revers de la Maestà.

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Notes

Notes
1 Ci-dessus (fig. 2), Mise au tombeau peinte par Duccio au revers de la Maestà.

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