Il existe deux groupes de saints qualifiés de la sorte (Quatre Saints Couronnés). Ces deux groupes ressortissent davantage à la légende agiographique qu’à l’histoire, et ont pour point commun d’avoir été martyrisés sous Dioclétien au tout début des années 300. Ils sont qualifiés de « couronnés » pour avoir reçu la couronne du martyre.
On trouve ainsi un premier groupe de Quatre Saints martyrisés à Albano Laziale (Rome). Il s’agit de : Second ou Sévère, Sévérien ou Séverin, Carpophore et Victorin [1]« Les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d’escourgées (*) de plomb jusqu’à ce qu’ils en meurent. D’abord leurs noms furent inconnus, mais longtemps après Dieu les révéla. On décida donc que leur mémoire serait honorée sous les noms de cinq autres martyrs, Claude, … Poursuivre On rencontre un second groupe de quatre martyrs à Sirmium (actuelle Serbie) : Symphorien, Claude, Nicostrate et Castorius. Tous les quatre étaient sculpteurs et tailleurs de pierre, et furent martyrisés pour avoir refusé de sculpter une statue du dieu Esculape. Après avoir été flagellés pour abjurer leur religion, ce qu’ils refusèrent de faire, ils furent enfermés dans des cercueils de plomb et jetés dans la mer. Dans le Martirio dei Santi Quattro Coronati (Musée de l’Œuvre de la Cathédrale de Sienne), fragment de fresque peint par Bartolomeo Neroni en 1535, on voit les quatre saints plongés par leur bourreau dans une marmite d’huile bouillante. Les quatre sculpteurs martyrs ont aussi été représentés en 1416 par Nanni di Banco dans une niche extérieure [2]Actuellement, les originaux sont exposés à l’abris des intempéries au premier étage de l’église d’Orsanmichele. de l’église d’Orsanmichele, à Florence. [3]Voir Nanni di Banco, I Quattro santi coronati, Florence, église d’Orsanmichele. Ils furent frappés à mort à coups de fouets plombés. C’est ainsi qu’ils sont représentés dans la peinture réalisée par Francesco Trevisani en 1680 que l’on peut voir aujourd’hui dans la chapelle latérale de la Cathédrale consacrée aux quatre saints [4]REAU 1958, vol III, 1, p. 348 ; VORAGINE, Légende Dorée, pp. 915-916..
La tradition catholique mêle souvent les identités des saints appartenant à ces deux groupes.
Iconographie
Ils sont généralement représentés ensemble et peuvent porter :
- la palme et la couronne du martyre
- des outils du travail de la pierre : compas, règle, équerre, ciseau, maillet
Notes
| 1↑ | « Les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d’escourgées (*) de plomb jusqu’à ce qu’ils en meurent. D’abord leurs noms furent inconnus, mais longtemps après Dieu les révéla. On décida donc que leur mémoire serait honorée sous les noms de cinq autres martyrs, Claude, Castorius, Symphorien, Nicostrate et Simplicien, qui souffrirent deux ans après eux. Or, ces derniers martyrs étaient d’habiles sculpteurs qui ayant refusé à Dioclétien de sculpter une idole, et de sacrifier aux dieux, furent mis vivants, par ordre de cet empereur, dans des caisses de plomb et précipités dans la mer vers l’an du Seigneur 287. Le pape Melchiade ordonna d’honorer sous les noms de ces cinq martyrs les quatre précédents qu’il fit appeler les quatre couronnés, avant que l’on découvrît leurs noms; et l’usage en a toujours prévalu, même quand on eut su comment ils se nommaient réellement. » (Martyrologe romain).
(*) Escourgée : fouet fait de plusieurs lanières. |
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| 2↑ | Actuellement, les originaux sont exposés à l’abris des intempéries au premier étage de l’église d’Orsanmichele. |
| 3↑ | Voir Nanni di Banco, I Quattro santi coronati, Florence, église d’Orsanmichele. |
| 4↑ | REAU 1958, vol III, 1, p. 348 ; VORAGINE, Légende Dorée, pp. 915-916. |


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