Cappella del Manto (o delle Reliquie)

Chapelle du Manteau (anciennement appelée Chapelle des Reliques)

La « Cappella del Manto » est ainsi dénommée en référence à la fresque représentant la Vierge de Miséricorde abritant des personnages sous son manteau. Peinte en 1444, cette fresque ne se trouve plus dans la chapelle (elle a été détachée et déplacée au début du XVIIe s.).

C’est dans cette chapelle, spécialement construite à cet effet, qu’étaient conservées, depuis leur arrivée à Sienne, les reliques de l’Hôpital acquises à Venise en 1359, ce qui valu à ce lieu d’être d’abord appelé Chapelle des Reliques.

Grâce à une rente affectée en 1368 à la chapelle, celle-ci put rapidement être complétée d’un décor peint à fresque dont il ne subsiste sur place que quelques fragments.

L’accès à la chapelle se faisait alors par une porte ouvrant sur le parvis de la Cathédrale. Face à l’entrée, sur la paroi du fond, se trouvait une figure de la Vierge de Miséricorde, objet d’une vénération particulière, qui fut remplacée en 1444 par une seconde fresque sur le même thème, peinte par Domenico di Bartolo, laquelle devînt rapidement elle aussi objet de vénération.

Les trois travées de la chapelle gothique sont couvertes de voûtes à croisées d’ogives.

Le décor peint

Première travée

Les deux premières travées en partant de l’extérieur [1], conservent des traces des peintures à fresque réalisées à partir des années 1370. Par bonheur, une inscription (« HOC OPUS PINSERUNT CRISTOFANUS MAGISTRI BINDOCCI ET MEUS PERI DE SENIS M.CCC.LXX« ), encore lisible au sommet de l’arche centrale, permet de connaître avec certitude les auteurs, Cristoforo di Bindoccio et Meo di Pero, ainsi que la date exacte de leur entreprise : 1370.

Il s’agissait pour les deux peintres d’une commission des plus prestigieuses, et l’on perçoit encore un reflet de ce que devait être l’allure originale de l’ensemble resplendissant d’or dont, par endroits, l’intonaco [2] conserve la trace [3]. Il ne reste que quelques fragments de cet ensemble, dont la plupart sont dans d’assez mauvaises conditions (nombreuses pertes de la pellicule picturale, modelés abrasés, …). « Les bustes imposants des saints sur les intrados, pour lesquels il ne serait pas excessif de mettre en cause Pietro Lorenzetti, sont peints avec un goût raffiné et avec une minutieuse attention portée au détail des vêtements, au point que les amples encolures rectangulaires, les coiffures des chevelures ondulées les files de boutons d’or qui brodent les manteaux offrent un répertoire de la mode du moment. » [4] Ces saints, vaguement lorenzettiens d’extraction mais, surtout, liés à la peinture de Niccolò di Ser Sozzo n’ont donc rien d’archaïsant et s’imposent par leur remarquable qualité qui les rend dignes de figurer aux côtés de plus célèbres protagonistes de la peinture siennoise de ces années, de Jacopo di Mino à Andrea Vanni ou Bartolo di Fredi. » [4]

Seconde travée

  •   Cristoforo di Bindoccio e Meo di Pero

Troisième travée

Pour orner la troisième travée [2], Pandolfo Petrucci, qui fut aussi Recteur de la Cathédrale, commanda à Domenico Beccafumi deux œuvres importantes : la fresque de l’une des lunettes représentant  l’Incontro alla Porta Aurea, encore sur place, ainsi qu’un panneau figurant la Trinità e i santi Cosma, Giovanni Battista, Giovanni Evangelista e Damianoque l’on peut voir de nos jours à la Pinacoteca Nazionale. En face de la lunette de Beccafumi se trouve une Vue panoramique de la ville de Rome, œuvre de l’un de ses collaborateurs.

[1] L’entrée d’origine, condamnée depuis, a laissé place à une fenêtre ogivale donnant sur la façade de la Cathédrale.

[2] On appelle intonaco la couche supérieure de l’enduit posé sur la paroi à peindre. Cet enduit superficiel est destiné à recevoir les pigments liés à l’eau, qui sont directement appliqués au pinceau. Voir Glossaire : « Fresque« 

[3] « L’intonaco du fond des quadrilobes [placés sur la frise de l’intrados de l’arcade, dans un décor végétal] présente à sa surface des marques qui indiquent une préparation en vue de faire adhérer la dorure » (« l’intonaco del fondo dei quadrilobi si presenta infatti  ‘bulinato’ probabilmente per far aderire la doratura »), Serena PADOVANI, « Sulla traccia di Cristoforo di Bindoccio e Meo di Pero », in Bolletino d’arte, Serie VI – Fascicolo 15 – 1982, p. 85.

[4] Serena Padovani, op. cit., p. 85.

La troisième travée est aujourd’hui celle par laquelle on accède à la chapelle, selon le nouveau sens de circulation créé par l’ouverture de la porte communiquant avec le Passeggio.